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Quelle aventure pour le Brésil ?

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Quelle aventure pour le Brésil ?
 
Si l’on en croit la quasi-totalité des médias français, Jair Bolsonaro, nouveau président du Brésil élu avec 55 % des suffrages, est un raciste, un homophobe, un misogyne et bien-sûr un fasciste qui va mener le Brésil tout droit à la catastrophe, en commençant par la destruction dès demain de la forêt amazonienne… Ce sont les mêmes esprits perspicaces qui prévoyaient l’effondrement économique des Etats-Unis en cas d’élection de Donald Trump !!!
 
Juste pour raison garder, parmi les trois premiers noms d’oiseaux sus-cités, on se souvient que le nouveau président du Brésil avait gagné ses galons d’homophobe, en étant un des plus fervents détracteurs de Fernando Haddad, son challenger à la présidentielle, lorsque ce dernier alors ministre de l’éducation, dans la grande tradition des gauches qui ont raté le social et essayent de se redorer l’idéologie en faisant du sociétal, avait voulu lancé son "kit gay" à l’usage des enfants des écoles à partir de l’âge de 6 ans… Là, pour le coup, il est homophobe à la manière de Vladimir Poutine, dans la mesure où il se refuse à faire l’apologie de l’homosexualité !
 
Plus sérieusement, on peut raisonnablement se demander comment un tel candidat "d’extrême droite", aux propos il est vrai relevant parfois de l’académie… du close combat – on le dit d’une force physique hors norme, a pu être élu dans un pays aussi peu égalitaire que le Brésil où la gauche conserve normalement une gigantesque réserve de suffrages. C’est un lieu commun, mais c’est avant tout en raison de l’immense déception, voire dégoût, laissé par le Parti des Travailleurs dont on ne sait plus par quel chiffre il a multiplié la corruption à tous les échelons de la société. Dans une telle gabegie, Bolsonaro fait presque figure de saint laïc pour ne trainer aucune casserole de la sorte après 28 ans de vie politique. D’ailleurs, il pourrait sérieusement décevoir s’il ne donnait pas rapidement les gages d’assainissement des mœurs publiques, que la population attend. Cela dit, compte tenu du gigantisme du pays, de l’inertie de l’appareil d’État et de la résignation ambiante historique, il est peu probable que l’on assiste à une vraie révolution en matière de politique intérieure.
 
Où cette élection pourrait avoir des effets plus préoccupants pour le Brésil, c’est à propos des positions que risque de prendre la nouvelle présidence en politique extérieure. On ne peut pas avancer aussi directement que l’élection de Jair Bolsonaro est l’aboutissement d’une procédure commencée avec l’impeachment de Dilma Roussef et la mise sur la touche de l’ancien président Lula, mais force est de reconnaître que le "grand frère" du Nord est aux commandes depuis le début du retournement de la situation. Ce ne serait pas la première fois qu’un candidat "anti-système", aux allures nationalistes, soit en réalité le pion du dit système. Sans compter que bien des militaires – et anciens militaires au Brésil comme ailleurs, sont des admirateurs de la force des Etats-Unis d’Amérique. Et du point de vue de ces derniers, outre qu’ils considèrent (Hillary Clinton l’avait rappelé au cours de sa campagne pour les présidentielles) le Brésil dans leur pré-carré continental, ses richesses sont les bienvenues pour combler la faillite permanente de l’empire. Nous devrions assez rapidement assister à un test : quelle sera la position du nouveau président de la république fédérative du Brésil vis-à-vis de ses partenaires des BRICS ?

Envoyé par l'auteur, 31 octobre 2018
GEVIGNEY de  Hubert

Né le 9 septembre 1951
Marié – 5 enfants


Officier de marine, Contre amiral


Engagé volontaire au sein des équipages de la flotte (1970)
Officier stagiaire à l’école commando (1984-1985)
Ecole supérieure de guerre navale brésilienne (Rio de Janeiro) (1993-1995)
 
Officier en troisième puis en second du patrouilleur La Lorientaise (Polynésie Française) (1979-1981)
Officier en second du dragueur océanique Ouistreham (Océan Indien) (1981-1982)
Commandant du bâtiment école Guépard (1982-1984) 
Officier en second du commando Jaubert (1985-1987)
Commandant en second de l’aviso-escorteur Cdt Bory (guerre Irak-Iran) (1987-1988)
Commandant le commando Jaubert (1988-1990)
Directeur de l’enseignement de l’école des fusiliers marins (1990-1992)
Commandant la base navale française de Dakar (Sénégal) (1992-1993)
Commandant en second de la frégate Latouche-Tréville (Océan Indien) (1995-1997)
Chef du service intérieur du porte-avions Charles-De-Gaulle (1996-1997)
Commandant du bâtiment de transport spécial Bougainville (Océan Pacifique) (1997-1999)
Officier détaché à Rio de Janeiro (transfert du porte-avions Foch à la marine brésilienne) (2000)
Chef d’état-major de la force des fusiliers marins et commandos (2000-2001) 
Attaché naval près l’ambassade de France à Brasilia (2001-2004)
Attaché de défense près l’ambassade de France à Lisbonne (2004-2007)
Contre-amiral (2008)

Ouvrages
Dans les bars des bouts du monde (2010)- Zéraq, la mer sur le vif (2011)- Aux passantes des bouts du monde (2012)- Sorties de table (2012)- Sur le coffre de l'Homme Mort (2013)- Bras de fer à Moruroa (2013)- La diva, le président et autres face-à-face (2014)

Distinctions
Officier de la Légion d’honneur
Croix de la Valeur militaire

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