Magistro Beta

Switch to desktop Register Login

Sexes et idéologies

  • Écrit par 
  • Taille de police Réduire la taille de la police Réduire la taille de la police Augmenter la taille de police Augmenter la taille de police
  • Imprimer
  • E-mail
Évaluer cet élément
(0 Votes)

Homoparentalité, sexes et idéologies

(...)
est très grave pour les enfants, mais elle est très grave aussi pour la société toute entière, en raison de deux idéologies pernicieuses pour la cohésion et l'harmonie sociales qui sous-tendent ce mouvement pro-homoparentalité : la théorie du "gender" et ce que l'on appelle aujourd'hui la "deep ecology", sorte d'écologie naturaliste venue d'Angleterre. La théorie du "gender" est très soutenue par la Commission Population de l'ONU et par le Parlement européen. Elle gagne énormément de terrain. Elle apparaît dans les années 70 aux USA avec la féministe Judith Butler ; ses livres ont été traduits en France en 2005. Pourquoi ce succès ? Parce que le féminisme, à bout de souffle, y trouve un second élan. La revendication de l'galité des sexes, de la parité, suppose une différence entre les sexes. Qui dit différence dit inégalité, qui dit inégalité dit soumission de la femme à l'homme, selon les féministes. Le mariage institutionnalisant cette soumission, il faut supprimer le mariage dit classique.
Pour en revenir aux théoriciens du "gender", ils pensent, comme Simone de Beauvoir, qu'"on ne naît pas femme, on le devient". On naît "neutre" et c'est la société qui impose à chaque homme d'être homme parce qu'il a un sexe masculin et à chaque femme d'être femme parce qu'elle a un sexe féminin, avec toutes les inégalités que cela implique.

L'être humain possède un corps et un esprit, mais le sexe de ce corps n'a d'influence ni sur l'identité, ni sur la construction de la personnalité. En fait, le genre masculin et le genre féminin n'existeraient pas, ils ne seraient que des orientations sexuelles, lesquelles seraient librement choisies par chaque individu.
Cela paraît défier l'évidence. Et pourtant cette théorie gagne beaucoup de terrain. Ainsi, en mars 2007, en Espagne, est passée la loi dite "de l'identité du genre" qui permet à chaque individu de changer de sexe et de l'inscrire sur son état civil, sans passer par une opération chirurgicale. Sur les livrets de famille espagnols, vous n'avez plus les mentions "le père" et "la mère", mais "parent 1" et "parent 2". Cette théorie du "gender" n'est donc pas quelque chose d'abstrait ; elle commence à s'incarner dans les institutions nationales.

La seconde idéologie est encore plus absurde, c'est celle de la "deep écology". Le terme a été inventé en 1973 par le norvégien, Harn Naess. Il s'agit d'un mouvement écologiste qui sacralise la nature, Gaia, l'homme n'étant qu'une composante de cette entité. La nature n'est pas au service de l'homme, mais l'homme est au service de la nature. Cette idéologie considère que l'homme n'est pas supérieur à la nature, mais qu'il peut devenir son principal prédateur. Si les hommes deviennent trop nombreux, ils représentent un danger pour la nature, il faut donc supprimer les hommes ! C'est un peu la théorie du Commandant Cousteau poussée jusqu'à l'absurde. Le plus acharné de ces théoriciens est aujourd'hui l'anglais James Lovelock qui considère que la population humaine mondiale ne devrait pas dépasser les 500 millions.
Il existe en Angleterre un club de réflexion environnementaliste, l'Optimum Population Trust, qui envisage l'être humain en fonction de sa nuisance environnementale : "chaque nouvelle naissance en Grande-Bretagne engendre 160 fois plus de dégâts environnementaux qu'une naissance en Ethiopie et 35 fois plus qu'au Bengladesh", a-t-il officiellement estimé, estimation relayée dans de nombreux médias français. Cette  idéologie gagne du terrain en France où l'on entend de plus en plus fréquemment que l'homme est nuisible pour la nature.

