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L’émotion et le cynisme

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L’émotion et le cynisme
 
L’attaque suivie d’un épandage de gaz toxique (sarin ? ) le 4 avril dernier  à Khan Cheikhoun (province d’Idlib) a provoqué une émotion dans laquelle l’observatoire syrien des droits de l’homme s’est engouffré : le coupable ne pouvait être que Bachar el Assad et son régime. Je rappelle que cet "Observatoire syrien des droits de l’homme" est une officine islamiste basée à Londres : elle ne signale que les turpitudes de Bachar el Assad et elle occulte celles de ses ennemis. Immédiatement Donald Trump a voulu redorer son image : à la différence de son prédécesseur, il entend prouver qu’il ne recule devant rien, il donne satisfaction à ses alliés sunnites d’Arabie saoudite et du Golfe, il montre qu’il sait tenir compte des émotions des chaumières. Il a donc fait bombarder par des missiles de croisière la base aérienne d’où seraient partis les avions qui ont bombardé Khan Cheikhoun, le 7 avril, avant la moindre enquête sérieuse. Car enfin, tous, l’ONU en tête, s’étaient félicités de la destruction des stocks syrien de gaz de combat : les enquêteurs auraient-ils mal fait leur travail ? Les opposants à Bachar el Assad ont déjà utilisé des gaz toxiques récupérés dans les dépôts de Kadhafi : est-on certain que la thèse russe est fausse,  selon laquelle un bombardement syrien aurait touché un arsenal de Daech contenant des gaz asphyxiants ?
 
Cela dit, le bombardement de la base de Charit (orthographe incertaine) semble avoir eu des effets limités : la piste paraît toujours utilisable. Et les Russes vont vraisemblablement installer un système anti missile en Syrie. Peut-on croire qu’il n’y a pas risque d’escalade ?
La France a perdu toute capacité d’influence en Syrie depuis les fautes commises par Fabius quand il était ministre des affaires étrangères : le départ de Bachar el Assad est un préalable répétait-il. Faut-il en plus se mettre à la remorque des Etats-Unis ?
Mais le cœur du problème est ailleurs. Impose-t-on la démocratie et les droits de l’homme par des bombardements ? Si Bachar el Assad est éliminé, qui lui succèdera ? Quelques Syriens se prétendent démocrates, mais quand on voit leur façon de combattre en multipliant crimes de guerre, on reste sceptique... Les précédentes interventions occidentales n’incitent guère à l’optimisme : un Etat maffieux règne au Kosovo, le chaos est durablement installé en Libye, en Afghanistan et en Irak. Faut-il l’aggraver en Syrie ?
SALVAN   Jean

Né le 3 mars 1932
Marié (1953) – 5 enfants



Officier, général de corps d'armée


Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr
Ecole d’Etat-Major 
Ecole supérieure de guerre (ESG)

Commandant la IVème Région militaire
Général de corps d’armée (1988)
Représentant français auprès du Commandement Centre-Europe de l’OTAN (1986-1988) 
Commandant de la 1ère Division blindée (1983-1985)
Commandant du 3ème Régiment de parachutistes d’infanterie de marine
Professeur à l’Ecole supérieure de guerre

Membre correspondant du Muséum d’Histoire Naturelle en 1964
Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées de droit public
Professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux (1989-1994) ("Société et Défense") 
Président de l’Union des blessés de la face (les Gueules cassées) (1995-2002)

Ouvrages 
Liban 1978, les Casques bleus de la France (1979) - L’avifaune du Gard et du Vaucluse (1983) -

La paix et la guerre (1992) - Soldat de la guerre, soldat de la paix (2005)

Distinctions
Grand Officier de la Légion d’Honneur
Croix de la Valeur Militaire
Commandeur de l’Ordre du Cèdre du Liban
Croix d’Honneur en or de la Bundeswehr

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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