Magistro Beta

Switch to desktop Register Login

Assistanat : ...

  • Écrit par 
  • Taille de police Réduire la taille de la police Réduire la taille de la police Augmenter la taille de police Augmenter la taille de police
  • Imprimer
  • E-mail
Assistanat : le prix de la gratuité ne fait que s'accroître
 
Il semble que l'objectif des gouvernements successifs, évidemment appuyés par leurs électeurs, est d'instaurer la gratuité partout où c'est possible, et dans tous les domaines. Ce "droit" à la gratuité est accrédité par les politiques. Au pays du "droit à" qui a un peu oublié le "devoir de", on se donne bonne conscience à peu de frais puisque personne n'a le sentiment de payer... 
Le vrai problème de la France est qu'elle est écartelée entre la révolte devant des 
impôts trop élevés et l'exigence de la gratuité. Certes notre niveau de culture économique est un des plus faibles d'Europe mais le bon sens pourrait combler cette lacune : il y a forcément quelqu'un qui paie ! Et nous souhaitons que ce soit les riches (que nous faisons tout pour rendre moins riches) qui paient : cherchez l’erreur.
 
Cette gratuité rend les bénéficiaires de plus en plus exigeants et leur laisse croire que tout est possible, et surtout que lorsqu'il n'y a plus d’argent, il y en a encore. La dette est là pour être creusée... Pourtant en outre on le sait : “Tout ce qui est gratuit n'a pas de valeur". C’est ainsi que nous assistons à une surconsommation médicale hors normes. Cela ne suffit pas, et tout est fait pour que nous puissions bientôt bénéficier du "tiers payant intégral pour tous", sous la forme d'une plateforme permettant aux patients de ne pas payer la consultation. Dispense de frais générale ! Le corps médical est vent debout, pour de bonnes raisons : nombreux sont les praticiens dans tous les domaines qui ont le sentiment que les patients bénéficiaires de la CMU-C, par exemple, sont ceux qui ne respectent pas le rendez-vous, ne prennent pas la peine d'annuler et oublient le traitement... Tant et si bien que 12 % des gynécos, chirurgiens-dentistes et psychiatres refusent de recevoir ces patients, 
selon un rapport du Défenseur des droits. On trouvera cela inadmissible mais au nom de quoi demande-t-on à un praticien de travailler à perte ? C’est probablement une des définitions de la gratuité à la française.
Pour certains la santé est un objet de consommation comme un autre : on fait ses courses à la pharmacie ! Et les médecins ne sont pas rares qui terminent leur consultation stylo levé en rédigeant l'ordonnance demandant "qu'est-ce que je vous mets", comme chez l'épicier. Rien ne devrait être totalement gratuit, faire payer ne serait-ce qu'un euro redonnerait une prise de conscience salutaire.
 
Assistanat
Notre rapport gratuit à l’Etat nourricier (c'est le cas de le dire) prospère : de plus en plus
de petits-déjeuners gratuits décidés par les collectivités locales dans certaines écoles,certaines cantines gratuites, etc. Qui oserait s'élever contre le fait de nourrir des enfants ? Il semblerait que les parents français en soient incapables ? Si c'est hélas le cas, très rarement, en tout état de cause la solution est ailleurs même et surtout si l'on doit aider à éradiquer l'extrême pauvreté de certains. En cela l'exemple des Restos du Cœur est admirable.
Faut-il persister à vouloir généraliser la gratuité des transports en région parisienne ? Pour l'instant elle concerne les seniors (qui aimeraient mieux qu'on ne diminue pas leur retraite et payer eux-mêmes leur transport !), transports gratuits aussi pour les bénéficiaires du 
RSA, ceux-là mêmes qui, à force de gratuités, n'ont pas intérêt à retrouver du travail car tous ces avantages cesseraient. Alors, pour compenser ces pertes, on a recours à une prime à la reprise de l'emploi, nous marchons sur la tête.
Non pas qu'il ne faille pas aider les plus nécessiteux, mais c'est tout le système qu'il convient de revoir car au nom d'une pseudo générosité de l'Etat puisée dans les ressources des faux "nantis" nous avons versé dans l'assistanat : inefficace, coûteux et de plus dissuasif pour certains et trop attractif pour d'autres. Tous ces étrangers et on les comprend, qui viennent se faire soigner en France, c'est tout à l'honneur de nos médecins de ne jamais refuser de soigner un malade... même si 
l’hôpital, notre fierté est en train de sombrer dans le paupérisme.
 
