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Etat du monde

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Etat du monde

Le monde , "quo vadis" : crises en tous genres, fragilité de l’ordre international, tentation des politiques de diriger "à l’émotionnel" aux dépens du rationnel , replis identitaires ; la nécessité pour les politiques de reprendre la main en se concentrant sur un "mix " anticipation des crises et gestion sélective des informations, de développer l’éducation des citoyens et de retrouver une "colonne vertébrale" dans les actions qu’ils mènent dans la "cité" au risque d’être emportés par des vagues de mécontentement en tous genres.

L’ordre international est fragile et en évolution constante : au cours du seul XXème siècle notre monde a été le théâtre :
- de deux guerres mondiales,
- de la décolonisation d’un nombre importants de territoires qui sont devenus des Etats nations issus des décombres de l’Empire Ottoman (les Traités de Sèvres de 1920 et celui de Lausanne de 1923 grâce duquel les Turcs obtiendront que la possibilité de création d'un Etat Kurde mentionnée dans le Traité de Sèvres soit annulée),
 - ou par accord entre puissances influentes de l’époque (accords Sykes Picot de 1916, qui répartit en grande partie le partage des territoires au Moyen-Orient actuel, notamment le Liban et la Syrie pour la France, la Palestine, la Jordanie créée en 1920 etc.)  
- et le découpage géographique de territoires de l’Afrique noire, certains Etats changeant de mandataire en fonction des aléas des guerres mondiales (territoires administrés par les Allemands (Rwanda, Burundi, Tanganyika, Togo, etc..) et réalloués aux puissances déclarés victorieuses (Belgique, France, etc..) .

Toujours au cours de ce siècle, un autre empire est né, l’Empire soviétique est né ce qui allait progressivement nous conduire vers un monde bipolaire sur fond d’affrontement idéologique, militaire mais aussi économique (l’exploration /exploitation du pétrole, des matières premières va devenir un enjeu de la concurrence acharnée entre ces deux nouveaux empires les Etas-unis d’Amérique et l’URSS.
L’état d’Israël va aussi voir le jour et cherchera à trouver sa place dans un orient compliqué, tandis que la crise de Suez de 1956 marque le passage de témoins entre las anciennes puissances. La Grande-Bretagne et la France au profit des nouveaux "maîtres du monde", Etats-Unis et URSS.
La France essaiera de maintenir son rang international en intégrant la CEE qui deviendra l’UE au début de notre siècle actuel (Traité de Lisbonne 2008), une structure originale souhaitant instaurer une espace irréversible de paix en Europe occidentale d’abord puis en Europe tout court après la chute du mur de Berlin en 1989 et la décomposition de l’Empire Soviétique qui s’en suivit.
Au cours de ces années de confrontation sévère entre Etats-Unis et URSS les pays nouvellement entrés dans le concert des nations et des nations dites unies (création de l’ONU en 1945 /46 avec la kyrielle d’organisations satellites, FMI , BIRD) préfèrent former un groupe de pays "non-alignés" (Conférence de Bandung de 1955 avec 77 pays signataires), tandis que les accords d’Helsinki de 1975 visait à éviter qu’un déluge de feu nucléaire suite à un conflit entre les deux empires du moment n’anéantisse notre planète.

Avec la fin de la guerre froide et du communisme international, les Etats-Unis ont eu des difficultés à trouver un opposant de taille (coalition contre les forces du mal, guerres contre l’Irak  guerre en Afghanistan etc…) , l’Europe se cantonnant à son rôle de puissance commerciale et défenseur pacifique du multilatéralisme, des droits de l’homme et des valeurs démocratiques. La mondialisation à l’œuvre allait cependant faciliter l’arrivée d’un nouvel acteur au niveau mondial, la Chine, membre proéminant des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) mais aussi la "promotion " de facteurs de crises du national au niveau régional et mondial (crime organisé, climat, conflits religieux etc...) sans parler des empires qui rêvent de renaitre (Russie, Turquie etc..) voire de califat. 
Parmi ces crises, celle de la vague de migrants vers l’Europe en particulier soulève plusieurs problèmes dont celui de l’anticipation de crises à venir et ce malgré une avalanche d’informations disponibles grâce aux systèmes modernes de communication ce qui pose le problème du traitement intelligent de ces informations. La tentation de facilité consistant pour les politiques à faire du " suivisme " de l’information en faisant la part belle à "l’émotionnel" (choc des images) est mortifère à terme. Cette approche s’appuie sur l’acculturation d’une partie croissante des populations en particulier mais pas uniquement sur le continent européen ; le risque étant à double tranchant car il est possible de constater de plus en plus de replis identitaires ici et là (peur de la mondialisation et des risques collatéraux réels ou imaginaires prêtés à cette dernière : risques économiques mais risques de guerres atomique, cyber guerre, etc.). Face à ces crises d’un nouveau genre qui se superposent aux anciennes, le rôle du politique doit redevenir central y compris dans sa tâche d’éduquer au sens large (y compris développer l’esprit critique etc..) au risque de laisser notre planète finir sa course prématurément.


