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Le triangle du pouvoir

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la défense, les conflits actuels et futurs d'ici à 2030 ne peut faire abstraction du poids écrasant de la puissance américaine et de ses idées, ... même si les Etats-Unis sont actuellement fourvoyés en Irak. Pour Z. Brzezinski : "Washington DC. est la première capitale mondiale de l'histoire dans le monde. Les initiatives entérinées dans le périmètre des deux triangles projettent la puissance des Etats-Unis dans le monde entier et influencent le cours la mondialisation. Une ligne reliant la Maison-Blanche au bâtiment monumental du Capitole, celui ci à la forteresse du Pentagone, délimite le triangle du pouvoir. Une seconde ligne partant de la Maison-Blanche pour aboutir à la Banque Mondiale , à quelques rues de là, obliquant vers le Département d'Etat avant de rejoindre la Maison-Blanche (et incluant de ce fait le Fond Monétaire International et l'Organisation des Etats Américains) circonscrit le triangle de l'influence mondiale. Si l'on associe ces deux triangles on comprend à quel point les "affaires extérieures" sont concentrées à l'intérieur d'une zone restreinte".


Ce que veulent les Américains fut cyniquement publié depuis 1992 (rapport  Wolfowitz). La version douce de leur concept de politique mondiale fut énoncée par le Président Clinton le 27 janvier 2000, dans son discours "Shaping the world" que je traduis par : "Formater le monde", elle est fort claire : "Pour réaliser les entières possibilités de la nouvelle économie, nous devons dépasser nos propres frontières, mettre en forme la révolution qui abat les obstacles et installer les nouveaux réseaux parmi les nations et les individus: la mondialisation. C'est la réalité centrale de notre époque. Nous devons être au centre du réseau mondial, comme bon voisin et partenaire. Nous ne pouvons pas construire notre avenir sans aider les autres à construire le leur". On retrouve là le mélange de cynisme et de propos idéalistes dont les Américains sont coutumiers.

Cela dit, les Américains ont depuis 1945 un profond mépris pour l'Europe. Il faut à nouveau citer Brzezinski : "Les Européens sont aujourd'hui un protectorat de facto des Etats-Unis". On s'entend régulièrement dire aux Etats-Unis : "US fight, UN feed, EU funds : les Etats-Unis combattent, l'ONU nourrit et l'Union Européenne paie". Nous sommes pris pour des pleutres, trop heureux de payer pour acheter une paix honteuse. Quant aux idées américaines sur la défense européenne, il faut relire Madeleine Albright dans son discours sur l'Identité Européenne de Sécurité et de Défense (IESD) de décembre 1998 : "Pas de découplage entre les Etats-Unis et l'Europe, pas de duplication entre l'Europe et l'OTAN, pas de discrimination envers les alliés européens qui ne font pas partie de l'UE". Qui en Europe a protesté contre cette intrusion dans nos affaires ? Nos industriels d'armement ont bien compris le problème et ils se battent pour récupérer des parts du marché américain.
Comme l'a remarqué Dimitri Uzunidis, directeur d'un laboratoire de recherche à l'université du Littoral à Dunkerque : "Faute d'une entité européenne forte, la conception de la sécurité mondiale n'est plus définie qu'aux Etats-Unis. Dès lors, les capacités de l'industrie militaire européenne s'effritent, car cette doctrine oriente la recherche et  le développement américain comme européen. Aujourd'hui, l'industrie mondialisée travaille pour le Pentagone, que ce soit avec des technologies sous licence américaine, via les filiales de groupes américains, ou selon des standards définis, vu la nature des armements du futur, par INTEL, IBM ou Microsoft.

C'est malheureusement dans les budgets militaires, les budgets exécutés et pas seulement les budgets votés, que les véritables choix politiques et stratégiques sont inscrits. L'Europe a choisi de ne pas chagriner les Américains. N'espérons aucun changement d'attitude des Etats-Unis ou de nos industriels aussi longtemps que nos budgets militaires resteront ce qu'ils sont.

SALVAN   Jean

Né le 3 mars 1932
Marié (1953) – 5 enfants



Officier, général de corps d'armée


Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr
Ecole d’Etat-Major 
Ecole supérieure de guerre (ESG)

Commandant la IVème Région militaire
Général de corps d’armée (1988)
Représentant français auprès du Commandement Centre-Europe de l’OTAN (1986-1988) 
Commandant de la 1ère Division blindée (1983-1985)
Commandant du 3ème Régiment de parachutistes d’infanterie de marine
Professeur à l’Ecole supérieure de guerre

Membre correspondant du Muséum d’Histoire Naturelle en 1964
Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées de droit public
Professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux (1989-1994) ("Société et Défense") 
Président de l’Union des blessés de la face (les Gueules cassées) (1995-2002)

Ouvrages 
Liban 1978, les Casques bleus de la France (1979) - L’avifaune du Gard et du Vaucluse (1983) -

La paix et la guerre (1992) - Soldat de la guerre, soldat de la paix (2005)

Distinctions
Grand Officier de la Légion d’Honneur
Croix de la Valeur Militaire
Commandeur de l’Ordre du Cèdre du Liban
Croix d’Honneur en or de la Bundeswehr

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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