Générosité sans frontières
C'est ainsi que nous allons d'allocations en aides diverses et variées : génial, c’est gratuit ! En fait rien n'est gratuit et on reprend d'une main ce qu'on donne de l'autre le plus souvent aux mêmes, cela coûte très cher à chacun d'entre nous et plus encore à ceux qui paient des impôts.
L'école est gratuite, parfait, mais on s'inquiète des résultats : pourquoi cela a-t-il eu comme résultat de pousser les parents à inscrire de plus en plus leurs enfants dans le privé ? Signalons
 l'allocation de rentrée scolaire
 dont on doute qu'elle serve à son objectif. Gratuité des facultés ? On se souvient de la révolte de généreux étudiants français parce qu’on voulait augmenter un peu le prix y compris pour les étudiants étrangers, générosité sans frontières c'est notre spécialité ! Une générosité dont nous n'avons pas les moyens et qui coûte en qualité des études ; tout cela sans réciprocité car beaucoup de jeunes français ne peuvent aller à l'étranger tant le coût des études y est élevé.  
La gratuité partielle des musées fait que la foule qui s'y presse met les collections en danger...  Oui, la culture devrait être gratuite, qui peut être contre ? Une exception toutefois : l’Opéra de Paris dont le prix des places demeure inaccessible sauf pour les 10 premiers rangs auxquels se pressent les hauts fonctionnaires des ministères (voilà une gratuité à supprimer tout de suite !). La gratuité est un mirage tout comme celui de Google qui gratuitement compte quand même 850 milliards de capitalisation boursière !
On nous ment sur le prix de la gratuité qui ne fait que s'accroître, une exception française qui abaisse le niveau de notre pays et encourage peu à l'effort et à la responsabilité individuelle.

Envoyé par l'auteur, paru dans Challenges, le 31 octobre 2019
MENTHON de Sophie


Chef d’entreprise
Présidente d'ETHIC  (depuis 1995)  (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance)
Membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE)
 

   
Crée la "Fête des Entreprises", sur le thème : "J’aime ma boîte !"
     qui se renouvelle chaque année au mois d’octobre (depuis 2003).

A son initiative,
 1ère édition du congrès ETHIC FIRST au Palais des Nations Unies de Genève (2009)
     (512 participants issus de 23 pays,
     autour du thème : La Responsabilité Sociale des Entreprises en période de crise économique.
3ème édition du congrès ETHIC FIRST à Novancia (21 juin 2012)

S’est toujours investie dans la vie associative pour promouvoir l’entreprise privée.
A 21 ans, crée sa première entreprise de marketing téléphonique Multilignes Conseil (1969)
     Présidence jusqu’en 2004.
Lance le premier Syndicat du Marketing Téléphonique (SMT) (1979)
Rédige un code déontologique
     qui régit aujourd'hui la profession en France et dans plusieurs pays d’Europe.

Admise dans la réserve citoyenne avec le grade de Colonel
     Rattachée au corps des Officiers de la Gendarmerie Nationale (2007).

Nommée par le Président de la République au Conseil Economique, Social et Environnemental
     au titre de personnalité qualifiée (depuis 2010)
Membre de l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE) (depuis 2010)
Mission sur la Responsabilité Sociétale et Environnementale des entreprises (RSE)
     à la demande de Xavier Bertrand, Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé
     qui a donné lieu à unguide pratique illustré à destination des PME (20 000 exemplaires)
A souhaité présenter
     20 mesures d’urgence à prendre par le nouveau Président de la République (2012).
 
Intervient dans l’émission
     "Les Grandes Gueules" sur RMC
     "Les Experts du 9h-10h" sur BFM.
 
Ouvrages
Dans la collection Le monde d'aujourd'hui expliqué aux enfants 
(Editions Gallimard Jeunesse, qu’elle fonde avec sa fille Alexia Delrieu et avec qui elle écrit en tandem)
Illustrations : Clotilde Perrin puis Alice Charbin puis Henri Fellner :
La Police(2006)
L'Argent(2006)
     Prix de la Presse des jeunes au Festival de Montreuil 2007.
La Politique(2006)
La Publicité(2006)
L'Europe(2007)
La Justice(2008)
L'Entreprise(2008)
Le Supermarché(2009)
La beauté(2010)
Dangers (2010)
L'Armée (2011)

Distinctions
Officier de l'Ordre de la Légion d'Honneur
Commandeur de l’Ordre National du Mérite

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

Top Desktop version