La précarité de l’Ordre international : est-ce vraiment nouveau ? Les changements
 

          Un ordre en mutation

Si l’ordre international a semblé être un acquis c’est qu’il y avait une sorte de modus vivendi (guerre froide, un équilibre de la terreur "rassurant", la seule surprise pouvant être la destruction de la planète par un conflit nucléaire de grande envergure) soit, à travers un prisme européen.  L’Europe consciente qu’elle était de moins en moins dans le " siège du conducteur " de la maison monde se satisfaisait de la promotion de son "soft power" qu’elle cherchait à exporter à tout prix - faites de la démocratie, vous ne ferez pas la guerre. La chute du communisme, la montée en puissance de la Chine. La "renaissance" de la Russie de Poutine/Medvev aprèsl’épisode désastreux de Eltsine, les conflits du Moyen-Orient à alliances variables, les tensions en Asie du Sud-Est et en Corée, les aspirations du Président Turc Erdogan, etc.. sont autant de sources de conflits, de tensions qui seraient restées contenues du temps des deux grandes super puissances (théorie du "dual containment " de l’administration américaine appliquée au conflit Iran-Irak des années 80).
On ajoutera à cela que soit la prudence excessive des gouvernements occidentaux par crainte d’un jugement négatif de leurs opinions nationales respectives en cas d’échec de l’intervention militaire (guerre d’Irak pour la France et plus récemment pour la Syrie), soit des interventions militaires aux conséquences désastreuses, mal évaluées (intervention franco-britannique en Libye etc..).
 
           Besoin d’anticipation et de gestion intelligente des flux d’informations
Il est souvent entendu ici ou là  "qu’on n’avait pas vu venir la crise" ! Pourtant ce n’est par manque d’envoyés spéciaux de toutes sortes (1) ni les résolutions des Nations Unies (l’une des plus "célèbres" restée lettre morte est la 242 par laquelle il était demandé à Israël de revenir sur les frontières de 1948), les sanctions économiques et autres appliquées. Ou bien, n’est-ce pas plutôt que les dirigeants de ces pays "leaders" du monde noyés qu’ils sont par un flot continu d’informations en tous genres, n’opèrent pas le tri nécessaire de ce qui est important et consacrent plus de temps à suivre les sondages, préoccupés avant tout par la continuation de leur avenir politique.
Il est vrai que la rupture de la séparation assez nette entre conflits /crises intérieures (dont la gestion relevait de la souveraineté de l’Etat concerné) et crises extérieures complique un peu plus les choses avec l’internationalisation des crises internes antérieurement (crime organisé , les membres de DAECH revenus d’Irak et de Syrie qui considèrent la zone du Sahel comme leur nouveau territoire d’expansion ignorant les frontières existantes des pays concernés, Mali, Niger, Mauritanie, Sénégal, Tchad entre autres ).
Outre les zones identifiées de points "chauds", l’Ukraine, le Moyen-Orient avec Israël, l’Iran, la Syrie, l’Arabie Saoudite, la Chine, les Corées etc.. il convient d’ajouter le déplacement du centre de gravité du monde de l’Europe vers l’Asie (avec la mise en place d’une stratégie agressive de la Chine comme en témoigne ses plans OBOR (One belt one road) visant à prendre à son compte les routes commerciales maritimes et terrestres de l’Asie vers l’Europe  tout en effectuant son marché de matières premières en Afrique, les Etats-Unis tirant profit indirectement de ce glissement sauf que ce dernier contribue à l’affaiblissement plus encore du système de démocratie à l’occidentale et que indirectement aussi il tend à favoriser l’émergence de modèles alternatifs de pouvoir, y compris renforcer des pouvoirs autoritaires (Turquie, d’Erdogan etc..). Tout ceci dans un contexte de dérèglement climatique, de migrations incontrôlées, de cyberattaques en hausse constante, des éléments qui contribuent à crisper les relations entre les politiques, les élites et les citoyens

