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L'Union méditerranéenne ...

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L'Union méditerranéenne doit être un projet de civilisation

mais de l'Union pour la Méditerranée (UPM). Par-delà cette inflexion terminologique, que recèle cette nouvelle dénomination ? Un abandon de l'ambition française originelle ou un changement sémantique dans la continuité stratégique ? Une chose est certaine, ce projet géopolitique majeur n'est plus exclusif mais inclusif : il ne concerne plus uniquement les pays des rives nord et sud de la Méditerranée, mais l'ensemble des États du Sud ainsi que tous les membres de l'Union européenne. L'Allemagne a réussi à imposer ses exigences en phagocytant le projet initial, mais la France n'a pas pour autant perdu la face.
Et pour cause : en dépit des rivalités de leadership entre une Allemagne tournée vers l'est et une France regardant vers le sud ; nonobstant le refus ou la réticence de certains pays arabes de s'associer à une union où Israël est géographiquement concerné, la déclaration de naissance de l'UPM sera bel et bien annoncée le 13 juillet prochain, lors du sommet des chefs d'État à Paris. Mais, suffit-il de naître pour exister ? Bien des questions demeurent en suspens : va-t-on définitivement abandonner le processus de Barcelone, lancé en 1995, et son excroissance, dialogue 5 + 5, initié en 2003 précisément pour relancer un partenariat euroméditerranéen agonisant faute de moyens et d'ambitions réelles ? Va-t-on au contraire ne pas tenir compte de l'échec de ce processus, en choisissant de le réactiver moyennant quelques améliorations cosmétiques ou tactiques ? D'une part les énormes investissements qui seront injectés dans certains ex-pays de l'Est que l'URSS a laissé exsangues, désormais futurs membres de l'UE, et d'autre part les investissements dans les pays du Sud, futurs membres de l'UPM, sont-ils conjointement possibles et compatibles ? En d'autres termes, l'UE a-t-elle les moyens de cette double ambition ? Quels seront les projets prioritaires de l'UPM ? Quels vont être ses instruments institutionnels, son mode de gouvernance et ses moyens financiers ? Comment cette Union va-t-elle surmonter son principal talon d'Achille, à savoir tous ces conflits actuels ou potentiels : israélo-palestinien, syro-israélien, algéro-marocain sur la question du Sahara occidental, hispano-marocain sur la question de Ceuta et Melilla, hispano-britannique sur la question de Gibraltar, turco-grec sur la réunification de Chypre, libano-libanaise ? Et les États-Unis d'Amérique dans tout cela ? Ne voient-ils pas dans l'UPM un projet alternatif à leur éphémère et bien chaotique Grand Moyen-Orient ?

Déjà en 1989, dans ses Mémoires des deux rives, Jacques Berque, le précurseur de l'unité méditerranéenne, se demandait s'il n'y avait pas "quelques paradoxes à préconiser une construction méditerranéenne au moment où le pays (Liban) qui aurait dû en offrir l'exemple privilégié s'effondre dans la destruction. Il faut l'avouer, entre la Palestine occupée, le Liban suicidaire et Chypre en trois morceaux, la Méditerranée fournit au monde un lugubre échantillonnage d'erreurs et de châtiments". Malgré ses obstacles consubstantiels que les bonnes volontés finiront par vaincre, l'idée d'Union pour la Méditerranée reste mobilisatrice et porteuse d'espérance. C'est toujours par des vues utopiques que s'accomplissent les grands desseins. N'est-ce pas sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale que les bases de l'UE ont été jetées ?

Néanmoins, pour que l'UPM soit un projet d'avenir et qu'il soit profitable à l'ensemble des protagonistes, afin qu'il infléchisse la marche d'un monde unipolaire et de plus en plus menacé par les conflits régionaux et par le terrorisme, pour qu'il devienne un instrument de développement, de pacification et de concorde, il faut qu'il soit un projet de civilisation. Bien plus qu'à l'émergence d'une nouvelle zone d'échange économique ou d'un nouveau bloc géopolitique, c'est à la naissance, ou plutôt renaissance, d'une civilisation méditerranéenne que nous devons tous travailler. Renaissance, car les racines existent et elles sont carthaginoise, grecque, romaine, juive, chrétienne, islamique. Quoi qu'en ait dit Paul Valéry, les civilisations ne sont pas mortelles. "Qu'est-ce que la Méditerranée ? s'interrogeait Fernand Braudel. Non pas une mer, mais une succession de mers. Non pas une civilisation, mais une succession de civilisations entassées les unes sur les autres."

