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Avec l'Europe (331)

L'Allemagne demeure incontestablement le pays le plus peuplé de l'Union européenne, devançant la France d'une vingtaine de millions d'habitants. Néanmoins, des projections démographiques d'Eurostat annoncent que la France pourrait rattraper l'Allemagne. De telles perspectives, apparemment surprenantes, s'expliquent globalement par le fait que, chaque année, l'Allemagne perd des habitants (1), tandis que la France en gagne. Ainsi, en 2008, malgré son solde migratoire positif, l'Allemagne a-t-elle perdu 156 000 habitants, exclusivement en raison d'un excédent des décès sur les naissances. De son côté, la France, cumulant un surplus de naissances sur les décès et un solde migratoire positif, s'est accrue de 345 000 habitants en métropole et même de 352 000 si nous y ajoutons les quatre départements d'outre-mer. L'écart d'évolution entre les deux pays, qui est donc d'environ 500 000 habitants par an, soit l'équivalent d'une capitale régionale importante, s'explique à partir de l'examen de diverses données. Le solde naturel…
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La République turque est-elle soluble dans l'Union Européenne ?   Avec le début des négociations d'entrée dans l'Union Européenne, la dynamique de réforme des institutions lancée par Bruxelles a libéré des forces centrifuges qu'avait jusqu'alors contenu le centralisme kémaliste. L'utilisation par les organisations kurdes des niches créées par l'UE au nom de la défense des droits de l'Homme et des minorités, l'appui des Américains aux Kurdes d'Irak et à une éventuelle partition du pays, soulèvent de graves inquiétudes dans certains milieux politiques et militaires. Figure emblématique de cette mouvance, le Professeur Ümit Özdag, analyse avec une grande acuité dans son dernier ouvrage, le délitement progressif de la République turque qu'induit selon lui le processus d'adhésion à l'Union Européenne. et l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis, la Turquie est entrée dans une zone de turbulence. "A chaque pas accompli en direction de l'Union Européenne, le poids de l'Etat-nation turc diminue et…
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  Même si l'on peut débattre de son ampleur ou de sa réversibilité, la déchristianisation constitue sans aucun doute une des données capitales de l'Europe occidentale aujourd'hui. Elle n'est pas séparable du recul du fait religieux en général car, en dépit des fantasmes qui règnent sur ce sujet, il s(en faut de beaucoup que les avancées de l'islam ou des sectes compensent le reflux des Eglises établies, catholique ou protestantes. La violence des réactions médiatiques aux derniers actes du pape Benoît XVI, que ce soit la levée de l(excommunication de quatre évêques schismatiques ou ses déclarations sur les politiques de prévention du sida en Afrique, témoignent de cet éloignement désormais patent des références chrétiennes. Dans la meute qui a crié haro sur le pape se trouvaient réunis non seulement des journalistes et des intellectuels de gauche mais aussi, chose plus surprenante, des hommes politiques de droite, non seulement des agnostiques…
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Fondements philosophiques d'une fédération européenne Une fédération est un ensemble d'entités diverses qui, trop faibles séparément, s'entendent pour déléguer certaines de leurs compétences à une instance supérieure commune. Chaque entité gagne en protection et donc en liberté, sans perdre son autonomie puisqu'elle ne délègue, volontairement, que la liberté qu'elle estime ne pas pouvoir assumer. Dans ce cadre, les nations d'Europe délégueraient à une instance européenne les compétences pour lesquelles elles sont devenues insuffisantes : essentiellement la défense, la monnaie, une partie de la politique étrangère. Ce qui impliquerait l'émergence d'un véritable pouvoir politique européen dont les modes restent à définir. Par ailleurs, les Etats conserveraient toutes les autres compétences, pour lesquelles ils se jugent suffisants. Aujourd'hui, il semble bien que nous ne nous dirigions pas vers une Europe fédérale, car nous faisons tout le contraire. Nous répugnons à créer une véritable instance politique européenne, car nous vivons encore dans l'illusion de…