Dangers mondialisés / peurs" localisées"
 
           Un monde "village" où tous les "people" ne sont pas bienvenus
Si le monde est devenu un "village" avec ses attraits, ses opportunités nouvelles en tous genre générées par la mondialisation, la globalisation, non seulement ces opportunités n’ont pas profité à tous, elles ont aussi véhiculés des peurs, des angoisses parfois irrationnelles. Il est indiscutable que certains risques planétaires (les engins nucléaires, mais de plus en plus les cyberattaques) font peser des risques réels à notre planète ou au moins en partie ; si la sensibilisation du "citoyen monde" a été inégale dans le temps et selon les continents les effets du changement climatique sont plus perceptibles par le même citoyen soit qu’il en pâtisse directement (montée des eaux, ouragans etc.) soit qu’il le constate par media interposés.
Il en a est de même en ce qui concerne les vagues migratoires récentes, non seulement humaines mais aussi végétales, animales (2) (le bourdon asiatique), virales, en oubliant que les migrations ont existé de tous temps.
L’homme d’aujourd’hui mettra rapidement sur le dos de la mondialisation l’arrivée de virus souvent mortels (grippe aviaire, Ebola, sida, chinkgungounia etc…) de contrées lointaines, dans sa région, son pays. Un fléau que l’on pensait n’être qu’un souvenir lointain (la peste noire  et plus près de nous la grippe espagnole).
En ce qui concerne les migrations humaines (on rappellera ici qu’il est estimé que ce sont 50 millions d’européens qui ont émigré vers les Etats-Unis au cours de la seconde moitié du 19ème siècle et début du 20ème (source Y. Gazzo) migrations provoquées par les famines, les difficultés économiques, voire l’intransigeance religieuse (conflits protestants catholiques, pogromes en Europe centrale etc…) et par l’appel d’air que constituaient les Etats-Unis dans l’espoir de construire un avenir meilleur : à l exception de la période 1929 /33 période pendant laquelle le solde migratoire fut négatif, de nombreux migrants préférant retourner dans leur pays d’origine.
Certains chiffres, certaines projections (migration de 200 millions d’africains provenant d’Afrique sub-saharienne d’ici 2050 avec des conséquences non négligeables sur l’Europe, sa culture, ses pratiques religieuses, etc.. (cf. rapport de Nations Unies de 2000).

           Divorce entre politiques et administrés
Ces éléments pris pêle-mêle donnent de plus en plus l’impression à certains qu’ils ont été floués par leurs dirigeants, qui estiment qu’il est urgent de rétablir des frontières nationales. Ainsi lors de l’incident nucléaire de Tchernoby certains hommes politiques et journalistes ont pu faire croire un temps que le nuage radioactif provenant de la centrale endommagée éviterait la France ! voire revenir à des entité régionales plus petites encore (Catalogne, Corse, Wallonie, Flandre) en espérant qu’ainsi il sera possible de mieux maitriser son destin.
Le destin de ceux et celles qui partagent la même identité. Mais quelle identité ethnique (Berbère ou Arabe, Tutsi ou Hutu, Wallon ou Flamand etc..), religieuse (Grec-catholique ou Melkite, Jacobite ou Syriaque, Chiite ou Sunnite, etc..), culturelle ; selon l’historien Marc Bloch le monde Européen est une création du Moyen-Age qui presque du même coup rompit l’unité, relative de la civilisation méditerranéenne, et jeta dans le creuset les peuples jadis romanisés avec ceux que Rome n’avait jamais conquis. 
C’est alors qu’est née l’Europe au sens humain du mot et ce monde européen n’a depuis jamais cessé d’être parcouru par des courants communs.
Peut-on en déduire que l’identité, les identités seraient fixes et immuables ? Non selon Stuart Hall ("quel est ce noir" : article "dans culture populaire noire de Amsterdam", Paris 2007)". L’identité est la "somme des positions offertes par un discours social dans lequel quelqu’un veut s’investir à un moment donné" s’inspirant ainsi du modèle de Jacques Derrida de "la différence". Cette identité réinventée, évolutive, somme d’identités acquises au cours de la vie, des vies s’oppose ainsi à celle de l’identité de repli du rejet de l’autre en jouant sur les peurs de l’autre, du système.
 
