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Avec l'Europe (325)

Depuis la victoire du non au référendum en Irlande le 12 juin dernier, on assiste aux mêmes simagrées que celles que l'on nous sert à chaque fois qu'un peuple a la chance - rare - de s'exprimer sur la "construction" européenne. Cela devient hallucinant, tant le discours et la méthode sont rodés, et tant nos gouvernants, de droite comme de gauche, s'y tiennent avec un aplomb et un cynisme renversants : les Irlandais ont voté contre le traité de Lisbonne ? Qu'à cela ne tienne, on poursuit la procédure de ratification comme si de rien n'était, on évoque un statut particulier pour la nation rebelle, ou l'on envisage même de la faire revoter comme cela s'était déjà fait en 1993 et 2001 lorsqu'elle avait rejeté les traités de Maastricht puis de Nice. On pourrait croire à un gag si le sujet n'était si sérieux. Mais hélas ! depuis vingt ans au moins,…
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L'unité de culture de la Méditerranée   Dans son ouvrage majeur de 1949, La Méditerranée et le monde méditerranéen à l'époque de Philippe II, Fernand Braudel rappelait que l'idée de civilisation suppose "une continuité" qui, dans son déploiement historique, implique une identité des formes culturelles.  Cette continuité et cette identité nominales sont d'ailleurs présentes dans la langue elle même, ce qui conduisait l'historien à parler d'une véritable Grammaire des civilisations. Et cette grammaire, sur le plan sémantique comme sur le plan syntaxique, impose à l'observateur de souscrire à ces trois unités convergentes que sont la civilisation, la culture européenne et la Méditerranée. Quand Braudel étudiait "le monde méditerranéen", et il faut insister sur cette notion de "monde" qui implique un espace de représentation symbolique unitaire, il ne se contentait pas de peindre une mare internum constituée de "plaines liquides", avec ses successions d'espaces marins bienveillants ou hostiles, encastrés entre des montagnes…
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Quelle identité pour l'Europe ? (...) "Où en serait le monde sans Spinoza, sans Freud, sans Einstein ? " demandait récemment Nicolas Sarkozy à Jérusalem. Parallèlement à ces trois grandes figures européennes, on pourrait aussi demander : "Où en serait l'Europe sans Descartes, sans Goethe, sans Beethoven ? " Et, pour filer jusqu'au bout les interrogations précédentes, où en serait l'homme sans la philosophie, la science, la technique, la médecine, le droit, la politique, l'économie que le génie de l'Europe a tracés dans ses frontières spirituelles ? Le président de la République reconnaissait devant la Knesset la permanence de la promesse qui anime "l'identité juive" depuis son alliance avec Yahvé. On souhaite que les dirigeants européens reconnaissent devant Bruxelles la continuité d'une autre promesse qui anime l'identité européenne depuis son alliance avec la Raison. C'est la promesse d'une culture ouverte sur l'humanité entière. Or il ne va pas de soi…
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L'Europe passe aux aveux C'est le peuple qui a dit non à l'Europe, à cette Europe-là. Il est vrai que, cette fois, le peuple était irlandais mais il y a trois ans, il était neerlandais ou français ; il aurait pu être anglais, polonais ou allemand si on lui avait donné la parole. La vérité est qu'il y a allergie mutuelle entre le peuple et l'Europe. L'Europe ne supporte pas le contact avec le peuple et réciproquement. C'est pourquoi tout referendum est pour l'Europe un supplice ; il la met à la torture ou, comme on disait, à la question. La preuve en est qu'elle passe aussitôt aux aveux. Jugez-en. L'Europe, volontiers, se proclame indifférente à la procédure de ratification que choisissent les Etats : c'est leur affaire. Mais, que l'Irlande recoure au referendum, et vous voyez la vérité sortir du puits. Le referendum est un mauvais système, trop simple pour…
