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Centenaire de Claude Debussy

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Centenaire de la mort de Claude Debussy (25 mars 1918)
 
L’événement passerait presque inaperçu tant sa commémoration est discrète, aussi bien de la part des pouvoirs publics que des entreprises de spectacle, pour ne rien dire des médias (à l’exception d’antennes spécialisées comme France Musique ou Radio Classique, c’est la moindre des choses). Le ministère de la Culture nous offre à peine le minimum syndical avec un site consacré à ce centenaire (centenairedebussy.culture.gouv.fr). C’est terriblement décevant. La ville de Tourcoing relève le gant avec la reprise d’une belle production de Pelléas et Mélisande, mais Paris semble avoir oublié le génie incomparable qui vécut en ses murs, square du Bois de Boulogne.
 
D’où vient cette propension suicidaire à négliger, pour ne pas dire pire, les plus beaux fleurons de notre culture. Quelle autre nation mépriserait à ce point l’un des sommets de son patrimoine musical ? On se perd en conjectures.
 
Debussy est unique et inclassable. Si l’on devait le définir par comparaison avec une autre forme de création artistique, nous dirions qu’il fut à la musique ce que Monet fut à la peinture : un impressionniste, un poète de la lumière fluctuante et irradiante, un pianiste compositeur, orchestrateur de génie qui créait des couleurs merveilleuses sur une gamme infinie. Au milieu de tant de chefs-d ‘œuvres, Pelléas et Mélisande, Le Prélude à l’après-midi d’un faune, La Mer (pour ne citer qu’eux) sont des phares du répertoire mondial. Son œuvre pour piano est aussi l’une des plus riches qui soit au monde. Que faut-il de plus pour le commémorer dignement ?
 
Claude Debussy est né en 1862 à Saint-Germain-en Laye dans une famille modeste. Son père connut une mauvaise fortune professionnelle et fut condamné à de la prison pour son engagement politique aux côtés des communards. Une de ses tantes discerne très tôt chez le jeune Claude des aptitudes pour le piano. Il entre au Conservatoire de Paris à l’âge de dix ans. Il y suit un cursus très riche et relativement long jusqu’en 1882 (piano, composition, accompagnement, orgue…). Bien noté par ses professeurs, il n’obtient pourtant aucune récompense exceptionnelle (sauf un premier prix d’accompagnement). Cela ne l’empêche pas de remporter ensuite le premier Grand Prix de Rome (1884) avec sa cantate : "La Demoiselle élue". Il y gagne un séjour à la Villa Médicis. De retour en France, cet avant-gardiste au caractère réputé difficile trouve une certaine reconnaissance sans toutefois devenir la coqueluche du "tout-Paris". Fortement encouragé (ne serait-ce que financièrement) par son aîné Ernest Chausson, il n’en reste pas moins relativement en marge du monde musical parisien qu’il fréquente sans y entretenir de durables amitiés. Il préfère la compagnie d’écrivains et de poètes comme Stéphane Mallarmé, Pierre Louÿs, Paul-Jean Toulet ou encore Victor Segalen. Une belle correspondance avec ces derniers a été publiée par son biographe François Lesure. Claude Debussy meurt d’un cancer à l’âge de 56 ans, laissant derrière lui une œuvre considérable.
 
Dans les années 60, un jeune rocker (et acteur), Eddy Mitchell, était interviewé par un journaliste : "Quel effet cela fait-il d’être une idole ?" Réponse de l’intéressé : "Si vous dites que je suis une idole, que diriez-vous de Claude Debussy ?" Anecdote à méditer…
 
L’année 2018 n’est pas terminée. Les entreprises de spectacle, les festivals d’été, les municipalités où Debussy a séjourné, le pays qui l’a vu naître devraient réparer au plus vite certains oublis et lacunes pour le moins fâcheux. À l’heure ou le "mémoriel" est tellement prisé, il est incompréhensible que la France n’honore pas mieux la mémoire de l’un de ses plus grands compositeurs.

Envoyé par l'auteur, 21 avril 2018                                                                                                                                            
 
RIGNAC Paul

Né en 1955
Marié - trois enfants


Essayiste, écrivain


Licence en droit
 
* Au service d’associations humanitaires œuvrant dans le Sud-Est Asiatique.
     Sa fréquentation du terrain humanitaire et de ses acteurs l’a amené à écrire sur l’histoire commune et sur le choc des cultures entre la France et l’Asie.
* Directeur de collection chez Arconce Éditions (Maison d’édition régionaliste)
     Ses recherches le portent à une réflexion sur les identités culturelles, leurs fondements, leurs limites et leurs possibilités d’ouverture dans un monde de plus en plus globalisé.
 
Ouvrages
Indochine, les mensonges de l’anticolonialisme (2007) - La guerre d’Indochine en questions (2009) - Une vie pour l’Indochine (2012) - La désinformation autour de la fin de l’Indochine française (2013) - Le Mystère des Blancs (2013) - Charolles, une promenade en photos (2013) -
 
Coauteur de
Présence française outre-mer
     publié par l’Académie des sciences d’outre-mer (Editions Karthala)
Dictionnaire de la guerre d’Indochine, à paraître prochainement (Robert Laffont, collection Bouquins).
 
Conférences 
Régulièrement sollicité pour des conférences
     (Commission française d’histoire militaire, ... et pour diverses manifestations du souvenir de l’Indochine française)

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