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Devant l'histoire (104)

Génocides et désinformation   Il y a parfois de curieuses coïncidences, le même jour, le 16 avril, Le Monde évoque deux génocides qui tous deux ont donné lieu et donnent encore, à une désinformation constante. Le premier article évoque le procès du Maréchal Pétain dont une reconstitution à partir des archives filmées est diffusée sur la chaine Planète les 16 et 23 avril. Le 23 juillet 1944, lorsque Pétain comparaît devant la Haute Cour de justice, il est clair que la sentence attendue est la peine capitale : le jury est constitué uniquement de résistants et de parlementaires s’étant opposés au maréchal. Mais ce qui étonne Le Monde c’est que, jusqu’au verdict (14 voix pour la mort et 13 contre) "cette plongée éclaire la façon dont les hommes du temps évaluaient la faute, s’attardant presque secondairement sur l’entreprise génocidaire, au centre de la lecture historique un quart de siècle plus tard.…
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Izieu   Par décret présidentiel du 3 février 1993, la Maison d'Izieu est désignée par la République comme l'un des trois lieux de la mémoire nationale où sont organisées des cérémonies officielles lors de la "journée nationale commémorative des persécutions racistes et antisémites commises sous l'autorité de fait dite "gouvernement de l'État français" (1940-1944)." L’ennui c’est que la maison d’Izieu avait été installée en mai 1943, par le préfet de l’Ain, et le sous-préfet de Belley, Pierre-Marcel Wiltzer, pour accueillir, une "colonie d'enfants réfugiés" dont ils savaient très bien qu’il s’agissait de juifs. Jusqu'à la date fatidique du 6 avril 1944, la colonie d'Izieu a accueilli une centaine d'enfants. La maison d’Izieu était alors en zone occupée par les Italiens. C’est au moment de la capitulation de l’Italie qu’elle tomba sous la coupe des Allemands. Le 6 avril 1944, un détachement de la Wehrmacht et une voiture de la Gestapo…
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Entre fidélité et Réformation : une vision de l'homme réconcilié     Elle fut de courte durée, si même elle existât, l'unanimité des théologiens, des poètes et des princes, désireux de mener, dans l'Allemagne du début du 16ème siècle, une réforme de l'Eglise. Lorsque le 31 octobre 1517, le moine augustinien Martin Luther, docteur en théologie de l'université de Wittenberg, rend publiques ses 95 Thèses sur la vertu des indulgences, pour en dénoncer l'inadéquation avec l'enseignement de l'Evangile, il ne s'agit point là d'une contestation de l'institution ecclésiale. La controverse académique, que l'initiative du jeune professeur devait ouvrir sur le sujet des indulgences, provoqua cependant la réaction des autorités de l'Eglise, et engagea, à la longue une volonté de réforme qui n'était pas dans l'intention de Luther à l'époque de l'évènement, somme toute anodin, mais qui deviendrait la référence emblématique des commencements du protestantisme.   Durant l'année 1520, cette volonté…
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26 mars 1962, le grand tournant     19 mars 1962, Evian. Les accords signés par le gouvernement français et le GPRA (gouvernement provisoire de la république algérienne) mettent officiellement fin à la guerre d’Algérie. 22 mars 1962, Alger. Des hommes de l’OAS (organisation armée secrète) abattent six soldats français du contingent qui circulaient à bord d’un camion. L’embuscade a été tendue place Desaix, dans le quartier populaire de Bab el Oued. Ce lâche assassinat de jeunes appelés soulève l’indignation et provoque immédiatement une réaction des autorités françaises. Mais pas directement contre l’OAS : contre la population algéroise elle-même, soupçonnée de soutenir les assassins. En bonne doctrine de guerre civile contrerévolutionnaire, cela s’appelle vider l’eau pour asphyxier les poissons.   Bab el Oued est en état de siège. L’aviation mitraille le quartier. L’armée et les forces de l’ordre se livrent à un quadrillage impitoyable, pâté de maison par pâté de maison,…
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Hélie de Saint Marc, l'honneur d'un commandant   Le maire de Béziers a inauguré samedi une rue Hélie Denoix de Saint Marc. L'électorat pied-noir, nombreux dans cette ville, a certainement été sensible à ce geste qui met à l'honneur une figure des dernières heures de la présence française en Algérie. La gauche, elle, s'est indignée. Manuel Valls a commenté la cérémonie : "C'est rance, c'est triste" et Stéphane Le Foll dénoncé "la nostalgie de l'Algérie française". "Rance", "nostalgie", des mots qui conviennent bien mal à la personnalité du commandant de Saint Marc.   Né en 1922, il était entré très jeune dans la Résistance (réseau Jade Amicol). Est-il rance ce geste de révolte, cet engagement courageux qui lui valut d'être arrêté par la police allemande et déporté à Buchenwald où il passera dix-huit mois dans un des pires satellites du camp, Langenstein ? "Les justes mouraient comme des chiens, écrira-t-il…