L'homoparentalité et l'homosexualité étant une façon évidente de réduire le nombre des naissances, elles vont, de fait, dans le même sens que toutes les théories malthusiennes, dont la plus virulente est aujourd'hui la "deep ecology", laquelle suscite chez nos compatriotes de plus en plus d'intérêt en raison de l'inquiétude engendrée par les dérèglements climatiques. 
Dans les années 80, le sida fait des ravages. Les principales victimes en sont les homosexuels. Ils commencent alors à s'organiser pour réclamer des mesures visant à les protéger : c'est alors qu'apparaissent réellement les premiers signes communautaristes homosexuels. Peu à peu, la pression exercée sur les pouvoirs publics en matière de protection des homosexuels se renforce. En mai 1990, le sénateur de l'Essonne, Jean-Luc Mélenchon, dépose le premier projet de "partenariat civil".

La première revendication du Partenariat civil, qui ressemblait à un Pacs, remonte à 1990. Le véritable lobbying a commencé en 1992, et à partir de ce moment-là les revendications se sont succédées. La première Gay Pride en 1996 a réclamé, non pas vraiment le mariage, mais une sorte d'union officielle qui s'y apparentait. Le Pacs est voté en 1999.
Avec le Pacs, les militants homosexuels s'organisent, ils créent l'Inter GLBT qui réunit 68 associations, l'Inter Gay Lesbian, Bi & Trans. Les revendications sont assez violentes. En 2004, le processus s'accélère avec  "l'affaire Sébastien Nouchet", jeune homme homosexuel, qui tente de mettre fin à ses jours en s'immolant par le feu. Il est bien heureusement sauvé mais sa tentative de suicide est camouflée en agression homosexuelle. Avant même toute vérification (alors que ce malheureux jeune homme avait déjà tenté de mettre fin à ses jours de nombreuses fois), Jacques Chirac, alors Président de la République et Dominique Perben, Garde des Sceaux, font part de leur indignation et l'émoi est national.

Les militants surfent sur cet évènement tragique en instrumentalisant ce pauvre Sébastien Nouchet et publient un manifeste contre l'homophobie qu'ils font signer par de nombreuses personnalités politiques et intellectuelles, qui débouche sur la loi sur l'homophobie votée en 2004. Cette loi a pratiquement gelé le débat puisqu'il est devenu illégal de faire référence à une quelconque différence entre un homosexuel et un hétérosexuel sous peine d'être accusé de faire de la discrimination homophobe. Ainsi le simple terme d'homoparentalité pourrait-il un jour être considéré comme homophobe ; l'homoparentalité soulignant qu'il y a une "hétéroparentalité" et donc une différence entre les deux, ce qui est discriminatoire !
Il faut savoir que de très nombreux homosexuels sont contre ce lobby et qu'ils se sentent récupérés. Avant de créer le site de l'association pour la protection de l'enfance, je suis allée rencontrer de nombreux homosexuels pour leur faire part de mon projet. J'ai été vraiment surprise car ce projet a été favorablement accueilli ! Les homosexuels que j'ai rencontrés ne se sentent absolument pas représentés par ce lobby qui veut absolument les récupérer et est même souvent assez violent envers ceux qui veulent vivre discrètement sans faire de leur homosexualité leur caractéristique principale et qui ne souhaitent pas faire leur "coming out".
Ce qu'ils réclament la plupart du temps, c'est le droit à l'indifférence. Ils désirent qu'on les laisse vivre ce qu'ils ont à vivre, qu'on leur fiche tout simplement la paix.

