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Devant l'histoire (124)

La sapèque   Je possède une sapèque (1) d’argent provenant "du palais d’été de l’empereur" autrement dit de ce pillage injustifiable connu sous le nom du "sac du Palais d’Eté". Le 18 octobre 1860 les Français et les Anglais ont pillé et brulé le Palais d’Eté de l’empereur de Chine à Pékin au cours de la Seconde guerre de l’opium destinée à contraindre son pays à s’ouvrir à leurs commerçants. Je ne sais pas comment cette sapèque m’est parvenue, peut être vient-elle d’un de mes ancêtres ayant participé à cet acte de vandalisme. Les Chinois s’en souviennent encore et en ont gardé une rancune tenace, mais n’ont jamais demandé la restitution des objets volés dont certains doivent bien se trouver à Paris au Musée Guimet, ils se contentent de les racheter – fort cher – sur le marché de l’art. On est en train de restituer au Bénin, vingt-six œuvres…
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Histoire : le chaos intérieur   La France a connu plusieurs situations de grand chaos intérieur au XXe et au XXIe siècles. Les caractéristiques sont les mêmes : la violence et la barbarie se répandent dans la rue, les forces de l’ordre sont débordées, la peur et la panique s’emparent des dirigeants politiques. L’Etat donne le sentiment de s’effondrer et de plus rien maîtriser. Cinq viennent spontanément à l’esprit.   Le 6 février 1934 est le résultat d’une crise profonde de la démocratie dans les années 1930. La France est meurtrie par la grande dépression. Hitler est au pouvoir en Allemagne depuis plus d’un an et renaît la hantise de la guerre. La classe politique est gravement discréditée par l’un des pires scandales de l’histoire contemporaine, l’affaire Stavisky : un escroc ayant bénéficié de complicités de plusieurs dirigeants politiques et de la justice, retrouvé "suicidé". Le limogeage du préfet de police,…
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L’impérialisme économique, première cause de la guerre de 1914   Ce n’est pas le nationalisme qui fut la cause de la guerre, mais le nationalisme impérialiste, issu des Lumières, aux visées d’abord économiques. Aujourd’hui, la célébration de l’esprit de paix est-elle si éloignée de la logique des intérêts politiciens et idéologiques qui ont fait avorter le projet pacifique de Benoît XV ?   "Mon mal vient de plus loin." Pour comprendre à fond la Grande Guerre, il faudrait raconter presque toute l’histoire de l’Europe et sonder les profondeurs de sa culture. De plus, l’Histoire en son tréfonds est un mystère, dont on s’approche moins par l’intelligence politique, ou par l’étude érudite et savante, que par la méditation du symbolisme puissant des visions du prophète Daniel ou de celles de l’Apocalypse de saint Jean. De passage tout récemment à Saint-Pierre de Rome, je me suis recueilli devant le tombeau de Benoît…
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Ho Chi Minh   Je pense que nous sommes nombreux, anciens combattants d’Indochine, à avoir considéré l’hommage rendu à Ho Chi Minh à Hanoï par le Premier Ministre comme une trahison ou une totale méconnaissance de l’histoire. Que Edouard Philippe se soit rendu au Viet Nam, très bien, nous avons avec ce pays une histoire commune, nous l’avons développé économiquement, culturellement, nous avons construit des villes superbes que l’on peut encore y admirer. Qu’il se soit rendu à Dien Bien Phu pour rappeler le sacrifice des milliers de combattants du corps expéditionnaire français et même qu’il se soit incliné devant les morts du Viet Minh, pourquoi pas ? Qualifier Ho Chi Minh d’"artisan de l’indépendance d’une grande et belle Nation" relève de la désinformation pure et simple, Ho Chi Minh voulait peut être l’indépendance du Viet Nam mais avant tout l’établissement d’un régime communiste pur et dur. La France était prête…
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Repentance perpétuelle   Au fil d’un quinquennat qui avance inexorablement – et de plus en plus en eaux troubles – le président Macron semble réaliser qu’il n’a guère de prise sur les évènements. Éprouvant quelques difficultés à résoudre les problèmes du temps présent, il s’attaque à ceux des temps passés. C’est ainsi qu’il bat sa coulpe avec constance sur le dos de nos ancêtres. C’est indolore et ça donne bonne conscience à peu de frais. Il n’en est pas encore, comme le Premier ministre espagnol, à faire déterrer les cadavres, mais on peut s’attendre à tout. L’instrumentalisation de l’Histoire serait-elle devenue le dernier refuge des politiciens en situation d’échec ?   La nouvelle séquence d’autoflagellation franco-française, à soixante ans de distance, porte encore sur la guerre d’Algérie à travers le destin tragique d’un jeune universitaire communiste, Maurice Audin, complice objectif et assumé des poseurs de bombes du FLN, torturé et assassiné…
