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Rwanda, qu’allions nous faire ... ?

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Qu’allions nous faire dans cette galère ? (Rwanda)
 
Loin de moi l’idée de reprocher quoi que ce soit aux armées françaises pour leur action en 1994 au cours des massacres ethniques au Rwanda mais il faut bien dire que l’engagement français a été un échec total.
Ça a commencé en 1990 quand l’ethnie tutsie réfugiée en Ouganda a cherché à reprendre le pouvoir. Les Hutus gouvernaient depuis une vingtaine d’année en vertu d’une logique démographique qui ne signifie rien en Afrique.
Les Tutsis, ethnie dominante avaient toujours été au pouvoir quoique minoritaire, de l’ordre de 16 %, c’était dans la nature des choses.
 
L’amiral Lanxade raconte, autant que je me souvienne, que Mitterrand était alors embarqué sur un bateau de la Marine quelque part dans l’océan Indien et qu’il prit la décision d’intervenir sur un coin de table du carré, ce fut l’opération Noroit qui repoussa l’échéance de quatre ans jusqu’à l’attentat contre le Falcon présidentiel le 6 avril 1994.
Qu’on ait pendant cette période formé et armé l’armée rwandaise est une évidence mais c’était l’armée d’un gouvernement légal, reconnu par tous.
En 1994 la France voulut intervenir pour mettre fin aux massacres qui avaient commencé et rechercha une mission de l’ONU. La France oui, mais qui ? C’était en période de cohabitation, Mitterrand Président de la République et Balladur premier ministre étaient pour, le ministre de la défense Léotard et les militaires étaient contre.
La décision de l’ONU fut longue à prendre, les Etats Unis y étaient opposés. Il fallut attendre le 22 juin 1994, les massacres avaient commencé depuis plus de trois mois. Que Turquoise ait limité les dégâts c’est bien évident, elle a probablement sauvé des dizaines de milliers de personnes, il n’empêche que la France ayant formé et armé les Hutus fut accusée de s’être portée au secours des "génocidaires". Le 22 août 1994, il fut mis fin à l’opération Turquoise mais les massacres continueront en particulier en RPC, il y aura eu en tout plusieurs millions de victimes
 
Si on fait le bilan de toute notre intervention de 1990 à 1994, il est totalement négatif, tout ce que l’on voulait empêcher a eu lieu : le FPR tutsi a repris le pouvoir et y est encore 25 ans après ayant institué un régime dictatorial sous les ordres de Kagamé, les massacres ont eu lieu d’une façon épouvantable et le Rwanda a déstabilisé la RPC. En prime, la France est attaquée de toutes parts aussi bien de l’extérieur que de l’intérieur ayant en particulier perdu de l’influence en Afrique, bientôt on va s’excuser.
Si on n’était jamais intervenu au Rwanda, ni Noroit ni Turquoise, les Tutsis auraient certainement  repris le pouvoir ce qui est dans la nature des choses et les massacres n’auraient peut être pas eu la même ampleur.
Alors pourquoi sommes-nous intervenus au Rwanda où nous n’avons guère d’intérêt ? Uniquement par décision du Président Mitterrand sans qu’aucun accord du Parlement n’ait été recherché. Si on veut bien me pardonner une comparaison hasardeuse, Napoléon III était allé au Mexique de la même façon pour faire plaisir à Eugénie. Et en vertu de quoi : l’article 35 de la Constitution prévoyait à cette époque "la déclaration de guerre est autorisée par le Parlement" on me dira que ce n’était pas une guerre et qu’on ne déclare plus la guerre mais enfin qu’est ce qui autorisait Mitterrand à emmener la France dans cette galère ? Nous ne sommes plus en régime parlementaire mais bonapartiste modèle second empire.

Envoyé par l'auteur, 14 avril 2019
JOURDIER Francois

Né le 9 juin 1930
Marié - 6 enfants 



Contre amiral (2°S) 



Ecole navale (1949)


Directeur du Centre d'Essais de la Méditerranée (1981-1986)
Inspection des Armements nucléaires (1978-1980)
Commandant du Bâtiment Atelier Jules Verne (1975-1976)
Etat-major des Forces Françaises du Sud de l'Océan Indien 
     à Madagascar puis à la Réunion (1972-1974)
Commandement du bâtiment de débarquement de chars (BDC) Bidassoa (1968-1969)
Ecole des Applications militaires de l'énergie atomique (1963-1968)
Divers embarquements
Guerre d'Indochine dans les forces fluviales du Sud VietNam (1952-1954)


Ouvrages
La désinformation et le journal Le Monde  (2004) Indochine 1952-1954 - Les Luc Binh - Souvenirs d'un marin du fleuve  (2008)
De Judas à Tartuffe - Lettres au Monde  (2009)
 


Distinctions 
Officier de la Légion d'Honneur
Officier de l'Ordre National du Mérite
Croix de guerre des TOE (Théâtre des opérations extérieures)
Chevalier des palmes académiques

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