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A tout un chacun (669)

Vingtième anniversaire de l'arrivée au pouvoir de Nelson Mandela. Lequel, comme plusieurs dirigeants après 1989, était passé presque directement de la prison au Palais. Dans le film de Clint Eastwood, Invictus, que les Français ont apparemment plébiscité, Morgan Freeman joue merveilleusement le rôle de Mandela. Mandela est admirable, c'est un héros et, plus encore, un seigneur. Voilà l'impression que retirent les observateurs de l'histoire, et que ce film traduit bien. Dans la salle, après le film, lorsque la lumière se rallume, les visages sont toujours expressifs : ici, c'est "chapeau bas !". Et pourquoi est-il un héros ? Parce qu'il appartient à l'une des catégories victimes, de ceux qui ont droit à notre admiration pour avoir été longtemps battus (les femmes, les homosexuels, les colonisés, et donc plus encore les Noirs qui ont souffert l'apartheid) ? Parce qu'il s'est comporté dans cette affaire comme un homme brave, sans s'apitoyer sur lui-même ? Certainement. Vingt-sept années…
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La diabolisation de Frêche par les socialistes, relayée inconsidérément par des membres du gouvernement, atteint les sommets du ridicule. On se hausse du col, on prend des airs de vierge offusquée par l'exhibitionnisme d'un pornographe, on dégaine les "valeurs", évidemment  "républicaines". Frêche a-t-il étranglé une vieille dame pour lui faucher ses économies ? Mis le feu à la Sep­ti­manie pour en exterminer la population ? Rien de tel. La vanne incriminée n'a probablement pas la moindre connotation antisémite. Le vieux matamore a seulement exprimé l'opinion que Fabius n'a pas une tronche avenante, dans son langage peu châtié. Si j'étais languedocien, j'aurais presque envie de voter pour lui, nonobstant sa mégalomanie, pour faire la nique à cette moderne bigoterie qui excommunie à tous escients, par l'effet d'un délire savonarolesque. Après lui avoir ciré les godasses pendant vingt ans, le PS oppose à Frêche une dame patronnesse bien rose, bien clean, bien…
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Comment ne pas être marqué par le malheur qui s'acharne sur Haïti après le terrible séisme qui a ravagé sa capitale le 12 janvier ? Déjà en 2004 et 2008, l'île avait subi des ouragans et des cyclones dévastateurs, faisant de nombreuses victimes, mais ce n'était rien au regard de ce nouveau désastre. Par les médias, la détresse de tout un peuple monte jusqu'à nous. Les liens historiques qui nous unissent à Haïti nous rendent cette détresse plus sensible encore. Pourquoi faut-il que ce soit les plus pauvres, les plus démunis qui subissent de telles épreuves ? Face à ce mystère de la Providence, la seule réponse ne peut être que celle de la foi et, aux dires des témoins, beaucoup de Haïtiens nous donnent là une belle leçon : la piété du peuple haïtien semble demeurer vive pour demander au Dieu de toute miséricorde aide et consolation. La solidarité…
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Avec Lebanon, qui se déroule en 1982, le réalisateur israélien Samuel Maoz transmet le choc intime et inguérissable de la guerre. Pendant la guerre du Liban, quatre soldats et officiers israéliens effectuent une mission à bord d'un char d'assaut. Enfermés sans rien voir ni comprendre de ce qui se passe autour d'eux, ils reçoivent des ordres, se disputent, s'égarent, tombent en panne. Et tuent. La première image est un champ de tournesols flamboyants, et l'on peut y voir un bref poème dans le goût de ­Vigny sur l'indifférence de la nature, ou bien un adieu nostalgique à la splendeur du monde. Car ensuite, on entre dans un char d'assaut avec quatre soldats israéliens, et on y reste enfermé avec eux toute la durée du film de ­Samuel Maoz, Lebanon, qui a remporté le lion d'or au dernier Festival de Venise. Nous sommes en 1982, lors de la première guerre du Liban. L'équipe de…
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(...) (site endommagé) reviennent sur les écrans, après Idi Amin Dada et Hitler ces dernières années. Comment les comédiens se chargent-ils de ces grands monstres de l'histoire ? Comment font-ils abstraction de tout jugement moral ? Les incarner n'est pas anodin, comme s'aventurer au coeur des ténèbres On n'attendait pas André Dussollier en Staline. Et la première fois qu'on le voit apparaître dans Une exécution ordinaire de Marc Dugain (sur les écrans mercredi), il faut un peu de temps pour le reconnaître sous la silhouette massive du Petit Père des peuples. L'acteur fin et sensible au profil de Donatello qu'on retrouve jeune dans Extérieur, nuit de Jacques Bral, ressorti cette semaine, a pris suffisamment de bouteille pour se sentir libre aujourd'hui d'étendre et d'étoffer son registre jusqu'à cette composition du tyran soviétique. Une autre figure d'autocrate russe sanguinaire est également à l'affiche dans Tsar, de Pavel Lounguine : Ivan le Terrible (Piotr Mamonov),…