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Il n'y a pas de solution militaire à... Combien de fois n'ai je pas entendu cette expression, y compris dans dans la bouche de chefs militaires ! Alors que des régions entières sont sous la coupe réglée de chefs de guerre, petits potentats locaux qui ne puisent leur légitimité que dans la terreur qu'ils inspirent, les ministres et les diplomates occidentaux se relaient pour clamer que la solution est politique, encourageant les protagonistes à la retenue et à la recherche d'une solution négociée. Ces discours incantatoires paraissent bien illusoires, comme si la sagesse allait spontanément prévaloir alors que justement c'est la lourdeur du contentieux, les intérêts contradictoires et l'absence de dialogue qui sont à l'origine du déchaînement de violence. Quand les affrontements font des morts par centaines, provoquent des exodes massives avec leur cortège d'atrocités et qu'il semble que rien ne puisse raisonner les belligérants enfermés dans des logiques guerrières et jusqu'au-boutistes, a…
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Il aura fallu moins de trois ans à la classe politique pour faire passer un nouveau traité européen reprenant l'essentiel d'un texte rejeté solennellement par référendum le 29 mai 2005 par 55 % des votants (et également rejeté aux Pays-Bas le 1er juin à 61 %). Car le traité ratifié le 7 février à l'Assemblée - après que le Parlement, réuni en Congrès à Versailles le 4 février, a voté la modification de la Constitution - est bien le même dans sa substance que le projet de constitution rejeté par les Français et les Hollandais, tous les chefs d'État européens l'ont finalement reconnu pour s'en féliciter. "La substance de la Constitution est maintenue. C'est un fait", déclare ravie Angela Merkel (1). Néanmoins, pour faire passer la pilule, nos technocrates ont essayé de donner le change en proposant un « mini-traité simplifié » qui est en réalité vingt fois plus volumineux…
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Il est bien vrai que cette intervention est tombée à plat : nul n'y a fait écho, à peine une ligne ici ou là. Qu'il y ait eu là de quoi étonner, c'est cela, pourtant, qui est étonnant. Depuis huit mois, tout a été fait pour persuader au peuple français que ce n'était pas son affaire ; que ce traité, tout simplifié qu'il est, est encore beaucoup trop compliqué pour sa petite tête, trop savant et trop subtil pour son esprit obtus ; qu'il est rempli de choses trop sublimes pour que, borné comme il est, il puisse s'élever à de pareilles hauteurs ; qu'il devait donc laisser le soin de s'en occuper à ses députés qui, ne se sentant pas assez qualifiés pour le lire, s'en sont remis à leurs gouvernants, lesquels avaient fait confiance à quelques initiés qui, seuls dans le secret, ont tenu à y rester en…
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  A propos du Kosovo, il y a une chose que la France ne devrait pas oublier : c'est qu'elle n'est pas libre, sur ce sujet, de parler ou d'agir à sa guise. Dans l'accord de Kumanovo qui a mis fin à sa guerre contre la Serbie comme dans la résolution de l'O.N.U. qui a défini le statut provisoire du Kosovo, elle a très expressément confirmé que la province relevait de la souveraineté de la Serbie et qu'elle faisait partie de son intégrité territoriale. En reconnaissant l'indépendance auto-proclamée du Kosovo et en envisageant d'y dépêcher des troupes de sa propre autorité, les dirigeants français ne commettraient pas seulement une agression caractérisée contre un pays tiers, ils renieraient la parole de la France, violeraient ses engagements et montreraient, en dépit de leurs beaux discours, le peu de cas qu'ils font du droit international. A vrai dire, les dirigeants français n'ont pas…
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En ce 90ème anniversaire des 14 articles du président Wilson de 1918, on peut voir aujourd'hui une dramatique conséquence de ces propositions utopiques. En effet, l'idéologie du président Wilson, en invitant au dépècement de l'Empire des Habsbourg, en proclamant comme vérité politique fondamentale le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, en imposant au monde entier des régimes démocratiques comme une fin en soi, est à l'origine de nombre de catastrophes humaines et politiques du xxe siècle ! on l'oublie un peu trop souvent. Cette fois-ci, c'est dans les Balkans que se prépare un drame humain et politique, la vraisemblable proclamation de l'indépendance du Kosovo qui se produira sans doute dans les jours à venir avec la bénédiction des États-Unis et de l'Union européenne, au mépris du droit international : en effet les Nations Unies ont souhaité que l'on arrache le Kosovo à la Serbie au prétexte que la majorité de…
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Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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