Les associations militantes homosexuelles sont très divisées dans leurs stratégies. Il y a les associations telles que Gay Lib, mouvement associé à l'UMP, dont les thèses ont la sympathie de Nicolas Sarkozy ; leur stratégie est celle des petits pas, doucement mais sûrement. Leur but, c'est l’adoption, mais ils veulent y aller doucement ; d'abord le statut du beau-parent, puis le contrat d'union civile reconnu en mairie, lequel se transformera en mariage et aboutira à l'adoption. Les membres de Gay Lib savent que Nicolas Sarkozy est sensible à leurs thèses, c'est la raison pour laquelle ils estiment avoir le temps d'y aller en douceur, sans braquer l'opinion. D'où la multiplication des sondages, des émissions télé pour préparer les esprits.
D'autres associations, membres de l'inter GLBT, sont beaucoup plus virulentes et déterminées à aller le plus vite possible ; c'est le tout ou rien. Ils ont beaucoup de violence dans leur propos.
La stratégie des "petits pas" s'incarne actuellement dans deux projets de loi : le statut du beau-parent et le Contrat d'Union Civile. Le statut du beau parent est actuellement à l'étude dans les cabinets ministériels.
Le danger est donc imminent.

Le statut du beau-parent est présenté comme correspondant à un besoin des familles dites "recomposées". En réalité, ce sont les militants gays qui sont "montés au front" sur ce sujet. Ce qui prouve bien, encore une fois, que le problème est idéologique. Non seulement les militants gays parlent au nom des homosexuels, alors qu'ils ne sont pas représentatifs, mais à présent ils entendent parler au nom des couples hétérosexuels et des familles recomposées. Ce projet inquiète beaucoup des représentants de nombreuses familles recomposées, dont, par exemple, l'association SOS-Papa. Celle-ci a été créée par des pères divorcés pour réhabiliter leur rôle, car, après une rupture douloureuse, et dans le cas où le parent qui a la garde de l'enfant se remarie, l'autre parent, généralement le père, a de moins en moins de contact avec ses enfants. De plus, pour les enfants des familles recomposées, le statut de "beau-parent" est dangereux. Pourquoi ? Parce qu'il va créer un conflit d'intérêt ; le parent, qui n'a pas la garde de l'enfant, étant de plus en plus écarté, le fait de donner un statut juridique au "beau-parent" va engendrer un antagonisme entre ces deux détenteurs de l'autorité. Et que va-t-on faire s'il y a remariages successifs ? On enlève l'autorité parentale pour la donner au deuxième, puis au troisième ? Il n'y a en fait aucune cohérence, et surtout aucun souci de l'intérêt de l'enfant dans ces autorités parentales successives.

Enfin, ce "statut du beau-parent" est inutile.
Tout d'abord, concernant la vie quotidienne des enfants, tous les parents ont déjà la possibilité de donner à un tiers l'autorisation d'accomplir certains actes relatifs à leurs enfants. En effet, dans certaines situations (vacances, sorties de classe, hospitalisation, etc.), une autorisation personnelle rédigée par l'un des deux parents permet à un tiers d'agir.
D'autre part, d'un point de vue juridique, une loi existe déjà pour régler les problèmes qui peuvent se poser dans les familles recomposées : c'est la loi du 4 mars 2002 sur la coparentalité. Le juge aux affaires familiales peut organiser, pour les besoins d'éducation de l'enfant et avec l'accord des parents,  le partage de l'exercice de l'autorité parentale (article 377-1 du Code civil). Grâce à cette mesure, le tiers est en droit d'exercer les actes quotidiens de surveillance et d'éducation de l'enfant. En ce qui concerne les homosexuels, la question de savoir si ce partage de l'autorité parentale avec un tiers peut s'opérer au sein d'un couple homosexuel a déjà été posée à la Cour de cassation, laquelle a accepté, dans un arrêt du 24 février 2006, que l'autorité parentale puisse être partagée entre la mère et la compagne homosexuelle de celle-ci, considérant que l'intérêt supérieur des enfants peut justifier que l'autorité parentale soit partagée entre une mère et sa compagne.
L'on peut ainsi constater qu'il s'agit d'un problème idéologique car les problèmes que ces nouvelles dispositions législatives seraient sensées régler le sont déjà par des lois antérieures. Finalement, ce que l'on veut demander aux enfants, c'est de valider le choix affectif de leurs parents, et, bien sûr, ce n'est pas leur rôle.

