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Ngo Dinh Diem

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Ngo Dinh Diem
de Paul Rignac éditions Atelier Fol’fer
 
Je souhaite attirer l’attention de ceux qui, comme je le suis, ont été passionné par l’histoire de l’Indochine puis du Vietnam. J’ai lu un livre rare en raison de l’impressionnante documentation sur l’émergence de la nouvelle république sud vietnamienne. En effet, même si l’homme est connu, peu de spécialistes ont fait un véritable inventaire de sa vision politique. Paul Rignac le fait avec une rare et très fine observation, remettant en perspective non seulement l’acteur de cette période de l’histoire mais en le plaçant dans le contexte culturel de l’identité vietnamienne, de l’importance de la transmission des valeurs culturelles par le clan familial et d’un sens presque sacrificiel de la fonction "du prince" difficile à comprendre pour de pragmatiques occidentaux et en tous cas illisible pour la pensée simpliste américaine. Ceux qui sont bouleversés par l’agonie de l’Indochine et l’échec d’une transition vers l’émergence d’une nation libre et authentiquement vietnamienne découvriront les clefs psychologiques, culturelles et historiques nécessaires à la compréhension des acteurs politiques de cette tragédie.

Seul Rignac, historien chevronné de cette partie du monde pouvait, il me semble, faire découvrir la pensée du fondateur de la république du Sud Vietnam, Ngo Dinh Diem. Il analyse en connaisseur (ses nombreux voyages et la très riche documentation dont il dispose) ici la complexion de l’âme asiatique incarnée en ce dernier. L’auteur s’est surpassé en faisant œuvre d’historien rigoureux et objectif. Son intelligence du contexte est particulièrement fine. Par une documentation très scientifique il situe la réalité d’un homme aussi complexe qu’exceptionnel. Réduire Diêm à un pantin des américains est aussi grossier que stupide. La preuve la plus évidente est sa fin tragique. Celle-ci fût orchestrée et soutenue par l’administration américaine qui donnera son feu vert pour le faire assassiner. La raison étant l’indépendance absolue de l’homme qui, parfois, va même jusqu’à se priver de ceux qui auraient pu l’aider. L’auteur le souligne notamment en présentant les diplomates français prêts à soutenir cette vision gaullienne avant l’heure mais qui seront découragés par la susceptibilité excessive du nouveau chef de l’exécutif indochinois. En cela Paul Rignac montre cette fragilité tellement propre au caractère vietnamien et qui, ici débouchera sur le tragique.
Enfin on a beaucoup gaussé sur la famille. La fameuse Madame Nhu, sa belle-sœur que la légende noire transformera en Torquemada parce qu’elle s’était attaqué au monde sulfureux des proxénètes et des trafics de drogue. Personnage complexe et de caractère, elle n’est pourtant pas étrangère à l’image traditionnelle de la femme vietnamienne aux rênes d’un pouvoir. Mais lui attribuer une totale domination sur la politique de son beau-frère est une simplification d’analyse que Rignac resitue exactement à sa place.
 
L’historien rappelle un contexte politique de l’époque redoutable. Cela rend tout jugement définitif entre mauvais et gentils, entre ce qui aurait dû être fait et pas fait hasardeux. La Chine et l’union soviétique, joueurs d’échecs virtuoses dament le pion à une Amérique inapte à saisir le monde qu’elle pense pouvoir remodeler avec des concepts simplistes. Diem profondément anticommuniste mais redoutablement susceptible sur la souveraineté de son Etat était à la lecture de cette biographie le seul homme d’envergure susceptible de damer le pion à Ho Chi Minh en incarnant la légitimité vietnamienne sans pollution idéologique. Il exaspère l’éléphant américain qui mal à l’aise dans les subtilités extrême orientales acceptera par une complicité tacite son assassinat. On ne peut être que consterné devant l’absence de pensée politique de l’administration américaine et de son ambassadeur Henry Cabot-Lodge jr .
 
