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La tentation rhénane

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Ce n'est pas la première fois qu'un président français arbore son amitié avec le chancelier allemand comme une décoration : Giscard avec Schmidt, Mitterrand avec Kohl. Ce n'est pas la première fois qu'on nous désigne l'Allemagne comme un modèle à suivre : sans remonter aux lendemains de défaite, en 1870 et en 1940, le professeur Barre dans les années 70 et Jacques Delors dans les années 80, nous montraient avec insistance les beautés et rigueurs du capitalisme rhénan.
Sarkozy cumule tout à la fois, avec une insistance avivée par la campagne électorale. On ne sait comment les Français réagiront. Rassurés par le discours pacifique du "plus jamais ça" ou exaspérés de devoir prendre nos ordres dans la capitale de l'ancien ennemi héréditaire ?
Admiratifs de la force d'un peuple discipliné et d'une industrie puissante, ou effrayés par la face sombre du modèle, les millions de jobs à 400 euros et la baisse de 20 % sur dix ans des bas salaires (pas protégés par le smic) ?
La population allemande baisse chaque année, alors que la nôtre augmente de 400 000 habitants par an. C'est une des raisons – en plus de l'excellence de leur apprentissage, justement vantée par le président français – de la baisse du chômage outre-rhin. Sarkozy nous rappelle pertinemment que ce qui est bon pour l'Allemagne est bon pour la France. Et réciproquement. Nos économies sont tellement imbriquées, nos destins liés.
Mais un économiste allemand nous explique aussi que "la zone euro ne pourrait pas vivre avec 17 Grèce ou avec 17 Allemagne". Les excédents allemands se sont faits d'abord dans la zone euro. Si nous suivions tous l'exemple allemand – stagnation des salaires, baisse de la consommation-, l'Europe s'enfoncerait dans la récession. Sarkozy veut croire qu'on pourra rattraper la productivité germanique en conservant la même monnaie qu'eux. Hollande fait croire qu'il affrontera Merkel et lui imposera ce qu'elle a refusé à Sarkozy.
Qui ment en allemand ?

Paru dans Le Figaro Magazine, 11 février 2012

ZEMMOUR Eric

Né le 31 août 1958
Marié – 3 enfants


Journaliste politique, écrivain


Institut d'études politiques (Paris)

Membre du jury au concours d'entrée à l'ENA (2006)
Valeurs actuelles – Chroniques (depuis 1999)
Marianne – Chroniques  (depuis 1996)
Le Figaro – service chroniqueurs (depuis 1996)
Info-Matin – éditorialiste (1995)
Quotidien de Paris - service politique (1986-1994)

Ouvrages
Balladur, immobile à grands pas (1995) - Le Livre noir de la droite (1998) - Le Coup d'Etat des juges (1998) - Le Dandy rouge (1999) - Les Rats de garde (co-écrit avec P. Poivre d'Arvor) (2000) - L'Homme qui ne s'aimait pas (2002) - L'Autre (2004) - Le Premier sexe (2006) - Petit Frère (2008) - Mélancolie française (2010) - Le Bûcher des vaniteux (2012) - Le Suicide français (2014) -


Sur la scène audio-visuelle:
Sur RTL
– Z comme Zemmour (depuis 2010)
Sur la chaîne câblée
Histoire – Le grand débat
Sur RFO (Tempo) – L'Hebdo
Sur France 2 – On n'est pas couché (2006)
Sur i>Télé – çà se dispute (depuis 2003)

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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