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Bolsonaro, petit frère sud-américain de Trump
 
CHRONIQUE - Le Brésil a massivement voté contre l'insécurité, la violence, le désordre. Les étiquettes politiques ne sont venues qu'après. Loin après.
 
Le Brésil a comme devise nationale "Ordem e progresso", une formule du penseur positiviste français Auguste Comte. À la même époque, un autre penseur français, Charles Péguy, écrivait : "L'ordre, et l'ordre seul, fait en définitive la liberté ; le désordre fait la servitude."
Les récentes élections brésiliennes ont été placées sous les auspices de ces deux grands intellectuels français du XIXe siècle. Le Brésil a massivement voté contre l'insécurité, la violence, le désordre. Les étiquettes politiques ne sont venues qu'après. Loin après.
 
Les médias français de gauche (formule largement pléonastique !) nous ont alertés depuis des semaines sur les dangers du "candidat d'extrême droite".
Jair Bolsonaro était d'abord - et seulement - cet ancien capitaine de l'armée, nostalgique de la dictature militaire qui domina le Brésil de 1964 à 1985.
Nos chers journalistes oubliaient seulement qu'à l'époque, la dictature militaire en Amérique du Sud était le contrepoint - soutenu par les États-Unis - à la poussée communiste, encouragée par Cuba et l'URSS. Ils oublient aussi qu'aujourd'hui, la seule dictature dans la région sévit au Venezuela et est de gauche, ou pour reprendre la terminologie médiatique, "d'extrême gauche". Dictature qui s'accompagne de la ruine - au moins, la dictature de droite, au Chili, au Brésil ou en Argentine, avait permis une certaine amélioration économique.
Et quand ce n'est pas la dictature, c'est la corruption qui gangrène la gauche : le Brésil a un ancien Président, Lula, en prison, et celle qui lui a succédé, Dilma Rousseff, a été destituée par la justice, elle aussi pour corruption !
 
Plus largement encore, Jair Bolsonaro est le petit frère sud-américain de Donald Trump. Ses saillies sur les femmes, les gays, les noirs, ont scandalisé les médias. Comme pour Trump, elles n'ont nullement découragé les classes populaires de voter en masse pour lui. Les classes populaires se moquent éperdument des "vapeurs" moralisatrices des bien-pensants ; elles font même désormais de la capacité à affronter et résister à la bronca médiatique un critère de courage et de rectitude. Ce vote, après celui de Trump, mais aussi d'Orban en Hongrie, ou de Poutine en Russie, prouve que ces classes populaires se rebellent contre la dictature des minorités, qu'elles soient sexuelles ou ethniques, qu'un discours libéral, depuis les années 70, a forgée. Alors que la gauche et l'Église catholique se soumettaient à ces nouveaux tyrans bien-pensants, les églises évangéliques sonnaient le tocsin et rameutaient les pauvres derrière elles. Et derrière le candidat Bolsonaro.
 
À la fin du XXe siècle, le Brésil passait pour un modèle des bienfaits de la mondialisation et du multiculturalisme. Il était donné en exemple à la France. Vingt ans après, le modèle fait grise mine : la croissance s'est ramollie, la violence s'est encore accrue. Le libéralisme multiculturel est bien le régime de la guerre de tous contre tous. Les Brésiliens ont choisi la survie avant le crédit.

Paru dans Le Figaro magazine, 2 novembre 2018
ZEMMOUR Eric

Né le 31 août 1958
Marié – 3 enfants


Journaliste politique, écrivain


Institut d'études politiques (Paris)

Membre du jury au concours d'entrée à l'ENA (2006)
Valeurs actuelles – Chroniques (depuis 1999)
Marianne – Chroniques  (depuis 1996)
Le Figaro – service chroniqueurs (depuis 1996)
Info-Matin – éditorialiste (1995)
Quotidien de Paris - service politique (1986-1994)

Ouvrages
Balladur, immobile à grands pas (1995) - Le Livre noir de la droite (1998) - Le Coup d'Etat des juges (1998) - Le Dandy rouge (1999) - Les Rats de garde (co-écrit avec P. Poivre d'Arvor) (2000) - L'Homme qui ne s'aimait pas (2002) - L'Autre (2004) - Le Premier sexe (2006) - Petit Frère (2008) - Mélancolie française (2010) - Le Bûcher des vaniteux (2012) - Le Suicide français (2014) -


Sur la scène audio-visuelle:
Sur RTL
– Z comme Zemmour (depuis 2010)
Sur la chaîne câblée
Histoire – Le grand débat
Sur RFO (Tempo) – L'Hebdo
Sur France 2 – On n'est pas couché (2006)
Sur i>Télé – çà se dispute (depuis 2003)

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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