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De par le monde (441)

Yémen   Je suis toujours abasourdi par la façon dont nos politiques, nos ONG et nos médias mettent le projecteur sur certains conflits et gardent le silence sur d’autres. Pendant quatre ans, rien ne nous fut épargné en Syrie et à Alep ; sauf le nombre de victimes civiles, nous avons tout su, un an durant, des combats autour de Mossoul. Rien sur le Yémen, sauf six pages dans Le Monde la semaine dernière…   En janvier 1990, je visitais le Yémen. J’avais été frappé par ses paysages somptueux, par la corruption grandissante -même à la poste on tentait d’arnaquer les touristes qui demandaient des timbres pour l’étranger, par la pollution (des sacs en plastique partout !). L’Islam intégriste était déjà présent, encore discret : je n’ai vu lors de mon séjour qu’une femme au volant d’une voiture, toutes étaient voilées. Mais il n’y avait pas de police religieuse comme en Arabie saoudite. Tous…
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Yémen : silence ! on massacre !   Alors qu’elle ne participe que très marginalement aux opérations contre Daech, l’Arabie saoudite a été capable de réunir autour d’elle une coalition internationale de 150 000 hommes (1) pour conduire, depuis plus de deux ans, une sanglante guerre d’agression au Yémen (opération Tempête décisive). Elle a retiré en cette occasion la dizaine d’aéronefs qui participaient mollement aux bombardements contre Etat islamique, pour en déployer une centaine à sa frontière sud. Les Saoudiens affirment que leur coalition a largué 90 000 bombes pendant cette guerre qui dure depuis deux ans. Cela fait 123 bombes par jour, soit 5 par heure. Rien qu’en avril 2015, la coalition a conduit plus de 1 700 raids aériens, soit jusqu’à 80 certains jours ; on aurait bien aimé voir ses moyens engagés contre Daech. Pourquoi les Saoudiens ont-ils déployé une telle armada, mobilisé leur Garde nationale et battu le rappel de leurs alliés arabes,…
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Déclin annoncé des néoconservateurs   Renaud Girard a récemment annoncé le crépuscule des néoconservateurs. (1) Ce qui surprend, ce n’est pas tant son annonce que sa présentation de la pensée néoconservatrice. Elle serait un "messianisme démocratique". Si elle l’était, pourquoi serait-elle condamnée ? Non, hélas. Elle n’est ni messianique ni démocratique. Elle est brutale et destructrice. C’est ce qui la condamne.   Selon ses pères, Bill Kristol et Robert Kagan, "les buts moraux et les intérêts nationaux fondamentaux de l’Amérique sont presque toujours en harmonie". Cette vision du monde ne s’appuie pas sur la morale mais sur le rapport des forces en présence. Ce n’est pas un hasard si elle prit naissance après la chute de l’Union soviétique quand un monde bipolaire devint unipolaire pour un temps. Dans un document du Ministère de la défense de 1992 dont l’auteur est Paul Wolfowitz, il est écrit : "Notre objectif premier est de…
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Nuages noirs sur le Pacifique   CHRONIQUE - Provoqués par la Corée du Nord qui vient de réussir le tir d'un missile intercontinental, les États-Unis accusent la Chine d'inaction. Les relations diplomatiques s'enveniment.   Sans chercher à être inutilement alarmiste, a-t-on le droit d'esquisser une comparaison entre la zone du Pacifique nord au soir du vendredi 28 juillet 2017 (jour de l'essai nord-coréen réussi d'un missile intercontinental capable de frapper atomiquement les grandes villes de la côte ouest des États-Unis) et l'Europe au soir du dimanche 28 juin 1914 (jour de l'assassinat à Sarajevo de l'archiduc héritier d'Autriche) ? Dans les deux cas, avons-nous affaire à un problème politique local qui va fonctionner comme un catalyseur, où les séquences actions-réactions s'accélèrent tellement que les puissances ne parviennent plus à en contrôler le cours ? Comparaison n'est pas raison, d'autant plus qu'en un siècle les moyens physiques de la diplomatie ont…
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Janet Yellen face au boomerang de Ben Bernanke - Crise des subprimes… suite   On a beaucoup écrit sur l’assouplissement quantitatif initié par la Réserve fédérale en réponse à la crise des subprimes. Ce n’est rien d’autre qu’une politique monétaire laxiste poussée à son paroxysme. L’heure du bilan a sonné. Il est mitigé, si l’on s’en tient aux résultats obtenus à ce jour, mais inquiétant si on ausculte le futur. En déclenchant cette politique en novembre 2008, Ben Bernanke, alors gouverneur de la Réserve fédérale, a lancé un boomerang qui revient à la face de son successeur.   L’assouplissement quantitatif n’a pas donné les résultats espérés. Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Dans les trois mois qui suivent l’éclatement de la crise des subprimes, la Réserve fédérale abaisse son taux directeur de 2 % à 0,125%. Le Congrès approuve une série de déficits budgétaires élevés. Mais, l’économie américaine ne réagit…
