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Les origines du mouvement écologiste

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Les origines du mouvement écologiste

(...) site endommagé en 2013
................. plonge ses racines dans la philosophie allemande du XIXe siècle avec les travaux de Ernst Haeckel, créateur du mot en 1868 avec son ouvrage sur l'histoire de la création. Professeur de sciences naturelles à l'université d'Iéna, il se consacre à l'étude de l'évolution des plantes et des miracles de la nature. Mais ses travaux s'enracinent dans toute la vision de la nature développée par les communautés piétistes dans les Allemagne, dès la fin du XIXe siècle.
Sans doute, les Eglises chrétiennes ont, pendant des siècles, attaché une grande importance à la nature et à sa protection. Le Saint-siège et les intellectuels catholiques ont exalté la terre, protection contre l'urbanisation, la société industrielle, incarnation de Satan.

Les origines religieuses et intellectuelles
Le mouvement piétiste en Allemagne met en avant la langue, le sol et la patrie et, par conséquent, la nature. Cela conduit le poète Novalis à exalter la nature. Il rejoint ainsi tout le mouvement romantique.
Le sens de la nature chez les piétistes et les romantiques amène des tendances naturistes, telles que l'homéopathie (Hahnemann). Les cures fondées sur l'usage de l'eau pure avec Kneipp au milieu du XIXe siècle, le système d'enseignement selon Steiner l'anthroposophe, qui inspire directement le mouvements des Verts (ci. le député vert Schilly se référant directement à Steiner dans un débat au Bundestag en 1986).
Ce thème de la protection de la nature se retrouve chez les pangermanistes à la fin du XlXème siècle, dans les thèmes de la Révolution conservatrice entre 1911 et 1933, avec Rathenau, Spengler, Thomas Mann, Moeller van den Bruck, Ernst Junger. Cela explique le titre du ministre de l'agriculture d'Hitler, Walter Darré : Sang et sol (Blut und Boden).
Le national-socialisme va intégrer l'écologie dans sa doctrine. Le dictionnaire Brockhaus (éd. de 1937) consacre trois pages de son tome III aux problèmes de la nature.

Le mouvement écologiste et le protestantisme
Le protestantisme piétiste, méthodiste, baptiste va prendre dans le monde chrétien une place considérable au cours du XIXe siècle en raison de l'essor des Etats-unis et du poids britannique.
Avec Darwin, apparaît un écologisme humain : il faut favoriser les hommes sains, ce sera l'eugénisme ; il faut protéger "la race'' d'où l'apparition des Instituts pour la protection de la race à Londres à la fin du fixe siècle, à Stockholm en 1902, à Berlin en 1905. Ces instituts se fondent sur l'enseignement de l'Université libre d'Amsterdam, calviniste orthodoxe, et favorisent la ségrégation aux Etats-unis, l'apartheid en Afrique du Sud, la politique nazie de la race.
La protection de la nature est un élément essentiel de cette vision protestante du monde : c'est aux Etats-unis qu'apparaît le premier parc naturel, celui de Yellowstone (1872). Dès la fin du XIXè siècle, se développent en Angleterre, en Allemagne et dans les pays scandinaves, le goût de la randonnée, la valorisation du sport, d'où l'aménagement d'espace verts dans les villes, la création d'organismes de surveillance des montagnes ("schwarzwaldklub'' et peu après, dans le Reichsland d'Alsace-Lorraine, le "club vosgien'').
C'est dans les pays protestants (Scandinavie, Allemagne du Nord, Etats-unis, Grande-Bretagne, Pays-Bas) qu'apparaît, au début du XXe siècle, l'idée de défense de l'environnement, politique qui a porté ses fruits si l'on en croit la récente enquête du Reader's Digest qui classe en tête des pays écologistes les Etats scandinaves et la RFA. Celle-ci profite de la mise èn place, dès 1919, d'une importante association sur la protection de la nature, qui dispose d'une revue bien faite (Naturschutz) et, entre 1934 et 1937, de la promulgation de la loi "Reichsnaturschutgesetz" et de la création de parcs naturels créant 800 zones protégées. En 1938, l'Allemagne et les Etats-unis sont les pionniers de cette politique de l'environnement et se développe un véritable droit de la nature, apparu vers 1895 aux Etats Unis, vers 1900 en Scandinavie, en Allemagne en 1912.

La politisation du mouvement écologiste
Ces politiques de protection de la nature apparaissent insuffisantes à nombre d'associations nées dans les années 1960. Les adversaires de la guerre du Vietnam s'engagent peu à peu dans la critique systématique de la société de leur temps : ils s'en prennent au capitalisme, à la société matérialiste de consommation, à la destruction de la nature par la pollution et l'urbanisation.
Aussi extraordinaire que cela puisse paraître, ils sont soutenus non seulement par les maoïstes chinois, la Tricontinentale cubaine, mais aussi par des libéraux, qui, réunis dans le Club de Rome, préconisent, pour sauver la planète, ses ressources, son environnement, la croissance zéro. Apparaissent alors toute une série d'associations qui s'engagent à fond pour une écologie sans frontière. Luttant contre le nucléaire, elles sont soutenues par des sociétés pétrolières (cf. l'ouvrage du Dr Tremblay de 1978, "La Fondation Rockfeller et les Amis de la terre").
C'est à partir de ce moment que les partis Verts prennent leur essor et qu'apparaissent un peu partout dans le monde des ministères de l'environnement (France, R. Poujade, le 7 Janvier 1971).

DREYFUS   Francois-Georges

Né le 13 septembre 1928
Marié - 3 enfants

Professeur d'université

Universitaire
Agrégé d'histoire
Docteur ès lettres
Professeur à l'Université de Paris-Sorbonne (depuis 1991).
Chaire d'Histoire et de géopolitique des mondes européens au XX°s.
Membre du Synode régional de l'Eglise luthérienne de Paris.

Lauréat de l’Académie française (1967) (1975)

Ouvrages
Les Forces religieuses dans la société française (1966)
Le Syndicalisme allemand contemporain (1968)
Le Temps des révolutions (1969)
Histoire des Allemagnes (1970)
Histoire es Gauches en France (1975)
Histoire générale de l’Europe (1980)
De Gaulle et le Gaullisme (1982)
Des évêques contre le pape (1985)
Les Allemands entre l’Est et l’Ouest (1987)
Histoire de la démocratie chrétienne en France (1988)
L’Allemagne contemporaine (1991)
L’Unité allemande (1993)
Histoire de la Résistance (1996)
Le IIIè Reich (1998)
1919 – 1939 : l'Engrenage (2000)
Histoire de Vichy (2002)
Une Histoire de la Russie (2005)

Distinctions
Officier de la Légion d'honneur
Chevalier de l’Ordre national du Mérite
Commandeur des Palmes académiques
Commandeur du Mérite de l'Ordre du Saint-Sépulcre
Officier de l’Ordre du Mérite de la République fédérale d’Allemagne
Officier de l’Ordre de la couronne de Belgique

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