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"davantage d’Europe" !

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Plus Bruxelles éloigne les peuples de l’Europe, plus nos gouvernants réclament "davantage d’Europe" !
 
Les gouvernants que nous avons élus se font régulièrement morigéner comme des écoliers indociles par les eurocrates de Bruxelles, élus par personne. Tantôt la Commission coiffe la France d’un bonnet d’âne, tantôt elle lui consent l’aumône d’un satisfecit assorti d’une menace de sanction. Certes, les incuries du pouvoir socialiste sont patentes, et des réformes s’imposent pour guérir le pays de son anémie et lui éviter la faillite. Mais c’est notre affaire, pas celle de ce chancre institutionnel — Commission, Conseil, Parlement, Cour de justice, etc. — qui prolifère hors de tout contrôle et souvent de toute raison.
 
On imagine la réaction de De Gaulle si des clampins irresponsables, au sens précis du terme, s’étaient permis de lui dicter sa conduite. Il les aurait envoyés paître en dégainant son ironie la plus glaciale. Du reste, il n’aurait jamais avalisé un bazar à vingt-huit plus ou moins manipulé par une noria d’ONG.
Les injonctions de la caste bruxelloise sont indécentes, et passent les bornes du ridicule en exigeant que les Français s’abstiennent de fesser leurs loupiots. Nos dirigeants ont tort de ployer servilement l’échine.
Peu à peu, les peuples excédés récusent ce projet européen enfanté sous parapluie nucléaire américain avec la manne du plan Marshall pour endiguer l’impérialisme soviétique. Il vise à bâtir un ensemble fédéral.
 
Admettons qu'on en approuve le principe. Il faudrait le doter d'un chef élu, d'un gouvernement ad hoc, et annoncer urbi et orbi que l'ère des nations est révolue. Tel est le rêve de certains europhiles, à droite, à gauche et surtout au centre, dans le sillage de Monnet et de Schuman.
Il achoppera sur la divergence profonde des intérêts économiques et géopolitiques, notamment ceux de la France et de l'Allemagne. Il achoppera surtout sur le refus viscéral des peuples de subir une autorité sans ancrage dans leur mémoire et leur culture politique. Si on leur force la main, ils entreront en rébellion -d'autres diraient en résistance- et il en résultera des tensions incontrôlables.
 
Si on juge ce rêve fumeux en se souvenant que les visions unificatrices de Charles Quint, de Napoléon et de Hitler ont coûté cher, alors la pertinence même d'une Europe politique devient sujette à caution. Divers scrutins attestent l'ampleur croissante de son rejet. Gardons-nous de toute démagogie europhobe : les bienfaits d'un marché commun sont indéniables, les convergences du droit social et fiscal souhaitables, et la monnaie unique a ses avantages. Mais pourquoi se ligoter dans un carcan institutionnel puisque le patriotisme européen n'existe pas ? Comment définir l'Europe puisque nos élites politiques et la bureaucratie bruxelloise refusent son identité chrétienne ?
 
La Commission produit en vase clos des directives hors-sol dont la légitimité est douteuse, voire fallacieuse. Entre autres abus de pouvoir, elle impose aux pays membres une politique d'immigration contraire aux souhaits des populations. Elle est incapable d'initier une diplomatie commune alors que la fin du péril communiste exige une remise à plat du rôle de l'OTAN et de la nature de notre alliance avec les Etats-Unis. Elle ne nous seconde guère au Mali et en Centrafrique où nos forces armées sont seules face aux islamistes. Elle n'a en somme d'autre but que de persévérer dans son être.
Dans un monde aussi tourmenté, où les peuples ont tendance à se rétracter par instinct de survie, la perte de souveraineté st perçue comme une dépossession, presque un viol. Elle aggrave le marasme mental et nourrit le sentiment d'insécurité. A terme, elle risque de nous braquer absurdement les uns contre les autres. Il serait opportun d'ouvrir un débat sans tabou sur la nécessité, l'utilité ou la nocivité des institutions européennes au lieu d'en laisser l'exclusivité au FN et à l'ultragauche.

