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Dictadura et dictablanda

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ont deux mots pleins de sel pour distinguer les dictatures, en les qualifiant : dictadura et dictablanda, "dicta-dure" et "dicta-douce" (ou "dicta-molle" si vous préférez).
Dans la première catégorie, on peut classer les précédents célèbres de Staline, Hitler, Mao, Pol Pot, Castro… avec des programmes arrêtés de rééducation, déportation ou génocide pur et simple pour tous leurs opposants, et donc plusieurs centaines de millions de morts à la clé, d’octobre 1917 à aujourd’hui.
Dans la seconde, force est bien de placer les chefs d’Etat autoritaires, plus ou moins éclairés, peu ou prou corrompus (pas tous), qui ont maintenu chez eux d’une main de fer la paix de l’ordre" (et souvent aussi l’assurance de leurs privilèges), au prix de quelques centaines à quelques milliers de victimes - pas toujours innocentes - par an : le général Franco en Espagne (1939-1975), Batista à La Havane (1940-1959), la dynastie des Somoza au Nicaragua (1947-1979), celles des Duvalier en Haïti (1957-1986), Pinochet au Chili (1973-1990) et Videla en Argentine (1976-1981)… pour ne citer que les principaux. Plusieurs d’entre eux ont sauvé leur pays du goulag communiste, crime que la gauche et la "droite libérale" française ne leur ont jamais pardonné.
Au Proche et au Moyen-Orient, les dictateurs de la seconde catégorie s’appelaient Pahlavi en Iran (1941-1979), Hussein en Irak (1979-2003), Hafez el-Assad en Syrie (1970-2000). La politique extérieure des Etats-Unis d’Amérique a renversé les deux premiers, avec ou sans notre aide, comme elle avait conspiré à la promotion ou à la chute de tant de régimes latino-américains.
Personne ne saurait dire encore avec certitude qui a conspiré puis orchestré dans un délai record la chute du président Ben Ali, patron d’une grande maffia présidentielle mais digne successeur d’Habib Bourguiba (1957-1987) dans la lutte contre l’analphabétisme et farouche adversaire des islamistes en Tunisie.
Une seule chose est certaine : 99% des détenus "politiques" qui sortent aujourd’hui des prisons tunisiennes sont des militants islamistes aguerris, motivés, convaincus… Si les militaires prennent demain la réalité du pouvoir en Tunisie, avec les ayatollahs, le djihad et la charia derrière, comme au Pakistan, cette chute ne sera pas plus favorable à la paix et à la démocratie locales que celles de Sadam Hussein ou de Rezza Pahlavi.
Il faudra rayer la Tunisie des destinations touristiques ou des lieux de coopération internationale sans danger, et surtout rayer tout espoir de voir un jour le Maghreb se rapprocher de nous. La politique du pire restera toujours la pire des politiques, qu’on le veuille ou non. Michèle Alliot-Marie s’est montré bien maladroite, sur la forme, mais il faudra peut-être un jour - hélas ! - lui donner raison.
21 janvier 2011

ABEL Olivier

Né en 1953
 
Philosophe
 

Etudie la philosophie à Montpellier puis à Paris.
Soutient un DEA sous la direction conjointe de Paul Ricœur et Emmanuel Lévinas
     (sur "la passivité selon Husserl").
Maîtrise sous la direction de P. Ricœur sur "la fonction imaginaire de la parole"
Entame une seconde ligne de formation autour de l'histoire de la philosophie
     (Platon, Spinoza, Leibniz, Kant, Ravaisson, Bergson, Schopenhauer particulièrement à l’agrégation)
     centrée sur la question "Qu’est-ce que penser l’être vivant, habitant et mouvant ?"
Prépare ensuite son doctorat de philosophie sous la direction de Paul Ricœur sur
     "le statut phénoménologique de la rêverie chez Gaston Bachelard "
Obtient son habilitation à la direction de recherche en philosophie sur
     "l'intervalle du temps éthique entre le courage et le pardon".
Enseigne la philosophie au Tchad en tant que volontaire du service national (lycée de Bongor)
     puis à Montpellier et à Istanbul (lycée Galatasaray devenu Université de Galatasaray)
Professeur à la Faculté de théologie protestante de Paris  depuis 1984
 
Ouvrages
La justification de l'Europe, Genève : Labor et Fides, 1992 (collection Entrée Libre).
Avrupa'da etik, din, ve laiklik(avec Serif MARDIN et Mohamed ARKOUN) Istanbul : Metis, 1995.
Paul Ricœur, la promesse et la règle - Michalon, 1996
     (traduit en portugais A Promessa e a Regra Paul Ricœur, Sao Paulo : Instituto Piaget,  
     2004).
L'éthique interrogative - Presses Universitaires de France, 2000.
L’amour des ennemis et autres méditations sur la guerre et la politique- Albin Michel, 2002.
Le mariage a-t-il encore un avenir ?- Bayard, 2005, collection "Le temps d’une question"
     (traduit en italien Il matrimonio avrà un futuro ? Torino : Ananke 2007).
La conversation - Gallimard, 2006.
Vocabulaire de Paul Ricœur, avec J.Porée, in Vocabulaire des philosophes Volume 5 -
     Ellipses, 2006, p. 1017-1079. Et en livre séparé, Ellipses, 2007.
 

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