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L’action locale

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Faire contribuer l’action locale au redressement national
 
Tous ceux qui ont participé, directement ou indirectement, à la vie politique nationale depuis une quarantaine d’années, peuvent témoigner que celle-ci a été source de déceptions aussi récurrentes que cruelles pour les convictions que nous portons, soit que les espérances mis en tel dirigeant se soient révélées trompeuses, soit que le résultat des élections ait déjoué ces mêmes espérances : le cru 2017 vient de le confirmer encore une fois !
En revanche, l’action locale, qu’elle soit communale, départementale ou régionale, permet bien davantage d’inscrire ses convictions dans le pays réel.
Les raisons en sont assez claires : tout d’abord, on le sait, l’idéologie tient peu de place au niveau des territoires. Dès lors qu’on cherche à résoudre des problèmes tels que la sécurité des biens et des personnes, le soutien aux commerçants et aux autres chefs d’entreprise, le logement des familles, la scolarisation et l’accueil des tout petits, la voirie, le secours aux plus démunis, etc… les choix sont le plus souvent dictés par le terrain. Si on ajoute que les exécutifs locaux ne peuvent, à la différence des gouvernements, présenter un budget en déficit, ne serait-ce que d’un euro, on comprend pourquoi la bonne gestion est également la marque nécessaire de la gestion territoriale… Ensuite, parce que le rôle des partis y est bien plus réduit, y compris dans les plus grandes villes : je le constate tous les jours dans la mienne qui dépasse les 85 000 habitants. Même lorsque le responsable de l’équipe aux commandes se prévaut d’une étiquette politique, celle-ci est vite effacée par les préoccupations quotidiennes, d’autant plus que la plupart des autres élus n’ont pas d’appartenance partisane. Enfin, et cela est peut-être l’essentiel, dans une collectivité où les rencontres sont quotidiennes entre élus et habitants, qui partagent la même vie et se retrouvent dans les mêmes lieux, on ne peut pratiquer la "langue de bois" et l’action politique est immédiatement jugée en fonction de ses résultats.
 
Dès lors, deux possibilités se présentent : soit, concentrer ses efforts sur la seule gestion, dont on connait les "figures imposées" –réductions des dépenses, économies d’effectifs, modération des investissements pour ne pas augmenter excessivement la dette-. Cet impératif, qui est loin d’être négligeable, n’entrainera pour autant aucune adhésion profonde –même s’il se traduit notamment par une pause fiscale - s’il ne s’accompagne pas d’un véritable projet collectif, fondé sur une vision à long terme de la collectivité. Et c’est là – seconde possibilité - que l’action locale peut porter de vrais fruits : dans une commune en particulier, lieu d’excellence de l’incarnation politique, il appartient à ceux qui exercent une responsabilité de donner du sens à leur action en prenant des initiatives qui peuvent progressivement transformer le comportement et le cadre de vie des habitants. Les exemples sont très nombreux : aide à la création d’une école indépendante en lui cédant un terrain ou un local devenu sans objet, soutien à l’accueil des futures mères en difficulté et aux modes de garde familiaux, encouragement à la mixité générationnelle dans le parc social, préparation au mariage civil, politique d’intégration systématique pour les nouveaux naturalisés, découverte du patrimoine culturel national pour les élèves, participation des citoyens à des missions civiques en créant, entre autres, des auxiliaires de sécurité, renforcement de la solidarité au sein des conseils de quartier, organisation de conférences sur des sujets de fond, attention marquée aux projets culturels, spectacles vivants avec le concours des habitants… la diversité des actions possibles est considérable et riche de conséquences très positives.
 
En outre, s’agissant du "Comment faire", chacune de ces actions peut être facilement confiée à un adjoint ou un conseiller municipal et s’appuyer sur une association existante : le principe de subsidiarité doit pleinement s’appliquer.
Au lieu donc de se satisfaire de lamentations permanentes sur les malheurs du temps – et Dieu sait qu’ils sont graves - tournons-nous délibérément vers les potentialités de ces actions locales : que nous soyons élus, animateurs associatifs ou simples citoyens capables d’en convaincre nos édiles, soyons initiateurs de projets qui, demain, de proche en proche, feront plus pour la renaissance de la société française qu’un changement de majorité au Parlement

Article publié dans la revue Permanences n°565, envoyé par l'auteur,18 juin 2018
BOLUFER Jean-Paul

Né en 1946
Marié - 5 enfants
 




Préfet honoraire


Institut d’études politiques de Paris
Ecole nationale d’administration
Institut des hautes études de défense nationale.
 


Maire-adjoint de Colombes (Hauts-de-Seine)
Conseiller métropolitain du Grand Paris
Conseiller territorial de la Boucle Seine-Nord
 
Chargé de mission au Secrétariat général de la défense nationale (1974-77)
Chef-adjoint puis directeur-adjoint du cabinet de Jacques Chirac à la Mairie de Paris (1979-86)
Directeur de cabinet
     de la secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre chargée de la francophonie,  Lucette Michaux-Chevry (1986-88)
Directeur général des services et directeur de cabinet
     du président du conseil régional de Midi-Pyrénées, Marc Censi (1989-96)
Préfet, directeur de cabinet du préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris (1996-97)
Préfet, directeur des Journaux officiels de la République française (1997-2007)
Directeur de cabinet du ministre du logement et de la Ville, Christine Boutin (2007)
Contrôleur général économique et financier [Ministère de l'Economie et des finances] (2008-2012)
 
Ancien maître de conférences
     à l’Institut d’études politiques de Paris,
     à l’Ecole nationale d’administration,
Ancien chargé de cours à l’université Paris-2 et à la faculté de droit de Nice,
Professeur, responsable de la filière droit-sciences politiques, depuis 2008
     à la faculté  libre de droit, d’économie et de gestion de Paris (FACO)
Secrétaire général de la fondation Claude Pompidou (1980- 1989 puis 1996-2007)
 
Fondateur du Cercle de la Cité, président du club Dialogue et humanisme et du club Témoin
Officier de réserve
 
Ouvrages
Co-auteur de "Projet pour la France", édition Livre-Essor (Prix renaissance 1984)
 
Distinctions
Chevalier de la légion d’honneur
Officier de l’ordre national du mérite

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