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Quand le cinéma s'interroge sur l'euthanasie

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Quelques heures de printemps est le premier film à sortir sur la brûlante question de l’euthanasie qui devrait faire prochainement l’objet d’une nouvelle loi. Suivront Amour de Michael Haneke, palme d’or à Cannes (le 24 octobre), plus tard Belle au bois dormant de Marco Bellocchio, vu à la Mostra de Venise. Rien que des titres enchanteurs, on le notera, pour un sujet ingrat et redoutable. Est-ce à dire qu’on assiste à une espèce d’offensive militante du cinéma en faveur de l’euthanasie ? Ce n’est pas aussi simple, même si la récupération médiatique est facile. Si l’on prend la peine (mais tout est là : prendre la peine) de regarder ces films de grands cinéastes, on y trouvera une vision plus nuancée, des interrogations, des angoisses, des espoirs et des désespoirs, un sens du mystère des êtres qui, loin de pousser à la consigne de vote devraient plutôt montrer l’inadéquation du légal à la profondeur de la réalité. Vincent Lindon a raison de dire que le film de Stéphane Brizé porte sur la relation, plus que sur le suicide assisté. Qui sait si cette mère dure et fermée aurait choisi cette mort si elle avait pu avoir un vrai contact avec quelqu’un ? Le film de Bellocchio entrecroise les destins intimes et les débats politiques (autour de l’affaire Eluana Englaro) avec la même interrogation sur les relations entre les êtres, le sens de la vie et de l’amour.

L’horizon de la conscience

Au théâtre aussi, récemment, Côme de Bellescize dans Amédée (qui a reçu un beaumarchais du Figaro) se glisse dans la vie intérieure inaccessible d’un tétraplégique inspiré du cas de Vincent Humbert. Toutes ces œuvres, parce qu’elles plongent dans la complexité tragique de l’existence, ont de quoi élargir l’horizon de la conscience, si on les considère comme des expériences d’humanité singulières, non comme des mots d’ordre. "Il y a plus de choses au ciel et sur la terre que dans toute votre politique", pourrait-on dire en paraphrasant Hamlet. Ce que dira toujours la culture au droit.

TRANCHANT  Marie-Noelle

Née le 22 décembre 1951
Célibataire
 
Journaliste culturelle


Lettres classiques (hypokhâgne et khâgne)
Ecole du Louvre
Maîtrise de Lettres modernes à la Sorbonne, Paris IV
(mémoire Baudelaire et Thomas de Quincey)


Enseignement
Français, latin, grec, dans des écoles privées hors contrat (1972-80)

Journalisme :
à la revue ROC (cinéma et la télévision), dirigée par Pierre d'André (1972-1980)
au Figaro, rubrique cinéma, depuis 1980.
Collaboration à la revue Le Spectacle du monde (1995-2001)
     et à l'émission de critique de cinéma "Sortie de secours" sur Paris Première (1991-93).

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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