La Mare Nostrum a été, en effet, un carrefour des civilisations et le berceau des trois grandes religions monothéistes. Cette "machine à civilisations", selon Paul Valéry, peut redevenir un grand bassin d'échange interculturel et de dialogue interreligieux, la source d'une civilisation résolument humaniste et universaliste, radical antidote au choc des civilisations conjecturé par Huntington. Mais cette civilisation ne peut pas voir le jour sans la construction graduelle, par le changement des mentalités, d'une véritable identité commune méditerranéenne. L'Union doit pouvoir se réaliser sur la base d'un même repère identitaire et d'un même sentiment d'appartenance, celui d'une histoire partagée et d'un avenir commun. C'est encore Braudel qui écrivait : "Avoir été, c'est une condition pour être."
Paru dans Le Figaro

HADDAD  Mezri

Né le 2 juillet 1961
Marié - 2 enfants
 
Philosophe
Ancien Ambassadeur


Doctorat de philosophie morale et politique
   Problématique des rapports entre l’autorité spirituelle et le pouvoir temporel dans l’Islam et dans le Christianisme.
DEA de philosophie morale et politique
   Matérialisme historique et lutte des classes chez Karl Marx
Maîtrise de philosophie morale et politique
   L’idéologie communiste et l’islamisme : analyse et perspective. Une étude politico-philosophique 
Maître de conférences en théologie catholique (Premier candidat de tradition musulmane qualifié)
 
Réalisateur et maquettiste de la Revuede la Radio Télévision Tunisienne (1982-1983)
Chercheur au Centre de recherche sur la Pensée antique (grecque), associé au CNRS (1991-1994)
Chercheur au Centre d’histoire des sciences et des philosophies arabes et médiévales, associé au CNRS (1999-2001)
Enseignant d’histoire à Paris VII - Denis Diderot, UFR Géographie, Histoire et Sciences de la Société (1999-2001)
Conseiller politique auprès de la rédaction de l’hebdomadaire indépendant Réalités (depuis 2000)
Ambassadeur de Tunisie auprès de l'UNESCO
 
Ouvrages
Introduction à la pensée islamique - ouvrage d’Histoire des idées politiques (1990, réédition 1991 et 1992)
Islam et athéisme, dans Rétrospective (2000)
Le politique est coupable, pas le religieux - ouvrage collectif intitulé L’islam est-il rebelle à la libre critique ? (2001)
Symbiose et non osmose, diversité et non dilution - ouvrage collectif intitulé "Arabofrancophonie" (2001)
Du théologico-politique comme problématique commune à l’islam et au christianisme –
      ouvrage collectif intitulé Pour un Islam de paix (2001)
Réflexion sur l’islam et le christianisme dans leur rapport au personnalisme –
      ouvrage collectif intitulé La Personne et son avenir (2002)
Non Delenda Carthago - Carthage ne sera pas détruite - Autopsie de la campagne antitunisienne (2002)
Rôle du dialogue des religions pour asseoir les fondements de la paix –
      ouvrage collectif intitulé Du dialogue euro-arabe, exigences et perspectives (2003)
L’information et la continuité culturelle entre les Arabes et l’Occident (2004)
Tunisie : des acquis aux défis - ouvrage collectif (2004)
Violence anomique ou violence atavique ? –
      ouvrage collectif (direction de Raphaël Draï et J-François Mattéi) intitulé La République Brûle-t-elle ?
Essai sur les violences urbaines françaises (2006)
Genèse de la dissidence dans l’islam des origines - Préface au livre La grande discorde de l’islam (2006)
Peut-on considérer le Comparatisme comme pierre angulaire du dialogue entre les religions et les civilisations et comme  
     fondement éthique et épistémologique de la Tolérance ? – ouvrage collectif intitulé Dialogue des Religions d’Abraham pour la
     tolérance et la paix (2006)
Du théologico-politique dans l’islam et dans le christianisme (2007)
Histoire universelle des idées politiques (2 volumes), en négociation avec Grasset et La Table Ronde (2007)
La face cachée de la révolution tunisienne. Islamisme et Occident : une alliance à haut risque (2012)
 
