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Le parrain d’E. Macron

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Le parrain d’Emmanuel Macron
 
Un consultant du nom d’André Archimbaud a écrit un papier sur l’élection présidentielle intitulé : "France : Soros 66 %, Poutine 34 %". Le papier est mauvais mais le titre est bon. Soros a gagné l’élection présidentielle. Poutine a perdu. Soros est le parrain putatif d’Emmanuel Macron. Les choses sont plus compliquées que la présentation qui en est faite ci-dessous mais le temps est venu de "déconstruire" la déconstruction.
 
George Soros, milliardaire bien connu pour avoir fait chuter la livre sterling en septembre 1992, est un hongrois, naturalisé américain. Il est le fondateur de l’Open Society Institute dont l’objet officiel est la promotion de la démocratie et des droits de l’homme. Derrière ce vocable innocent se cache une volonté de régir le monde par l’uniformisation de la pensée et des cultures. Voilà pourquoi Emmanuel Macron a déclaré effrontément qu’il n’y a pas de culture française et que la colonisation est un crime contre l’humanité. Il était dans son rôle de "young leaders" (le lecteur intéressé découvrira que Bill Clinton, Barack Obama, Tony Blair, David Cameron et Matteo Renzi furent aussi des "young leaders" en leur temps, tous jeunes, inexpérimentés, et malléables). Il fallait s’y attendre, les remarques du jeune candidat firent des vagues, à tel point qu’il dut rétropédaler pour effacer la gaffe. Mais, le mal était fait et donnait un parfait exemple de déconstruction. Ces thèmes culturels réapparaitront dans le futur avec le même objectif : déconstruire. Déconstruire la culture qui a fait la France (et l’Europe) pour la remplacer par un nihiliste consumériste et hollywoodien… par toutes ces choses merveilleuses qu’une certaine Amérique exporte volontiers… Hébété par ce matraquage médiatique le peuple ne pensera plus par lui-même.
 
Entre-temps, le jeune président entamera des réformes économiques et sociales pour mettre la France à l’heure de la mondialisation ce qui en soit est une bonne chose… le monde évolue et nous devons évoluer avec lui… encore faut-il que cela se fasse dans le respect de nos traditions et coutumes. C’est là que le bât blesse : il n’en est pas question, la France devra les abandonner. Plus d’appellations contrôlées, de camembert, de champagne, de Graves ou de Saint-Emilion. Des marques, uniquement des marques (Coca-Cola, McDonald, Frito-Lay, etc.) C’est l’objet de l’Accord de libre-échange transatlantique (TTIP) que Donald Trump a annulé. Rassurez-vous, il réapparaitra. En fait, il est déjà là avec le Ceta – l’accord commercial que l’Union européenne a signé avec le Canada. C’est le petit frère du TTIP. Il agira sur la culture européenne par le commerce. Un rêve, direz-vous ? Non. John Quincy Adams, sixième président des Etats-Unis, missionna l’ambassadeur américain à Ottawa pour qu’un accord commercial soit conclu avec le Canada. Cela en fit un dominion. Note : les Etats-Unis tentèrent la conquête du Canada par les armes en 1812. Ce fut un échec. Le commerce se révéla plus sûr et moins couteux.
 
Revenons à la France. Pour garantir l’élection de Macron, on fit trébucher Fillon. Battre Le Pen fut un jeu d’enfant. Les Français eurent alors le choix entre la peste et le choléra. Ils optèrent pour la peste. On est tenté de paraphraser Churchill : ils choisirent la peste pour éviter le choléra. Ils auront la peste et le choléra. On pense aussi à Daladier qui, acclamé par les parisiens à son retour de Munich, marmonna : "les cons".
 
Cette volonté de domination de George Soros est partagée par David Rockefeller, le fondateur du Bilderberg groupe et de la Commission trilatérale. Les modalités de leurs projets respectifs divergent mais l’objectif est le même : l’établissement d’un gouvernement mondial au service d’une ploutocratie. Jacques Attali le verrait bien à Jérusalem.
 
En résumé : les choses sont plus compliquées que ne le laisse entendre cette note, mais l’essentiel y est. Nous sommes confrontés à une déconstruction de notre monde. Face aux Soros qui veulent effacer de notre mémoire collective la Renaissance, le Siècle des Lumières et bien d’autres choses encore, Poutine se fait l’avocat de notre passé et de notre culture. Rappelons qu’il est le produit d’un système que se voulait universaliste et déconnecté du monde ancien (c’est entendu : Poutine n’est pas un saint, mais les présidents américains non plus, et les dirigeants européens pas davantage). Cet attachement à la tradition n’interdit pas le changement, mais il exclut toute domination du monde par un petit groupe d’individus quel qu’il soit.
BASLE Jean-Luc

Né le 14 septembre 1942
Marié - 2 enfants



Economiste
 

Diplômé de Columbia University et de Princeton University

Directeur de Citigroup New York (1972-1995)
Enseignant associé aux Ecoles de Saint-Cyr Coêtquidan
Vice-président de l’Institut de Locarn



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