Magistro Beta

Switch to desktop Register Login

A propos du "Dictionnaire de la colonisation"

  • Écrit par 
  • Taille de police Réduire la taille de la police Réduire la taille de la police Augmenter la taille de police Augmenter la taille de police
  • Imprimer
  • E-mail
Évaluer cet élément
(0 Votes)

sous la direction de Claude Liauzu, un "Dictionnaire de la colonisation".
A la lecture de cet ouvrage, il faut se poser la question : est-ce un dictionnaire de la colonisation ou de l'anticolonialisme ?
Trois simples remarques, car le début de la probité intellectuelle, cela consiste à vérifier les sources que l'on utilise. Il est clair que la colonisation, comme toute activité humaine, a eu ses pages noires. N'y a-t-il eu que cela ?

Pour Sétif en mai 1945, peut-on rappeler que l'administrateur en charge de la région de Sétif était Monsieur Benmebarek, père de l'ancien préfet de l'Aveyron - toujours vivant à l'heure actuelle. La population de la région de Sétif comportait, en 1945, soixante trois mille habitants (63 000). Qui peut sérieusement croire qu'un habitant sur trois aurait été massacré ? Les chiffres recensés par Monsieur Benmebarek s'élèvent à  deux mille morts, ce qui est important, mais loin des chiffres fantaisistes du Dictionnaire ou du gouvernement algérien.
Pour Madagascar en 1947, remarque similaire. Jean Frémigacci, maître de conférence à Paris I et Madame Rabearimanana, professeur à l'Université de Tananarive, viennent d'effectuer des recherches pour évaluer sérieusement le chiffre des victimes de ce conflit. La presse française avança souvent le chiffre de quatre-vingt mille (80 000) morts.
Les recherches de ces deux historiens montrent qu'il y eut :
- cent quarante (140) Français et deux mille (2000) Malgaches tués par les insurgés ;
- entre mille (1000) et deux mille (2000) Malgaches tués par les autodéfenses européennes ;
- entre cinq mille (5000) et six mille (6000) insurgés malgaches tués par nos armées.
Y a-t-il eu des milliers de Malgaches à périr dans la brousse ? Je suis passé dans la forêt malgache de 1969 à 1971, j'ai partout été accueilli aimablement, les villages étaient prospères, en particulier autour de Moramanga, haut lieu de la rébellion.

Enfin, pour le Tchad, je crois devoir rappeler que la dernière caravane d'esclaves noirs destinés à l'Arabie saoudite fut interceptée par l'armée française en 1919. Abéché, capitale du Ouaddaï, fut jusqu'en 1911, date de l'arrivée des Français, le principal centre de "fabrication" d'eunuques destinés aux harems turcs et saoudiens. L'opération s'effectuait sur des gamins, jamais volontaires, avec un taux de pertes de 60%.
En quoi la situation au Darfour serait-elle aujourd'hui plus préoccupante que celle qui prévalait en Afrique au XIX° siècle, avec des caravanes d'esclaves capturés par les négriers africains et dirigées vers les ports de l'Atlantique, de la Méditerranée et de la Mer Rouge, à destination de la Turquie et de l'Arabie ? Chacun appréciera.
Général (2° section) J.G. Salvan, ancien d'Algérie, de Madagascar et du Tchad.

SALVAN   Jean

Né le 3 mars 1932
Marié (1953) – 5 enfants



Officier, général de corps d'armée


Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr
Ecole d’Etat-Major 
Ecole supérieure de guerre (ESG)

Commandant la IVème Région militaire
Général de corps d’armée (1988)
Représentant français auprès du Commandement Centre-Europe de l’OTAN (1986-1988) 
Commandant de la 1ère Division blindée (1983-1985)
Commandant du 3ème Régiment de parachutistes d’infanterie de marine
Professeur à l’Ecole supérieure de guerre

Membre correspondant du Muséum d’Histoire Naturelle en 1964
Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées de droit public
Professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux (1989-1994) ("Société et Défense") 
Président de l’Union des blessés de la face (les Gueules cassées) (1995-2002)

Ouvrages 
Liban 1978, les Casques bleus de la France (1979) - L’avifaune du Gard et du Vaucluse (1983) -

La paix et la guerre (1992) - Soldat de la guerre, soldat de la paix (2005)

Distinctions
Grand Officier de la Légion d’Honneur
Croix de la Valeur Militaire
Commandeur de l’Ordre du Cèdre du Liban
Croix d’Honneur en or de la Bundeswehr

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

Top Desktop version