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9 mars 1945 : la fin de l’Indochine française   Une commémoration importante vient de passer presque inaperçue dans le ciel médiatique : celle des évènements du 9 mars 1945 en Indochine. Une messe aux Invalides et la pose d’une plaque commémorative… une cérémonie à la pagode du Souvenir indochinois au bois de Vincennes suivie d’un déjeuner qui a rassemblé une poignée de survivants de cette tragédie, entourés de quelques proches… c’est à peu près tout. Au 9 mars 2015, qui se souvient encore de ce qui s’est passé exactement soixante-dix ans plus tôt en Indochine ? Ce fut pourtant un évènement clé où se joua le destin de notre colonie d’Extrême-Orient, la "perle de l’empire".   Le paradoxe de l’Indochine française est d’avoir été perpétuellement décalée par rapport au reste du monde à partir de juin 1940. Alors que le Pacifique n’est pas encore entré dans la guerre mondiale (ce sera seulement le…
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Islamisme : le retour de l’Histoire   Deux livres ont nourri un débat de fond vers la fin du siècle dernier : le Choc des civilisations, de Samuel Huntington, et la Fin de l’Histoire et le Dernier Homme, de Francis Fukuyama. Huntington jugeait inéluctable un conflit entre l’Occident et l’islamisme, tandis que Fukuyama prophétisait une humanité pacifiée par l’avènement non moins inéluctable de la démocratie et d’une économie aboutissant à l’abondance. Je crois qu’ils se trompaient l’un et l’autre.   Ce que Huntington qualifie d’Occident n’est plus la civilisation mûrie dans notre vieille Europe, mais un bazar consumériste mondialisé où prévalent un individualisme radical et un scepticisme mâtiné d’idolâtrie de la technique. C’est notre univers, celui des pays riches et des nantis dans les pays pauvres. Dante, Cervantès, Shakespeare, Goethe ou Proust s’y sentiraient en exil. L’islamisme radical lui oppose, certes, une alternative politique, mais ses sectateurs convoitent eux aussi…
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Un crime presque parfait contre l'histoire C'était le 15 décembre 2014, lors de l'inauguration du musée de l'histoire de l'immigration installé au "Palais de la Porte dorée" à Paris (12ème). Sous le prétexte d'inaugurer ce musée, ouvert depuis plus de sept années,  le 10 octobre 2007, c'est en réalité toute une époque de l'Histoire de France qui a été insidieusement rayée de l'Histoire : un vrai tour de magie grâce aux non-dits du discours officiel. Mais, heureusement les faits sont têtus.   Saturés que nous sommes d'assister impuissants et en permanence aux  gesticulations écrites, visuelles et verbales - à la limite du lavage de cerveau - dont nous abreuvent bien des médias, beaucoup sont passés à côté de cette information peu ou mal relayée, malgré un message qui n'était pas anodin. Et, il faut noter que les commentateurs esclaves de l'immédiateté et de l'exclusivité n'y ont rien vu ou n'ont rien voulu y voir. Il faut concéder que le message…
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De qui Georges Marchais est-il le nom ?   Dans la récente douche froide qu’il a administrée à la Curie romaine, le pape François a énuméré les quinze maladies dont souffrent ses plus proches collaborateurs. La sixième n’est pas la moindre : il s’agit d’une "maladie d’Alzheimer spirituelle", qui entraîne, chez ceux qui en sont atteints, une perte de la mémoire de leur rencontre avec le Seigneur. On est tenté de reprendre cette judicieuse métaphore à l’intention de nos contemporains affligés d’une inquiétante "maladie d’Alzheimer historique", dont le symptôme le plus évident est une perte de la mémoire de faits pourtant établis depuis belle lurette. Voyez ainsi ce qui s’est passé à Villejuif. Parce que la nouvelle municipalité a décidé de donner au "parvis Georges Marchais" le nom d’un grand savant - le professeur Georges Mathé, précurseur de la cancérologie moderne, pionnier de la greffe de moelle, de l’immunothérapie et de la…
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Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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