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À la source d'Ingmar Bergman   Le cinéma et le théâtre rendent hommage au génie suédois à l'occasion du centenaire de sa naissance.   Il y a cent ans, le 14 juillet 1918, naissait Ingmar Bergman. Onze ans après sa disparition, en 2007, son ombre s'étend toujours sur le septième art comme celle d'un arbre puissant aux racines ténébreuses, aux branches tourmentées. Le cinéma et le théâtre rendent hommage au grand metteur en scène suédois en ce début de saison. Outre une rétrospective de ses œuvres, deux documentaires, À la recherche d'Ingmar Bergman, de Margarethe von Trotta, et Bergman, une année dans une vie, de Jane Magnusson (sortie le 26 septembre), se font écho pour explorer la personnalité et l'influence du cinéaste : comment est-il devenu cette figure immense ?   En 1953, son film Monika va faire le tour du monde. Deux adolescents amoureux, un été sur une île de rêve,…
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Vichy : une triste parenthèse, non "la France" !   Dernier ouvrage de François Broche publié : Vél’d’Hiv’, 16 juillet 42, où était la France ? (Pierre-Guillaume de Roux, décembre 2017) Craignant sans doute que le discours du Premier ministre, prononcé au Vél’d’Hiv’ le 22 juillet, ne bénéficie pas de l’audience souhaitée, les Fils et Filles des Déportés juifs de France ont acheté deux pleines pages du Figaro le 26 juillet afin de le publier intégralement. C’est un très long discours, plein de bonnes intentions – notamment dans la dénonciation de l’antisémitisme, qui a survécu à l’effondrement du nazisme, même si Edouard Philippe s’abstient de préciser que la haine des Juifs est aujourd’hui principalement le fait de musulmans plus ou moins extrémistes – mais aussi d’approximations et d’erreurs, dans la continuité des consternants discours de Jacques Chirac, François Hollande et Emmanuel Macron.   Ainsi, après avoir rappelé que les principaux coupables de la rafle…
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Souvenons-nous des admirables batailles de 1918   Quels que soient les remous de l’actualité, il est fort regrettable que personne n’ait pensé à célébrer comme il le convenait le centenaire des batailles de l’été 1918 qui virent l’armée française prendre définitivement le dessus sur l’armée allemande en Picardie et en Champagne. Pendant tout le printemps, le commandant en chef allemand, le général Ludendorff, tente de manière forcenée de percer le front français après avoir reçu le renfort des soldats du front de l’Est libérés par la défection russe (traité de Brest-Litovsk le 3 mars 1918) et avant l’entrée en guerre des Américains, sans y parvenir :  couronnée de succès au début en Picardie (mars), sur l’Aisne (mai) et en Champagne (juillet) l’offensive se heurta à la solidité de l’armée française. Paris vit s’approcher l’ennemi à 70 km et fut sous le feu de la grosse Bertha à partir de du 23 mars. Devant cette…
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Lecture : l’Etrange défaite, Marc Bloch, Gallimard 1990   Voici un grand classique que tout Français devrait avoir lu. Si j’en parle aujourd’hui, c’est parce que je viens juste de combler, la nuit dernière, une grave lacune à ma culture générale… Marc Bloch est né en 1886, dans une famille de confession juive. Ancien élève de l’école normale supérieure, il est agrégé d’histoire, fondateur, avec Lucien Febvre, des Annales d’histoire économique et sociale. Ancien combattant de 1914-1918, mobilisé volontaire en 1940, bien que père de six enfants, il a été le témoin direct de la débâcle. Grand résistant, il a été arrêté par la Gestapo et fusillé le 16 juin 1944. Son manuscrit a été sauvé de justesse par des proches à qui il l’avait confié. Marc Bloch pointe la responsabilité directe des généraux dans l’étrange défaite : "Quoi que l’on pense des causes profondes du désastre, la cause directe fut l’incapacité du…
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