L’Europe bouc émissaire : l’Europe et son "soft power" n’arrête pas d’en faire les frais ; lors du referendum sur le projet de constitution européenne la peur du "plombier polonais " accusé avant l’heure de prendre le travail aux Français suite à l’entrée des pays d’Europe centrale dans l’UE avait fait mouche auprès d’un certain nombre d’électeurs. La peur des migrants venant d’Afrique et du Moyen-Orient en particulier est utilisée à nouveau par certains courants xénophobes, identitaires et nationalistes. Ces réveils "nationalistes" sont perceptibles notamment en Europe mais pas exclusivement, mélange de la méfiance de populations vis-à-vis de dirigeants d’organisations politiques (l’UE), qui sont suspectées de laxisme, d’autisme par rapport à des problèmes de la vie quotidienne, et de l’opportunisme de certains politiques qui font d’un retour à la nation à la région la condition sine qua non d’un  retour à un mieux vivre et à un destin contrôlé par les citoyens, en oubliant a' passage les "tendances lourdes" de l’histoire, en entretenant par exemple l’illusion que les vagues migratoires pourront être stoppées, que le bien être économique des citoyens s’améliorera en s’affranchissant de l’Euro par exemple. 
Le nationalisme n’est pas nouveau. Le concept nationaliste serait apparu à Rome après la prise de la ville par les Celtes ("les nationalismes émergents" Académie des sciences d’Outre-Mer, DACRES, 2016). La différence entre les nationalismes émergents et ceux d’aujourd’hui, au moins en Europe, tient au fait que ceux émergeants visent à se rattacher voire à agrandir ou conquérir un territoire. L’Europe qui a longtemps été un terreau pour les nationalismes avec les dérives que l’on connait et après avoir essayé de les dépasser par la mise en place d’une structure sui generis L’UE, assiste aujourd’hui à un retour à un nationalisme, non plus offensif mais défensif de repli.
Quelles seront les réponses des dirigeants politiques européens face à ce détricotage de l’Europe, à ce retour à un nationalisme, qui s’opposera de plus en plus à d’autres sources d’organisation de la société y compris celles souhaitées par les mouvements religieux( califat).

 

Le rôle central des responsables politiques pour le monde de demain : plus d'anticipation et d’action réfléchie, moins de" suivisme" et "d'émotionnel "


          Ruptures en tous genre : le sauvetage par l’éducation, la formation ?
Depuis quelques années, plusieurs ruptures plusieurs déséquilibres durables ont été constatés un peu partout dans le monde, entre riches et pauvres, écologiques, culturelles sociales, démographiques etc…
Dans les pays occidentaux principalement les politiques ont souvent pris une position de "suivisme" de l’opinion publique elle-même de plus en plus sous l’emprise de l’option "créateur d’émotion (le choc des images), au détriment du rôle utile qu’ils pourraient jouer plus encore comme éveilleur de conscience, le tout sur un fond de  rejet par certains du système politico-social dans lequel ils évoluent (défiance par rapport aux hommes politiques, aux institutions voire par rapport à la laïcité etc..).
Des segments de population de plus en plus importants ne disposant pas faute d’un bagage de formation qu’ils auraient dû acquérir au sein du système scolaire, ou ne souhaitant pas exercer leur sens critique. Tout ceci dans un contexte, répétons-le, de mondialisation dans lequel les valeurs occidentales (droits de l’homme, démocratie, état de droit), sont contestées de plus en plus soit parce que à l’expérience les pays occidentaux appliquent ces valeurs de façon très subjective et en fonction de leurs intérêts du moment (Problème Kurde, conflit israélo-palestinien etc..).
Par conséquent, ils sont "démonétisés", par l’application de valeurs différentes. Rappelons les valeurs asiatiques au nombre de 5, énumérés à l’époque par le Président Malaisien Mahatir (3). D’autres s’orienteront vers une identité de substitution religieuse par exemple en renonçant à leur identité d’aspiration. Ceci est le cas de personnes d’origine étrangère et de confession musulmane qui trouveront une identité religieuse qui les satisfera plus que l’identité française pour différentes raisons (Y. Gazzo "les cicatrices du vent : itinérances d’une identité" p. 136 - le Fantascope, 2008).