Nombreuses collaborations
Près de 500 articles publiés dans les domaines culturel, politique et relations internationales, dans la presse écrite arabe (Al-Moharrer, Al-Hayet, Al-Watan,Réalités, Al-Quds) et française (Libération, Le Figaro, Le Monde, Jeune Afrique, Marianne, Le Point, Afrique Asie…)
dont :
 
Religion et politique - Jeune Afrique n° 1979 - 15-21 décembre 1998
Discours de la méthode islamiste - Marianne - 3 janvier 1999
Voile islamique : la loi au-dessus de la foi - Le Figaro - 14 octobre 2003.
L’islam, otage des talibans – Libération - 21 mars 2001
Allah, que de crimes en ton nom ! - Le Monde - 9 mars 2001
La Tunisiene vit pas un cauchemar - Le Monde - 6 février 2001
Le virus théocratique - Le figaro - 3 octobre 2001
Les leçons d’un attentat - Le Figaro - 20 avril 2002
Du droit-de-l’hommisme - Le Figaro - 4 novembre 2002
Aux sources du refus français - Le Figaro - 26 février 2003
L’intégrisme, une chance pour la laïcité ! - Le Figaro - 20 février 2004
Un spectre hante l’Hexagone : l’activisme islamiste - Le Figaro - 28 juin 2003
Par-delà le Bien et le Mal – Libération - 19 septembre 2001
Prélude au choc des civilisations – Libération - 15 avril 2003
Europe-Turquie : le marchand de tapis et la stripteaseuse – Libération - 31 décembre 2004.
Discours américain et méthode tunisienne - Le Figaro - 28 mars 2005
SMSI : les véritables enjeux de Tunis - Tribune de Genève - 30 septembre 2005
La Shoah, second péché originel ou l’humanisme en question - Réalités n° 1042 - 15 décembre 2005
Islamisme et démocratie : lequel dissout l’autre ? - Le Monde - 4 février 2006
Vrais et faux ennemis de l’islam – Libération - 26 septembre 2006
Plaidoyer pour une éthique de la responsabilité - Le Figaro - 6 octobre 2006
Les limites de la perestroïka turque - La Libre Belgique - 8 novembre 2006
Les effets pervers d’une loi vertueuse - Le Soir (Belgique) - 18 octobre 2006
 
Conférences
En FRANCE, Université Paris II-Assas, Université Paris IV-Sorbonne, Université Paris VII-Jussieu, Maison universitaire du Maroc (Paris), Centre culturel égyptien (Paris), Institut du Monde Arabe (Paris), UNESCO (Paris), Institut Hannah Arendt (Paris), HEC (Jouy en Josas), Sénat (Paris)
en BELGIQUE, Université Libre de Bruxelles
en GRANDE BRETAGNE, London School of Economics
au CANADA, Université Laval
aux ETATS-UNIS, Georgetown University
au QATAR, Palais des Congrès
en TUNISIE, Faculté de Droit et de Sciences Politiques, Institut de Presse et Sciences de l’Information, Institut supérieur de Théologie (Tunis), …
en SUISSE, au Palais des Nations Unies (ONU, Genève)
 
Membre-Sociétaire de la Société des Gens de Lettres de France (SGDL), fondée en 1838 par H. de BALZAC et V. HUGO
Membre du Conseil d’Administration de Daedalos Institute of Geopolitics, Nicosie, CHYPRE
Membre fondateur de l’association Synergie France-Tunisie (Paris)
Fondateur et Secrétaire Général du CLPFT, le Cercle des Libres Penseurs Franco-Tunisiens (Paris)
Membre du Rassemblement des écrivains arabes
Membre de la Fondation des philosophes arabes.

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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