Ngo Dinh Diem est né dans une famille aristocratique mandarine. Habité par une passion sans concession pour son pays il a hérité de son père, familier de la cour impériale, une francophobie exacerbée et mal venue au moment où la France envoie un corps expéditionnaire mourir pour un empire déjà souverain. La francophobie familiale n’empêchera pas son frère aîné de se faire former en France.
A l’inverse de son challenger du Nord Diêm sera un homme d’une intégrité morale unique dans l’histoire politique. Catholique convaincu il sera présenté comme "le moine président". Rignac pointe le revers d’une vertu exigeante sans doute : une excessive rigidité. Diem en quelques années abat un travail remarquable en modernisant son pays. Il construit "les villages stratégiques" qui auront pour effet d’éliminer la totalité des intrusions communistes au sud. Pourtant son hostilité aux Français dont plusieurs représentants lui étaient favorables le privera d’un soutien majeur et l’isolera sur la scène mondiale au même moment où la Russie et la Chine bénéficient en tous lieux et dans toutes les institutions internationales de réseaux d’influence et de lobbys particulièrement efficaces. Son nationalisme "autistique" lui enlèvera le soutien de puissantes alliances à l’heure où ses ennemis du Nord sauront magistralement orchestrer celles-ci. Diem, un de Gaulle asiatique incompris ? On ne peut qu’y penser en lisant ce livre exceptionnel écrit dans une langue fluide et magnifique.
Ngo Dinh Diem de Paul Rignac éditions Atelier Fol’fer

Envoyé par l'auteur, 2 avril 2019
MEAUDRE  Yves

Marié, 6 enfants.
 
Etudes  classiques à Lyon à l’externat St Joseph, 'Ste Hélène' et aux Chartreux.
Baccalauréat A 3
Inspection d’assurances IARD, vérification des risques industriels.
 
Secrétaire général adjoint du CNPF de Saône et Loire.
Professeur d’histoire sociale à Lyon III (Université Jean Moulin)
 
Participe au développement de la Cinéscénie du Puy du Fou (Vendée) et à la création d’Alouette F.M dont il devient directeur d’antenne (Vendée)
Président des radios de pays (25 radios fédérées)
Fonde Famille Media à Paris.

Engagement humanitaire 
Elu président du comité national d’aide à la Pologne (13 décembre 1981 : Coup d’état du Gal Jaruzelski en Pologne)
      Organise l’aide alimentaire, sociale et médicale à la Pologne alors sous la loi martiale.
 
Secrétaire général d’Enfants du Mekong (1986)
      Accueil des familles réfugiées en France, ouverture d’un foyer d’adolescents boat people qui deviendra un foyer pour les enfants en difficulté d’intégration sociale à
     Asnières (France), accueil et soutien des réfugiés dans les camps sur la frontière Thaïlandaise : camps Laotiens (Ban Napho, Ban Vinaïe), camps cambodgiens (Site 2,
     Site B, Kao I Dang), camps Vietnamiens (Sikiew, Phanat Nikom, Bendtat, section 19 sur la plate forme de Site 2)
 
Directeur général d’EDM (1988)
Aide au retour des réfugiés dans leurs pays d’origine, soutien logistique, création d’écoles, parrainages des enfants réfugiés au retour, ouvre les programmes de
     scolarisations (aujourd’hui 350 centres  de 50 enfants chacun).
1990 : Lancement des premiers bambous (des volontaires contractant un engagement de un an ou plus au service de l’association en Asie. (30 par an)
Soutien des programmes spécialisés : pour les enfants et jeunes filles prostitués à Pattaya avec l’envoi de volontaires français (1990), les enfants de la rue aux
     Philippines (Manille) et au Cambodge (Phnom Penh) (1994), les enfants et les mères en fin de vie (1997) à Yasothorn en Thailande, les enfants des prisons à
     Manille (2000), ouvre le foyer d’étudiants d’Asie du Sud Est en études supérieures en France à Rungis (1994), ouvre de nombreux foyers (30) pour les adolescents
     trop éloignés des écoles.
Ouverture d’une fondation EDM à Bruxelles en 1997, à Hong Kong (1998), à Singapour (1999), à Genève (2004), à Bangkok (2004), à Londres et à New York

Fondation du centre universitaire Dc Christophe Mérieux à Phnom Penh
Création d’un centre de la soie, création d’un institut d’informatique en partenariat avec les sociétés Accenture, Hewlett Packard.
 
22.000 Filleuls , 60.000 enfants aidés.

Ouvrages
France Terre d’exil en collaboration avec Anne Hervouet (1989) - Les insurgés (2005) - Contes de Noël (2009) - Les condamnés, Jésus, Jean et Louis (2011) - Les réfugiés, Hoà (2011) -

Distinctions
Chevalier de la Légion d'Honneur
Chevalier de l'Ordre de St Grégoire

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