La réflexion doit supplanter l’émotion chez les décideurs (suiveurs ?) politiques : cette primauté donnée à l’émotion (crise des migrants actuelle) tend à réduire l’espace qui devrait être dédié à la réflexion politique, et c’est bien là la tâche des hommes politiques à savoir diriger un pays dans ses limites géographiques. Cette émotion érigée en baromètre du sentiment humanitaire que l’individu, la société est censée partagée se mélange alors avec un sentiment de pitié, de compassion (mais aussi parfois et de plus en plus de crainte de rejet de l’autre) qu’il ne faut pas confondre avec le sentiment de justice. Cette mise à l’écart de la "raison" par rapport à l’émotion "risque d’être le coup fatal porté à l’UE et aux valeurs qu’elle porte, de plus en plus de ses membres ne lui reconnaissant plus sa légitimité d’action (pays d’Europe centrale dit groupe de de Visograd mais aussi l’Autriche, l’Italie). L’avenir nous le dira.
A l’opposé, on constate la montée en puissance de pays qui privilégient un pouvoir fort (Russie, Chine, Turquie, mais aussi d’une certaine façon l’Amérique de Trump ) et qui ont tendance à s’éloigner du multilatéralisme, un axe fort de la politique de l’UE) en privilégiant les accords bilatéraux de circonstance ( Russie et Turquie sur la Syrie Etats-Unis et chine avec la Corée etc…) dans un contexte où les coalitions solides du passé (basées sur des valeurs communes, d’intérêts convergents, une idéologie commune) ont laissé la place à des coalitions ponctuelles pour un objectif précis (Rumsfeld 2001).
D’autres souhaitent s’appuyer sur le côté fédérateur de la  religion pour asseoir leur pouvoir (les Présidents Poutine avec l’Eglise Orthodoxe, le Président Erdogan avec l’Islam, sachant que les monarchies musulmanes, le Roi de Jordanie descendant du Sharif Hachémite de la Mecque chassé par les Wahabites au pouvoir depuis un siècle sur le Royaume d’Arabie Saoudite, et le Souverain Marocain, commandeur des croyants ), ou pour en installer un nouveau ( Califat par exemple ).
Comme le souligne Ortega y Gaset "ce sont des chefs religieux ou des capitaines aventureux qui jettent les fondements d’une communauté" là où certains comme Abdel Hamid Brahimi estiment que l’Islam et l’arabisme sont deux éléments intégrateurs du monde arabe (source Y. Gazzo l’Afrique du Nord d’hier à demain  Ed. Economica -1979 p. 199 à 203) ou encore Hélie Denoix de Saint-Marc qui lui fait écho "on ne fédère pas les âmes".  
Ce qui semble se dessiner pour le futur semble être une Europe affaiblie qui pourrait revenir à ses vieux démons nationalistes et qui devra faire cohabiter harmonieusement différentes communautés religieuses et dont le dialogue avec des pouvoirs autoritaires s’appuyant sur un monothéisme (l’Eglise Orthodoxe, l’Islam Sunnite en Turquie, l’Islam Chiite en Iran, etc.) sera de plus en plus compliqué. 
Les religions " dons de l’histoire" ou au contraire comme le souligne Castoriadis sont-elles des "obstacles au développement fournis gratuitement par l’histoire ".
 
