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L'Europe des nations entame sa reconquête
 
CHRONIQUE - L'échec des euro
péistes, ces peuplophobes, est programmé. À moins que Macron et Merkel reconnaissent avoir fait fausse route, l'issue de la crise migratoire ne fera pas l'économie de leur mise en cause.
 
L'Espagne est gagnée par le syndrome de la Castafiore. La cantatrice de Tintin vocalise sur Gounod : "Ah! Je ris de me voir si belle en ce miroir !" S'enivrent ainsi d'eux-mêmes ceux qui, depuis dimanche, se mirent dans leur grande bonté en s'ouvrant aux 629 "réfugiés" de l'Aquarius, navire indésirable en Italie, à Malte, en France. "Bienvenue chez vous", est-il écrit à l'entrée du port de Valence. Sur la mairie, une banderole : "Nous voulons accueillir." En dessous : "Le passé est en noir et blanc. Le futur multicolore." Le nouveau gouvernement socialiste de Pedro Sanchez a offert à chaque clandestin une carte de séjour de 45 jours, ainsi qu'une carte sanitaire gratuite. Il a fait enlever les lames tranchantes posées sur les hauts barbelés (6 mètres) qui séparent du Maroc les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla sur respectivement 8 km et 12 km. La moitié des clandestins de l'Aquarius, dont les 11 Marocains et les 43 Algériens, veulent venir en France…
Les socialistes espagnols auraient dû lire saint Vincent de Paul : "Le bruit ne fait pas de bien, et le bien ne fait pas de bruit." L'exhibition de leur générosité sonne faux. Ce narcissisme a pour résultat paradoxal d'amener à un oubli de soi. C'est ainsi que l'Union européenne, tombée en dévotion pour l'Autre, s'est mise à mépriser les peuples et les nations qui la constituent. Ce ne sont pas les malheureux Africains débarqués à Valence, accueillis par 2 300 personnes, qui déstabiliseront l'Europe. Cependant, il y a une irresponsabilité de la part de la gauche espagnole, soutenue par le pape François, à ne pas s'estimer solidaire d'une inquiétude collective qui ébranle la construction européenne. "L'Europe est dans un processus de décomposition", a admis, mardi, le ministre Bruno Le Maire, avant une rencontre entre Emmanuel Macron et Angela Merkel. Mais ces deux-là aussi ont été étourdis par l' "Air des bijoux" : "Ah, je ris…!" chantent-ils ensemble.
C'est la folle décision de la chancelière d'accueillir, en 2015, un million de réfugiés musulmans, sous les applaudissements des européistes exaltés, qui est à l'origine de la prévisible rébellion des peuples, furieux de n'avoir jamais eu leur mot à dire. "Mère Angela" (ainsi nommée par les médias dévots, en comparaison de Mère Teresa) avait été unanimement louangée par ceux, dont était Macron, qui estimaient indiscutable l'ouverture de l'Europe, au nom de ses valeurs humanistes et de son "hiver démographique". La suite est connue : les agressions sexuelles à Cologne et les premiers attentats, la montée de l'antisémitisme islamique, l'échec de l'intégration d'un peuple nouveau, etc. Une fois encore, les Cassandre ont eu raison. Mais les bons apôtres, bénis par le Vatican, ne feront pas leur mea culpa. Les intégristes des droits de l'homme restent insensibles au droit à préserver sa propre patrie. Ils persistent à penser, comme le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, mardi, que les migrations sont "inévitables" et "nécessaires".
Attendre de Macron et Merkel qu'ils agissent pour résoudre la question migratoire revient à demander à deux pyromanes de gérer les incendies qu'ils ont allumés. Mardi, Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, a appelé à "la solidarité européenne contre les populismes", faisant comprendre que la menace est, pour l'État, dans le réveil des nations et non dans l'immigration de peuplement et l'islam totalitaire. Ces aveuglements sont des complicités. La chancelière, pressée de se ressaisir par son ministre de l'Intérieur, Horst Seehofer (CSU), est affaiblie. Le président français, qui prétendait relancer l'Europe souveraine en se moquant du "repli national", n'est compris que des hypocrites: ils se gardent d'offrir chez eux l'hospitalité qu'ils défendent. Mardi, Macron et Merkel ont demandé "une réponse européenne" à la crise migratoire. Mais c'est l'Allemagne qui, il y a trois ans, a choisi unilatéralement d'ouvrir ses frontières. Cette Europe-là, coupée des gens d'en bas, n'a pas de leçons de solidarité à donner.

Paru dansLe Figaro, 22 juin 2018
RIOUFOL Ivan

Né le 12 septembre 1952
Marié – 2 enfants
 

Journaliste


Université de Nantes
Diplôme d"études approfondies (DEA) de droit maritime et aérien
 
Au Figaro:
            Grand chroniqueur et Membre du comité éditorial (depuis 2000)
            Rédacteur en chef - informations générales (1995-2000)
Rédacteur en chef adjoint (1992-1994)
Chef de service (1990-1992)
Responsable de la rubrique Confidentiel (1988-1990)
Grand reporter (1985-1987)
Correspondant du Quotidien de Paris (1976-1984)
                        Du Journal du Dimanche
                        De Forum international
Journaliste à Presse-Océan
 
Ouvrages
La Tyrannie de l'impudeur (2000) - La République des faux gentils (2004) - Chroniques d'une résistance (2005) - La fracture identitaire (2007) - Où va la France ? (2008) - Chronique d’une année de crise (2009) - La démocratie d’apparence (ouvrage collectif) (2009) - Allez-y sans nous (ouvrage collectif) (2009) - De l'urgence d'être réactionnaire (2012) - A la recherche du peuple perdu (2011) -  Touche pas à ma France (2014) - Poings sur les i (2015) - La Guerre civile qui vient (2016) - La nouvelle révolution française (2016) -

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