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Devant l'histoire (114)

Etats-Unis : le mythe de l’isolationnisme bienveillant   Il existe de nombreux mythes à l’égard des Etats-Unis. Dans la situation actuelle du monde, deux méritent que l’on s’y attarde. Ils seraient isolationnistes et bienveillants. Le premier remonte aux origines de la jeune république et à leur intervention tardive dans la Première Guerre mondial, le second au débarquement de juin 44, aux GIs et au chocolat qu’ils distribuaient aux enfants. C’est la vision qu’en ont les Européens. Les pays d’Amérique du sud qui vivent peu ou prou sous leur joug depuis deux cents ans, en ont une autre. La réalité diffère de cette image d’Épinal.    Dès l’origine, l’élite américaine s’est considérée comme dotée d’une mission envers le monde. Cette vision sous-tend encore aujourd’hui la politique extérieure des États-Unis. Elle est présente dans de nombreux documents dont deux publiés récemment : le National Security Strategy et le National Defense Strategy. L’un et…
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Le Rwanda vu par Guillaume Ancel, ou l'histoire révisée de l'opération Turquoise Les 15, 16 et 17 mars dernier, à l’approche du 24ème anniversaire du génocide rwandais (déclenché le 7 avril 1994 au lendemain de l’assassinat du président rwandais Juvénal Habyarimana et de son homologue burundais), le journal vespéral Le Monde a publié pas moins de six articles sur le sujet sous la plume d’un journaliste, David Servenay, connu depuis des années pour son parti pris en faveur de la thèse d’une culpabilité de la France dans le génocide rwandais. Cette année, l'habituelle campagne de presse avait un objectif particulier ; celui d’accompagner le lancement d’un livre, plus exactement d’une réédition, sous un nouveau titre, du récit romancé d’un ancien officier de l’opération Turquoise. Après avoir en effet connu un échec lors du lancement de "Vents sombres sur le lac Kivu" en 2014, pour le 20ème anniversaire du génocide, Guillaume…
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Centenaire de la mort de Claude Debussy (25 mars 1918)   L’événement passerait presque inaperçu tant sa commémoration est discrète, aussi bien de la part des pouvoirs publics que des entreprises de spectacle, pour ne rien dire des médias (à l’exception d’antennes spécialisées comme France Musique ou Radio Classique, c’est la moindre des choses). Le ministère de la Culture nous offre à peine le minimum syndical avec un site consacré à ce centenaire (centenairedebussy.culture.gouv.fr). C’est terriblement décevant. La ville de Tourcoing relève le gant avec la reprise d’une belle production de Pelléas et Mélisande, mais Paris semble avoir oublié le génie incomparable qui vécut en ses murs, square du Bois de Boulogne.   D’où vient cette propension suicidaire à négliger, pour ne pas dire pire, les plus beaux fleurons de notre culture. Quelle autre nation mépriserait à ce point l’un des sommets de son patrimoine musical ? On se perd en…
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Bonjour Magistro a été accidenté... Désolé !
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D’abord, ils ont tué mon père…   Le prologue du film d’Angelina Jolie, "D’abord, ils ont tué mon père" s’inscrit dans le droit fil d’une falsification de l’histoire que nous subissons depuis plusieurs décennies à propos des guerres d’Indochine. Nous avons dépassé le stade pathétique des "unes" de la grande presse qui annonçait en 1975 que "Phnom Penh en liesse acclamait ses libérateurs… " (sic). Mais beaucoup de chemin reste encore à faire. Pour les scénaristes du film en question, le responsable de la naissance des Khmers rouges et de leur accession au pouvoir serait un certain Richard Nixon qui aurait odieusement agressé le Cambodge, avec la complicité du gouvernement du général Lon Nol, provoquant ainsi une réaction de l’ensemble de la population cambodgienne autour de la seule force de résistance à l’agression étrangère : les Khmers rouges.   Cette falsification néglige, une fois de plus, la chronologie des faits les plus…
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Les ravages de l’historiquement correct   Les évènements tragiques qui se sont déroulés récemment dans le Sud des États-Unis, et l’intense polémique qui s’en est suivie, appellent quelques mises au point factuelles au sujet de la "guerre de sécession". On ne peut que déplorer que la majorité des médias, toujours avides de sensationnel, se soient régalés à mettre de l’huile sur le feu, témoignant le plus souvent d’une grande ignorance, pontifiant en leçons de morale anachroniques, se comportant de façon bien pire qu’un inquisiteur, lequel instruisait au moins ses procès à charge et à décharge.    Tout d’abord, aux États-Unis, la guerre de sécession est appelée "guerre civile" au Nord, et "guerre entre États" au Sud. Les mots ont un sens. Pour qu’il y ait une guerre civile, il faut au moins deux factions rivales qui se disputent un même territoire et une même population. Or, jamais le Sud n’a…
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Lecture d’été : Napoléon, Jean Tulard, Fayard 1977   Il paraît que l’on enseigne plus, ou si peu, Napoléon au collège et au lycée. Voici une bonne raison pour se replonger dans ce grand classique des biographies de Napoléon. L’ouvrage est complet et didactique en même temps, trouve un bel équilibre entre l’événementiel et la description de la société française de ce temps. Jean Tulard nous fait partager un agréable moment de littérature historique. Ce livre a un immense avantage : il est non idéologique, non partisan, ne cherche pas à nous imposer un jugement de valeur, un point de vue politicien (ce qui est le sommet de la vulgarité et de la bêtise quand on prétend se mêler d’histoire). Sans revenir à la chronologie, très claire dans cet ouvrage, ni au contenu proprement dit, voici quelques rappels ou considérations éparses que sa lecture m’a inspirés :   Aucune conviction ne…
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L’honneur de la France   Dimanche dernier, le Président de la République a commémoré l’arrestation, les 16 et 17 juillet 1942, de treize mille Juifs par la police parisienne, leur internement au Vel d’Hiv et leur livraison à l’occupant allemand. Il est juste que les plus hautes autorités de l’Etat manifestent par leur présence, le regret et la douleur de la nation devant cet acte cruel. Nous savons aujourd’hui que ces déportés ont presque tous péri dans les camps de concentration nazis. Mais Emmanuel Macron a cru bon de faire plus. Reprenant un thème initié par Jacques Chirac en 1995 et développé par François Hollande en 2012, il a affirmé que la responsabilité de la sinistre rafle retombait exclusivement sur notre peuple. Il a fustigé une salissure indélébile sur notre honneur national : "C’est bien la France qui organisa la rafle puis la déportation". "Pas un seul Allemand n’y prêta la…
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Jaurès / Péguy : le politique et le mystique   Une amitié intellectuelle liait l'homme politique et l'écrivain. Ensemble ils se sont battus pour faire reconnaître l'innocence d'Alfred Dreyfus mais, très vite, Péguy verra dans "le dreyfusisme" une "profanation". Il s'éloignera du tribun devenu, selon lui, "un politicien comme les autres".   C'est moins l'histoire d'un duel que d'une amitié rompue. Une amitié puissante, inégale, dissymétrique, qui tourna chez Péguy en répulsion. Son esprit indomptable finit par prendre en détestation Jaurès, cet aîné trop ondoyant qu'il avait tant chéri et admiré mais qui, à ses yeux, avait tout trahi : le socialisme peut-être, le dreyfusisme certainement, et surtout sa condition d'homme libre. Pour un regard superficiel, tout aurait dû lier à jamais ces deux superbes intelligences ; tout finit par les opposer. Ce qui les rapprocha jusqu'aux premiers jours du XXe siècle ? Les origines, assez peu : Jaurès était un bourgeois…
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Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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