Dernier point : Le CUC, lui, risque de déboucher sur l'adoption par les "couples" homosexuels ! Le Contrat d'Union Civile reconnue en mairie est la grande loi qui va tout changer. Il faut comprendre que les deux statuts, le mariage et le CUC, seront unifiés en un seul extrêmement rapidement. Le danger du CUC réside dans le glissement qu'il opère de l'union civile vers le mariage vers. En effet, si le CUC entraîne des droits comparables à ceux du mariage, en dehors de l'adoption pour l'instant, il est fort probable qu'avec le temps, l'un et l'autre seront assimilés. A quoi sert-il en effet de maintenir deux institutions si les deux ont les mêmes effets ? L'ordonnance de juillet 2005 sur le thème de la filiation illustre l'assimilation possible des statuts : en 2001, la différence de statut entre les enfants naturels simples, adultérins ou légitimes a été supprimée afin que les droits soient les mêmes pour tous, notamment en matière de succession. Petit à petit, on ne parlait plus que de filiation, sans distinction, puisque les statuts étaient les mêmes. Finalement, l'ordonnance de 2005 a supprimé du Code civil la distinction entre filiation légitime et naturelle. Il en a été de même pour les pays qui ont redéfini le mariage pour l'ouvrir aux "couples" homosexuels. Ils ont commencé par assimiler les statuts des différents types de couples. Ceci fait, la loi a uniformisé les conséquences de différents types d’union, puis a unifié la dénomination, créant ainsi une assimilation complète des différents statuts.

Mais, sans même entrer dans des notions juridiques, imaginer les situations qui vont se présenter permet de comprendre dans quelle mesure l'union civile ouvre la voie à l'adoption par des "couples" homosexuels. Si un couple hétérosexuel, lié par un contrat d'union civile, présente toutes les garanties nécessaires pour obtenir un agrément lui permettant d'adopter un enfant et que cet agrément lui est refusé au seul motif qu'il est uni par un contrat d'union civile et non par un mariage, on peut facilement imaginer qu'un tribunal conclura rapidement à une discrimination. Une fois permise l'adoption par des couples hétérosexuels unis par un CUC, ne pas permettre cette adoption à des personnes de même sexe, unies par le même CUC, sera très facilement considéré comme une nouvelle discrimination. On a l'impression que le législateur français ne pourra pas maîtriser la situation qu'il envisage de créer. Ce qui ne sera pas fait par la loi le sera alors par la jurisprudence. 

BOURGES  Beatrice

Née le 18 octobre 1960
Mariée – 2 enfants

Secrétaire Générale de Entreprise et Progrès,
     fédération de chefs d’entreprise ayant pour objectif
     de réconcilier l’économique et le social
     "Mettre l’homme au cœur de l’entreprise et l’entreprise au coeur de la cité"
Membre du Conseil National pour la Création d’Entreprises
Membre du directoire de l’Agence pour la Création d’Entreprises
Membre du Conseil de la Fondationsuisse Ecophilos
Présidente de l’association Audace et Responsabilité dans les Yvelines
Présidente de l’Association pour la Protectionde l’Enfance

     Précédemment 
Directeur des relations institutionnelles de Entreprise et Progrès (2004 - 2005)
Conseil auprès de Paul Dubrule, Président fondateur du Groupe ACCOR (2000 - 2004)
Conseil en entreprise du Groupe AXA et du Groupe Auguste Thouard (1998 - 2000)
Directeur à la Fédération Françaisedes Sociétés d'Assurances (FFSA),
     chargée des relations institutionnelles,
     membre du Comité Directeur (1997 - 1998) 
Attachée parlementaire (1992 - 1997)
     de Franck BOROTRA,
     Ancien Ministre de l'Industrie, Député, Président du Conseil Général des Yvelines
     d’André DAMIEN,
     ancien Député, Maire Honoraire de Versailles
Consultant pour le compte du Groupe TOTAL (1993 - 1994)

Ouvrages
L’homoparentalité en question – Et l’enfant dans tout ça ? (2008)

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

Top Desktop version