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Le paradoxe de Prométhée

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Le paradoxe de Prométhée
 
Cassandre l’annonçait et nous la détestions. Cette fois, le cri d’alarme vient des experts les plus compétents. Sur les 8 millions d’espèces, plantes et bêtes que compte notre planète, 1 million sont menacées. Un million qui pourrait rejoindre le dinosaure et autres dodos au rayon des animaux devenus mythiques. Et cette fois non à cause de cataclysmes naturels et climatiques, mais par la seule faute de la Créature, qui s’avère pour la Création un dangereux apprenti sorcier.
L’homme vit le paradoxe de Prométhée : il a reçu le feu, synonyme de force, de vie et de progrès, et, avec ce même feu, il est en passe de détruire la Terre. Champs pollués, forêts mises à bas, mers appauvries… les pommes du jardin des Hespérides ont un goût amer. L’hubris fait des ravages.
Dans notre quotidien, des détails ont pu nous alerter. On voit moins de papillons, et on entend moins l’alouette des champs grisoller. Plus loin de nous, des amphibiens, des reptiles, des mammifères sont gravement menacés.
Nous assistons interdits et impuissants à un terrible spectacle : la nature se meurt, elle est désormais un chef-d’œuvre vivant en péril. Soyons francs, nous ne sommes pas à une contradiction près: nous voulons des pelouses impeccables, sans couleuvres ni taupes, nous aimons les abeilles pour le miel qu’elles produisent mais à condition qu’elles ne viennent pas bourdonner à nos oreilles.
Bien sûr, une prise de conscience est nécessaire. Des comportements individuels sont à amender pour que soit préservé ce que le poète résumait d’un vers : le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui. Mais le rapport est formel : les destructions ont pour cause l’activité humaine : surpêche, agriculture intensive, urbanisation.
Comment renchaîner Prométhée ? La croissance mondiale a pour effet de sortir une partie de l’humanité du sous-développement. À quel prix pour l’environnement ? De l’homme ou de la nature, qui sauver ? Surtout quand celui-là a impérativement besoin de celle-ci… Moderne dilemme que nous n’avons pas fini de méditer…

Paru dans Le Figaro, 7 mai 2019
MONTETY de  Etienne

Né le 2 mai 1965
Marié – 5 enfants
 
Journaliste,

Ecrivain
 

Maîtrise de droit et sciences politiques
DESS de sciences politiques
 
Directeur adjoint de la rédaction du Figaro
Directeur du Figaro littéraire (depuis 2006)
Dirige également les pages "Débats Opinions" du quotidien depuis 2008
Anime une chronique quotidienne intitulée "Encore un mot".
 
Ouvrages
- Thierry Maulnier (biographie) (1994) -  Salut à Kléber Haedens (1996) - Honoré d’Estienne d'Orves, un héros français (2001)     Prix littéraire de l'armée de terre - Erwan Bergot en 2001 - Des Hommes irréguliers (2006) - L’Article de la mort (2009) - Encore un mot : billets du "Figaro" (2012) - La Route du salut (2013) -

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