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La dignité humaine et l'humanisme européen (...) (site accidenté en 2013) L'être humain est à ses propres yeux une énigme dès qu'il essaie de comprendre ce qui, en lui, est digne de question, c'est-à-dire la dignité elle-même. Celle-ci était pour les Grecs une vertu politique liée aux fonctions élevées qu'occupaient les citoyens dans la cité du fait de leur statut d'homme libre. Elle sera transposée par Platon en vertu éthique avec le portrait contrasté du philosophe et de l'homme ordinaire. Celui qui ne s'intéresse qu'à ses affaires et recherche partout les honneurs, préférant l'approbation de la foule au loisir de la méditation, celui-là ne saura jamais relever son manteau sur l'épaule à la façon d'un homme libre ; le philosophe, au contraire, peut se rendre semblable à la divinité et devenir "juste et pieux avec l'accompagnement de la pensée", c'est-à-dire devenir un homme digne (1). Il est vrai que cette dignité…
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  (...) Au collège des Bernardins, la magnifique salle cistercienne du XIIIème siècle fournit à Benoît XVI son entrée en matière : en nous demandant ce que faisaient ici ces jeunes moines, nous comprendrons mieux les racines de la culture occidentale. Ces hommes cherchaient Dieu : ils se réunissaient ici pour quêter l'essentiel et le définitif, ce qui ne périt pas. Ils ne cherchaient pas au hasard, comment l'auraient-ils pu, mais à partir des livres des Ecritures. Notre culture est une culture du logos, qui signifie à la fois parole et raison. Les chrétiens ne croient pas que la bible ait été écrite par Dieu ou sous la dictée de Dieu. Elle est constituée de textes littéraires multiples. C'est à travers ces paroles humaines et historiques que Dieu nous parle. Il convient donc d'interpréter les textes. Pour cela, il faut une communauté qui suscite à la fois la pluralité des sens…
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Depuis la victoire du non au référendum en Irlande le 12 juin dernier, on assiste aux mêmes simagrées que celles que l'on nous sert à chaque fois qu'un peuple a la chance - rare - de s'exprimer sur la "construction" européenne. Cela devient hallucinant, tant le discours et la méthode sont rodés, et tant nos gouvernants, de droite comme de gauche, s'y tiennent avec un aplomb et un cynisme renversants : les Irlandais ont voté contre le traité de Lisbonne ? Qu'à cela ne tienne, on poursuit la procédure de ratification comme si de rien n'était, on évoque un statut particulier pour la nation rebelle, ou l'on envisage même de la faire revoter comme cela s'était déjà fait en 1993 et 2001 lorsqu'elle avait rejeté les traités de Maastricht puis de Nice. On pourrait croire à un gag si le sujet n'était si sérieux. Mais hélas ! depuis vingt ans au moins,…
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L'unité de culture de la Méditerranée   Dans son ouvrage majeur de 1949, La Méditerranée et le monde méditerranéen à l'époque de Philippe II, Fernand Braudel rappelait que l'idée de civilisation suppose "une continuité" qui, dans son déploiement historique, implique une identité des formes culturelles.  Cette continuité et cette identité nominales sont d'ailleurs présentes dans la langue elle même, ce qui conduisait l'historien à parler d'une véritable Grammaire des civilisations. Et cette grammaire, sur le plan sémantique comme sur le plan syntaxique, impose à l'observateur de souscrire à ces trois unités convergentes que sont la civilisation, la culture européenne et la Méditerranée. Quand Braudel étudiait "le monde méditerranéen", et il faut insister sur cette notion de "monde" qui implique un espace de représentation symbolique unitaire, il ne se contentait pas de peindre une mare internum constituée de "plaines liquides", avec ses successions d'espaces marins bienveillants ou hostiles, encastrés entre des montagnes…
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Quelle identité pour l'Europe ? (...) "Où en serait le monde sans Spinoza, sans Freud, sans Einstein ? " demandait récemment Nicolas Sarkozy à Jérusalem. Parallèlement à ces trois grandes figures européennes, on pourrait aussi demander : "Où en serait l'Europe sans Descartes, sans Goethe, sans Beethoven ? " Et, pour filer jusqu'au bout les interrogations précédentes, où en serait l'homme sans la philosophie, la science, la technique, la médecine, le droit, la politique, l'économie que le génie de l'Europe a tracés dans ses frontières spirituelles ? Le président de la République reconnaissait devant la Knesset la permanence de la promesse qui anime "l'identité juive" depuis son alliance avec Yahvé. On souhaite que les dirigeants européens reconnaissent devant Bruxelles la continuité d'une autre promesse qui anime l'identité européenne depuis son alliance avec la Raison. C'est la promesse d'une culture ouverte sur l'humanité entière. Or il ne va pas de soi…
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Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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