           "no future" ou le sauvetage par le développement ?
C’est par le développement économique et social compris de façon la plus large, c’est à dire en s’appuyant sur l’éducation des individus, qu’il devrait être possible de redonner un sens à la raison, à des solutions raisonnées et raisonnables aux grandes interrogations concernant l’avenir de notre planète. Les projections de toutes sortes, démographique, climatique, politique etc.. ont de quoi inquiéter mais comme nous le rappelle B. de Jouvenel "si le présent est cartographiable le futur ne l’est pas " et au cours des années à venir de nombreuses inflexions aux projections actuelles pourraient modifier le cours de l’histoire, dans un sens positif c’est ce que nous pouvons souhaiter de mieux.
 
(1) j’ai eu le privilège d’accompagner l’envoyé Spécial Européen S.E. M. Moratinos, lorsque j’étais en poste en Jordanie accrédité au Yémen 1944 : 98
(2) Cf. Y. Gazzo "Migrations" - L’impératif du développement - Art dans Magistro et dans ASAF.
(3) la nation prime sur la communauté, la société sur l’individu, la recherche du consensus sur la querelle éventuelle, la recherche de l’harmonie raciale et religieuse, et le soutien que doit apporter la communauté à l’individu, (source Y. Gazzo, l’ASEAN asiatique Manille 2000).

Envoyé par l'auteur, 28 janvier 2019

GAZZO Yves

Né le 17 décembre 1946
Marié – 5 enfants





Ambassadeur de l'Ordre souverain de Malte auprès de l'Union européenne
Avocat inscrit au barreau de Paris


Docteur d’État es sciences économiques, Montpellier
Docteur d'État ès Sciences économiques de Paris, Sorbonne I
Diplômé de lInstitut d’études politiques (IEP) de Paris.
Ancien élève "l'Institut national des Langues et Civilisations orientales" (Arabe littéraire)
Chargé de cours à l'Institut d'études politiques de Paris entre 1985 et 1994
     (3ème cycle sur le monde arabe)

à la Commission européenne 
Ambassadeur de l’Union européenne près le Saint-Siège, l’Ordre de Malte et les organismes des Nations Unies basés à Rome (depuis 2009)
Directeur de la représentation en France (depuis 2003)
Ambassadeur, chef de la délégation
     en Éthiopie et accrédité à Djibouti (2001-2002)
     aux Philippines (1999-2001)
     en Jordanie et accrédité au Yémen (1994-1998)
Chef adjoint à l’unité ajustement structurel à la Direction générale à Bruxelles (1990-1994)
Conseiller économique à la délégation au Mali (1988-1990).

Conseiller en relations internationales au bureau européen de la banque mondiale
     à Paris (1985-1988),
Economiste à la Banque mondiale à Washington (États-Unis) entre 1980 et 1984
Conseiller économique au centre d’investissement
     de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)
     à Rome (Italie) (1975 – 1979)
Conseiller économique au ministère du Plan du Niger (1973-1974)
Auditeur chez Arthur Andersen (1971-1972)

Membre titulaire de l'Académie des Sciences d'Outre-mer (Élu en 2006)
Membre du comité scientifique
     du Centre de développement des études juridiques (Cedej) au Caire depuis 2000
Membre du jury du Prix méditerranéen du livre

Ouvrages
L'Afrique du Nord d'hier à demain (1979) - Pétrole et développement, le cas libyen (1980) - La politique agricole des Etats-Unis (1984) - L'Endettement dans le monde Préface de Raymond Barre (1989) - Les Cicatrices du vent Préface de Michel Crozier (2008) - Sourire d'Harrar (2012) - Les chrétiens d orient en danger de mort (2014)

Nombreux articles et rapports, conférences et interviews (radios et télévisions françaises et étrangères)

Distinctions
Chevalier de la Légion d'honneur
Grand-Croix de l'Indépendance (Jordanie)
Grand-Croix de l’Ordre Chevaleresque Pie IX ( Saint-Siège)

Grand-Croix de l’Ordre pro Merito Melitensi de l’Ordre de Malte
Commandeur de l’Ordre de Sika Tuna Rang Lakan (Philippines)
Officier de l’Ordre National du 27 juin 1977 (République de Djibouti)
Chevalier de l'Ordre du Mérite (République de Pologne)

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