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Vrais et faux martyrs

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Vrais et faux martyrs
 
Il fut un temps où l'on parlait de martyre que pour les grandes causes claires glorieuses et justes, et cela sous le soleil de Dieu. Aujourd'hui tout le monde parle de martyre même quand la cause est confuse et absente et cela bien facilement sous le regard neutre des hommes.
 
D'un sacrifice à un autre nous voyons surgir sous nos yeux différents martyrs qui nous sidèrent et nous choquent.
Il y a le martyre du soldat en mission. C'est le martyre du devoir car il prête serment pour sacrifier sa vie, pour défendre sa patrie et ses frontières et cela nous est compréhensible et même louable ; cela mérite honneur et louange, les soldats français en Afrique au Liban et dans le monde en sont les dignes témoins.
Il y a aussi le martyre des djihadistes. Des soldats au drapeau noir qui se déferlent sur les innocents et les massacrent au nom du Dieu si grand et si transcendant qu'il pousse ses guerriers à punir et à annihiler les infidèles. Devant ce "martyre" surgit l'étonnement et la question grave de celui qui se donne le droit absolu de décider du pur et de l'impur, du fidèle et de l'infidèle et érige le principe juridique et immuable d'une condamnation à mort et d'une exécution dont la législation ou la Charia reviennent aux lois tribales du désert au VIIème siècle.
  
Devant le premier des deux martyrs nous avons bâti un droit de guerre qui fait que le martyre du soldat en service relève d'une obéissance que la loi sacrée de la Défense rend légale et justifiable. Il est alors pertinent de parler de guerre juste ou de guerre légale. 
Mais le martyre des  djihadistes de Dach est une obstruction de l'idée même du sacrifice et martyre. Car c'est la haine et la vengeance qui prennent la place et préempte la justesse de la cause ; c’est la confusion des esprits conditionnés et des corps drogués des "assassins" qui poussent ses guerriers de l'ombre à cette mort totale de l'autre et de soi-même, tous les deux hais sous la loi secrète du néant qui habite et hante le cœur fragile des hommes.
Devant ces deux martyrs, le premier qui trouve une légitimité dans l'utilisation de la force qui défend l'ordre et la société des hommes et son bien commun et le second qui se réclame d'un commandement tellement absolu qu'aucun homme ne peut s'en prévaloir il fallait bien que le vrai Dieu suscitât le vrai martyre, pour que leur guerre qui porte le nom de "guerre sainte", cessât d'être la vraie guerre et que Lui Dieu en soit la cause et l'origine.
 
C'est par l'assassinat du Père Jacques Hamel que la terre de France fut ramenée au vrai sens du martyre. 
Par le sang versé après avoir consacré le pain et le vin, devenus corps et sang d'un Dieu crucifié que le vrai sacrifice s'achève pour racheter tous ceux qui prétendent au martyre avec leurs visions "voilées" du monde de notre vie fragile. 
En rejoignant le martyre de Saint Etienne et tous ceux prêtres d'orient qui sont morts innocents devant Dieu et devant les hommes, et ceci pas si loin de là où Jeanne la Pucelle fut brûlée, ce modeste prêtre d'une modeste paroisse accomplit l'acte suprême qui terrasse la violence de la guerre par la force intérieure du sacrifice aimant et son prochain ami et ennemi. Un sacrifice qui dépasse et anoblit celui du devoir du soldat et corrige, élève et lave par le sang versé le faux sacrifice du Djihadiste !
C'est pourquoi il a bien fallu que son dernier cri fût celui de pousser loin l'Esprit du Mal absolu qui divise le bourreau et la victime. Car les deux doivent être réconciliés, l'un par le sacrifice l'autre par le pardon pour que la tranquillité de l'ordre règnent enfin à l'intérieur du cœur des hommes où habite la vérité.
Par son martyre ultime, ce prêtre de France, comme ceux d'Irak de Syrie de Turquie et du Liban, révèle au monde entier et surtout aux "Vieux de la montagne" qui envoient leurs assassins pour semer la mort dans le foyer des innocents, de quelle manière paradoxale Dieu mène sa guerre dans le monde. 
Quand les djihadistes se réclament d'un Prophète qui envoie les siens pour tuer, "islamiser" le monde, les vrais martyrs sur un autel maculé du sang des innocents continuent par chanter un Dieu qui envoie son Fils mourir sur un morceau de bois et se sacrifier pour le salut de toute l'humanité.
Ce martyre méritait bien la Messe matinale d'un Pape et un jour qui sait sa béatification avec tous ceux qui sont tombés comme lui.
Car Il y a un temps pour la paix et un temps pour la guerre; et comme le dit la vielle Sagesse : il y a un temps pour tout !
ASSAF Antoine

Né le



Ecrivain philosophe franco-libanais
     

Docteur ès Lettres de la Sorbonne

Professeur invité aux États-Unis, Pologne, Ukraine, Russie, Hongrie, Liban, Amérique Latine.    
Conférencier à l'Ecole Navale et l'Ecole de Guerre et à l'Université de Paris-Est
Conseiller Politique en France et au Liban

Ancien auditeur de l'Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (IHEDN)
Musicien organiste (à Notre Dame d'Auteuil 1980-1995) ancien membre tenor de l'Ensemble Bach de Paris.Dir. J.W.Websky.
Capitaine de Frégate de Réserve.

Collabore à plusieurs journaux français (le Figaro, La Revue des Deux Mondes) et internationaux ( Al Nahar)

Ouvrages
L’Etre et la Totalité (P.U.L.1986) - Terre Blanche,ou journal d’un otage du Liban (Fayard 2000) - Vie et Œuvre de Pierre Boutang .(Dossier H ed. Age d’Homme 2002) - L’Islam et le XXIe Siècle (ed. Renaissance Catholique 2004) - Le Mythe d’Europe entre Orient et Occident.(ed. Age d’Homme 2006) - Lettres à L’Amiral ou le Martyre des justes (ed. Age d’Homme 2008) - Le Roman du Guerrier (éd. Du Rocher) - Habemus Papas ( le Centurion) - L'Islam Radical (Editions Eyrolles) -

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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