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Le producteur et réalisateur d'Océans est le plus inspiré et le plus inspirant des créateurs. Un bâtisseur d'empires poétiques, généreux de ses passions et de ses enthousiasmes. La mer ? "Elle m'a d'abord été racontée par les hommes", dit Jacques Perrin. Par les récits des navigateurs solitaires, par les grands romanciers comme Conrad, qui emportent l'imagination et "font penser que les belles histoires commencent derrière l'horizon". Jacques Perrin a connu des marins et des pêcheurs, gens du large ou de la côte, tous habités de songe, entretenant avec la mer une relation fascinée. "Solitude poignante de l'homme au milieu de l'océan, formidable théâtre de l'univers, la mer est un grand miroir de notre âme. Ce qui nous constitue, c'est la perception poétique, même si on n'est pas poète." Son sourire aussi clair que ses yeux parle d'enfance et de grand large, ouvre l'espace, fend l'air et les flots. Il n'y a…
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Il n'aura eu qu'une carrière et les fonctions de prestige qu'il exerça ne lui ressemblaient pas. Il se sentit vite à l'étroit dans ses pompes de ministre et, à l'hôtel de Lassay, il se morfondit carrément. Sa préretraite dorée dans la robe de premier président de la Cour des comptes aurait gorgé d'orgueil un haut serviteur de l'État. Ce qu'il n'était pas, bien qu'énarque habile à démêler n'importe quel dossier. Dans les Vosges où il s'était implanté, il connut l'ennui, la province n'avait pas de séductions pour ce déraciné. Les élections, pas davantage : tête de liste à des européennes quelconques, il déserta en rase cam­pagne et candidat à Paris, contre son propre camp il est vrai, il offrit la mairie à Delanoë au terme d'une campagne calamiteuse. Pourtant, il possédait ce qui manque aux politiciens ordinaires : un charisme physique ébahissant, des dons d'orateur servis par une voix de…
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Qui pourrait aujourd'hui contester le naufrage de notre système éducatif ? Dans un article paru dans le Figaro du 7 janvier, Luc Ferry, ancien titulaire de ce ministère, déplore les 160 000 adolescents quittant l'enseignement sans diplôme ! Encore ne fait-il pas état de tous les diplômés dont le diplôme ne vaut pas grand'chose. On peut penser, avec lui, à une réforme radicale de la malheureuse utopie du collège unique. Mais le remède qu'il propose paraît bien difficile à mettre en oeuvre. Il pense que les enseignants y sont prêts. Mais le monde professionnel peut-il se laisser envahir par les enfants qui viendraient compenser chez lui les déficiences de leur formation ? En effet, le mal vient de plus loin, du défaut de maîtrise des mécanismes élémentaires de la pensée, des mécanismes qu'on ne peut connaître qu'en les appliquant. Quand sombre ainsi le paquebot, qui pourrait en vouloir à ceux qui lancent des…
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Il y a quelques dizaines d'années, le grand historien Pierre Chaunu annonçait un cruel déficit démographique. Aujourd'hui, c'est un excès mondial de naissances qui terrorise les commentateurs. Crainte d'un monde trop plein. Mais la hantise du "trop" n'est pas seulement là : elle s'exprime partout. Notre croissance est trop forte, au vu de ses conséquences. Trop de dépenses énergétiques ; trop d'émission de gaz ; trop d'ordures, donc de consommation. L'époque est à la restriction. En ce qui concerne la démographie, seuls les Chinois ont osé imposer la restriction, non parce qu'ils sont les plus nombreux, mais parce qu'ils sont plus despotiques que les autres. Dans nos pays pluralistes, les nombreux cercles écologiques sont en général d'avis que la restriction économique voire démographique devrait être imposée, quitte à bafouer les règles démocratiques : car il s'agit là de salut public. Aujourd'hui en Occident, nul n'est plus anti-démocrate que l'écologiste. Il y a là moins…
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Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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