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S'ouvre le procès de l'Union européenne…
 
 CHRONIQUE - La victoire en Italie des souverainistes et des antisystème sanctionne l'obstination de l'Union européenne à ne pas entendre les désirs des peuples.
 
C'est non. Une majorité d'Italiens, pays cofondateur de l'Union européenne (UE), ne veut plus de cette machine à déraciner les peuples. La victoire, dimanche, des souverainistes et des antisystème (plus de 50 % des suffrages) donne un message clair : les intimidations des moralistes ont vécu. Exit, le prêchi-prêcha de l'UE sur le vivre-ensemble, la non-discrimination, l'accueil des "migrants". Exit, les anathèmes des mondialistes contre les racistes, les xénophobes, les extrémistes ; bref, contre ceux qui ne pensent pas correctement.
Après les Anglais, Polonais, Hongrois, Autrichiens, etc., les Italiens ont rappelé que l'immigration massive était vécue comme une menace. Ils ne veulent plus de cette agression, aggravée par la déstabilisation de la Libye : ce pays a jeté à la mer des milliers de clandestins, parfois soutenus par des réseaux islamistes. Le procès de l'UE, qui s'est construite sur l'ouverture des frontières, est ouvert.
Les immigrationnistes auraient tort de se rassurer en regardant l'Allemagne. Certes, Angela Merkel a sauvé sa place, grâce à l'accord de coalition renouvelé après six mois de poussives tractations. Mais la folle décision de la chancelière, responsable de l'entrée de plus d'un million de musulmans en 2015, a installé une inquiétude ; elle explique son affaiblissement. Une même angoisse existentielle relie l'ouest à l'est de l'Europe. L'AfD (Alternative pour l'Allemagne), qui alerte sur l'invasion africaine et arabe, est devenue le premier parti d'opposition. "Nous sommes un parti libéral conservateur", assure Alice Weidel, présidente du groupe au Bundestag. En septembre, à la Sorbonne, Emmanuel Macron s'en était pris aux "souverainistes de repli" et à leurs "passions tristes". Depuis dimanche, il se retrouve isolé dans son projet de "refondation" de l'UE. Même son clone italien, l'ex-chef du gouvernement Matteo Renzi, a été remercié.
S'il y a un "dégagisme", il menace l'UE et ses porte-voix, parmi lesquels Macron prédomine. La chute de Renzi, qui a quitté lundi la direction du Parti démocrate après sa raclée aux législatives (18,7 % des voix), a valeur d'avertissement : enfant chéri de l'EU et de ses valeurs d'humanitarisme et d'universalisme, Renzi s'est heurté à l'incompréhension de ses compatriotes, également touchés par le chômage. Le même sort attend-il Macron ? Le chef de l'État s'est persuadé que la question économique et sociale restait le moteur de l'histoire. Or cette analyse parcellaire est fausse. La dynamique qui traverse l'Europe, mais aussi les États-Unis, est identitaire. Le clivage est entre les mondialistes et les souverainistes, les déracinés et les indigènes, les "in" et les "out".
Il suffit d'écouter les représentants de l'UE dénoncer le "populisme", refrain repris par le chœur médiatique, pour mesurer le mal dont souffre cette Europe mal pensée et mal dirigée : elle ne veut entendre le peuple qu'à la condition qu'il file doux. Est "populiste" celui qui s'oppose à l'idéologie bruxelloise, à ses lubies postnationales et multiculturelles. Les caricatures et les injures qui pleuvent sur ceux qui protestent sont des procédés de régimes agonisants, incapables de susciter l'adhésion des gens. Il est probable que les attaques des eurocrates en sursis et de leurs suiveurs vont se faire encore plus violentes. Des commentateurs ne craignent pas d'annoncer, ici et là en Europe, le retour du néonazisme ou du néofascisme. En réalité, les peuples insultés ne sont coupables de rien, sinon de vouloir reprendre leur destin en main. Serait-il devenu dangereux de se dire attaché à sa nation, à sa culture, à ses frontières ? L'UE en est convaincue…

Paru dans Le Figaro, 9 mars 2018
RIOUFOL Ivan

Né le 12 septembre 1952
Marié – 2 enfants
 

Journaliste


Université de Nantes
Diplôme d"études approfondies (DEA) de droit maritime et aérien
 
Au Figaro:
            Grand chroniqueur et Membre du comité éditorial (depuis 2000)
            Rédacteur en chef - informations générales (1995-2000)
Rédacteur en chef adjoint (1992-1994)
Chef de service (1990-1992)
Responsable de la rubrique Confidentiel (1988-1990)
Grand reporter (1985-1987)
Correspondant du Quotidien de Paris (1976-1984)
                        Du Journal du Dimanche
                        De Forum international
Journaliste à Presse-Océan
 
Ouvrages
La Tyrannie de l'impudeur (2000) - La République des faux gentils (2004) - Chroniques d'une résistance (2005) - La fracture identitaire (2007) - Où va la France ? (2008) - Chronique d’une année de crise (2009) - La démocratie d’apparence (ouvrage collectif) (2009) - Allez-y sans nous (ouvrage collectif) (2009) - De l'urgence d'être réactionnaire (2012) - A la recherche du peuple perdu (2011) -  Touche pas à ma France (2014) - Poings sur les i (2015) - La Guerre civile qui vient (2016) - La nouvelle révolution française (2016) -

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