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Le crépuscule des néoconservateurs CHRONIQUE - Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ne veulent plus faire la guerre au nom de la démocratie aux quatre coins du monde. Aussi curieux que cela puisse paraître, le mouvement néoconservateur - qui met la démocratie au-dessus de la paix -, né en Amérique en même temps que le reaganisme et sa lutte contre "l'Empire du Mal", a eu pour père spirituel un ancien militant trotskiste, William Kristol. Et son premier parrain politique, le sénateur Jackson, est venu du Parti démocrate. En 1996, Bill Kristol et Robert Kagan affirment, dans un article intitulé "Vers une politique étrangère néoreaganienne", que "les buts moraux et les intérêts nationaux fondamentaux de l'Amérique sont presque toujours en harmonie". Cette réapparition de la morale en politique étrangère vient détrôner la doctrine Kissinger, qui privilégiait jusque-là l'impératif de la paix, toujours fondée sur la diplomatie classique et le maintien de l'équilibre…
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Derrière les propos de Macron, l'enjeu fondamental de la démographie africaine   Emmanuel Macron a provoqué un tollé avec sa déclaration sur la démographie africaine. Maxime Tandonnet rappelle que si l'Afrique ne s'engage pas dans un processus de transition à la fois économique et démographique, les conséquences migratoires seraient "désastreuses pour l'Europe".   La polémique stérile est devenue une figure imposée de la vie politico-médiatique française. Un mot, une phrase, ressentis comme sortant des sentiers battus de la pensée correcte et la crise d'hystérie se déclenche. Le psychodrame de la semaine est venu du chef de l'État en personne. "Des pays ont encore sept à huit enfants par femme. Vous pouvez décider d'y dépenser des milliards d'euros, vous ne stabiliserez rien". Cette déclaration a provoqué un tollé dans une partie de la presse et des médias. Le mot de "racisme" a même été lâché. Ces paroles méritent-elles une pareille accusation…
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L’Erythrée et la mer Rouge L’Erythrée et les enjeux de plus en plus multiformes dans la Corne de l’Afrique : condamnée à être le pays "grincheux" de la zone ou peut-il espérer tirer parti de la redistribution des cartes en cours ? Les limites du "soft power" de l'UE confrontée aux appétits de nouveaux acteurs en mer Rouge.   L’Erythrée : un pays pauvre et refermé sur lui-même L’Erythrée n’est pas le pays le plus important de ceux qui sont inclus traditionnellement dans la Corne de l’Afrique : un peu plus de 6 millions d’habitants, inégalement répartis sur 117 000 km2 ; fortement endetté et avec un PNB par habitant de moins de 500 Dollars, il figure parmi les pays les plus pauvres au monde. Ces faits expliquent en partie le flot presque continu de migrants issus de ce pays fuyant la dictature de son président Issayas Afeworki au pouvoir depuis l’indépendance…
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L'État islamique, hydre cauchemardesque des Occidentaux   Le Moyen-Orient connaît aujourd'hui une situation qui ressemble à celle de l'Europe du XVIIe siècle, lorsque la querelle religieuse entre catholiques et protestants s'est transformée en une guerre totale.   C'est le début de la fin. À Mossoul comme à Raqqa, les défenseurs de Daech croulent sous l'assaut de leurs assaillants. L'État islamique s'était installé dans ces deux villes pour montrer qu'il ignorait la frontière entre l'Irak et la Syrie, délimitée par le fameux accord Sykes-Picot d'il y a un siècle. Une façon symbolique d'effacer la colonisation franco-anglaise et sa prétention à imposer partout la forme européenne de l'État-nation. Le combat de Daech est d'abord une prétention au califat, la forme impériale qu'a prise l'Islam dans l'Histoire. Cette ambition de s'inscrire sur un territoire est la grande différence avec l'action déterritorialisée et mondialisée d'al-Qaida.   La défaite de Daech dans ces deux villes sonnera…
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Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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