Avec l'aimable autorisation de Valeurs actuelles, mars 2015
TILLINAC Denis

Né le 26 mai 1947
Marié – 4 enfants
 

Ecrivain


Institut d'études politiques (IEP) de Bordeaux
 
PDG des éditions de La Table Ronde (1990-2007)
Membre du Haut Conseil de l'Education
Membre du Haut Conseil de la Francophonie
Représentant personnel du Président de la République Française
     pour la Francophonie (1995-1998)
Enseignant à l'Ecole Supérieure d'Aéronautique
     Histoire moderne, à Toulouse (1999)
Enseignant à l'Institut supérieur
     de management public et politique (ISMAPP) (2008-2009)
 
Journaliste à La Dépêche du Midi (1974-1980)
Critique littéraire à La Dépêche du Midi (1980-1990)
Chroniqueur aux Nouvelles littéraires
Collaboration et éditoriaux à Madame Figaro (1983-1990)
Chroniqueur à R.T.L. (On refait le monde), à Canal + (Pascale Clarke)
Co-animateur (avec Michel Cardoze) de Double Page sur T.M.C.
     (émission littéraire) (2003-2004)
Intervenant dans Le Contrat sur la chaîne parlementaire
     (émission politique) (2006)
Collaborations à Valeurs Actuelles, Le Figaro Magazine,
     Madame Figaro, La Dépêche du Midi, La montagne,
     Marianne, Famille chrétienne, …
 
Ouvrages
Le Rêveur d'Amériques (1980) - Le Mystère Simenon (1980) - Le Bonheur à Souillac (1983) Prix de la Table Ronde française - L'Eté anglais (1983) Prix Roger Nimier - Spleen en Corrèze – Journal  d'un localier (1984) - A la santé des conquérants (1984) - L'Ange du désordre : Marie de Rohan, duchesse de Chevreuse (1985) - La Tour des îles : Spleen à Daumesnil (1985) - L'Irlandaise du Dakar (1986) - Vichy (1986) - Maisons de famille (1987) Prix Kléber-Haedens - Le Dakar (1988) en collaboration avec yann Arthus-Bertrand - Un léger malentendu (1988) - Le Bar des Palmistes (1989) - La Corrèze et le Zambèze (1990) - Prix Chardonne, Grand Prix de Littérature du tourisme Les Corréziens (1991) en collaboration avec Pierre Dauzier - L'Hôtel de Kaolack (1991) - Le retour de d'Artagnan (1992) - Rugby Blues (1993) Prix Populiste, Grand Prix de la Littérature sportive - Elvis, Ballade sudiste (1993) - Le Jeu de la chandelle (1994) - Spleen en Corrèze (1996) - Dernier verre au Danton - Don Juan (1998) - Je me souviens de Paris (1998) - Les Masques de l'Ephémère (1999) Prix Paul Léautaud - Boulevard des Maréchaux (2000) - Chirac le Gaulois (2002) - En désespoir de causes (2002) - Le Mystère Simenon (2003) - Incertains désirs (2003) - Le dieu de nos pères – Défense du catholicisme (2004) - Le Venin de la mélancolie (2004) Prix du Livre politique, Prix des Députés - La pluie sur les carreaux dessine des fantômes (2005) - Je nous revois (2006) - Dictionnaire amoureux de la France (2008) - Rue Corneille (2009) - Sur les pas de Chateaubriand (2009) – Dictionnaire amoureux du Catholicisme (2011) - Retiens ma nuit (2015) -
 
Grand Prix de l'Académie française
     Prix de littérature Henri Gal attribué par l'Institut de France (2005)
 
Pour la télévision
Evocation de Francis Jammes
     Réalisateur Jacques Tréfouel
     Produit par FR3 Bordeaux-Aquitaine (1981)
Les Caprices de Marion
     Réalisateur Jacques Tréfouel, avec Agnès Soral
     Produit par FR3 Bordeaux-Aquitaine (1983)
Une colonne à la cinq (feuilleton)
     Réalisateur Pierre Neel
     Co-production FR3 Aquitaine et FR3 Limoges (1985)
Le Train du soir (court métrage)
     Réalisateur Eric Bertheret (1991)
     Adaptation d'une nouvelle de Denis Tillinac
Le Bois du Pardoux - France 3 (2000)

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