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Alexandre 1er

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La double mort du tsar Alexandre Ier : une énigme russe bientôt élucidée ?
Il s’est produit plusieurs irrégularités curieuses, à la mort du tsar Alexandre Ier, qui eut lieu à Taganrog, port de la mer d’Azov, le 19 novembre 1825, à la suite d’un bref coup de froid. Ceux qui virent sa dépouille ne le reconnurent pas. Ils furent peu nombreux puisque, lors des funérailles à Saint-Petersbourg, on présenta à la vénération populaire un cercueil fermé, contrairement à la tradition orthodoxe. Depuis, la tombe du tsar a été ouverte à plusieurs reprises, aussi bien sous le régime tsariste que soviétique : chaque fois, le cercueil a été trouvé vide.
La fausse mort présumée du petit-fils de Catherine II, vainqueur de Napoléon en 1812, fait partie de ces grandes énigmes historiques qui passionnent la postérité et donnent carrière à l’imposture autant qu’à la légende. Mais dans le cas d’Alexandre Ier, il ne s’est présenté nul simulateur se faisant passer pour le tsar défunt. C’est plutôt l’inverse qui est arrivé : on a reconnu, à son corps défendant, un paysan à l’identité obscure comme l’illustre disparu.
Marc Jeanson, directeur de la société de production de documentaires DCX, s’apprête à redonner des couleurs à cet ancien mystère, en partant tourner Le secret du Tsar à travers la Russie, à commencer par la Sibérie.
Pourquoi la Sibérie ? Parce que là-bas vécut le starets Féodor Kouzmitch, réputé pour sa sainteté – il est aujourd’hui Saint de Sibérie - et qui ressemblait d’une façon frappante au tsar. Ses manières raffinées et la vaste culture dont témoignait son enseignement, notamment sa connaissance exceptionnelle des guerres napoléoniennes, révélaient un homme de haute naissance, familier de la politique et de la cour. De son vivant déjà, la rumeur courait. Tolstoï l’a assimilé à Alexandre Ier dans un de ses derniers écrits. Le futur Nicolas II est venu se recueillir sur sa tombe. Ces présomptions resteraient sans doute insuffisantes aux yeux des historiens si elles ne s’accompagnaient d’indices encore plus précis.
L’un des plus remarquables était contenu dans un petit étui de cuir que le starets portait toujours sur lui. "Ici réside mon secret", déclara Féodor Kouzmitch au moment de rendre l’âme le 20 janvier 1864. C’est un message crypté. Il a été déchiffré séparément par deux Russes émigrés l’un en Lettonie, l’autre en Bulgarie, qui aboutirent à la même traduction, publiée en 1927 dans un journal de l’émigration. Il ne reste qu’une dernière copie microfilmée de cet article, retrouvée à la bibliothèque de Nanterre par l’équipe de DCX. Il s’agit d’un bref texte du tsar Paul Ier, père d’Alexandre, daté du jour de son assassinat et disant que son fils participe au complot contre lui.
Ce parricide doublé d’un régicide hantait Alexandre 1er, qui avait à plusieurs reprises manifesté son désir de quitter la vie publique.
"L’énigme n’a cessé, depuis lors, de diviser les historiens. Et aujourd’hui, de nouvelles pièces importantes s’ajoutent au dossier " dit Marc Jeanson, qui mène, avec l’historienne Marie-Pierre Rey, spécialiste d’histoire russe et soviétique à l’université de Paris 1 Sorbonne, une double recherche, à la fois sur la personnalité du tsar et sur celle du starets, dont le rayonnement spirituel est toujours très vivace dans la région de Tomsk. Une enquête qui pourrait bien permettre de lever définitivement le voile sur cet extraordinaire mystère. Car d’autres archives attendent de parler. A suivre, comme on dit dans les feuilletons.
TRANCHANT  Marie-Noelle

Née le 22 décembre 1951
Célibataire
 
Journaliste culturelle


Lettres classiques (hypokhâgne et khâgne)
Ecole du Louvre
Maîtrise de Lettres modernes à la Sorbonne, Paris IV
(mémoire Baudelaire et Thomas de Quincey)


Enseignement
Français, latin, grec, dans des écoles privées hors contrat (1972-80)

Journalisme
Journaliste culturelle et critique de cinéma au Figaro depuis 1981
Critique à l’émission Ecrans et Toiles de Victor Loupan sur Radio Notre-Dame
Auteur avec Laurent Terzieff de "Seul avec tous",
          parcours biographique et spirituel du grand comédien (Presses de la Renaissance, 2010. Préface de Fabrice Luchini)


Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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