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Devant l'histoire (104)

Jean Cau, le dernier "grand frère"   Un gêneur, un empêcheur de penser en rond, un pourfendeur de sottises et de bassesses, un imprécateur dans la veine des deux Léon (Bloy, Daudet) et de Bernanos : les épithètes se bousculent lorsqu'on évoque Jean Cau (1925-1993). Lui-même, dans sa propre notice nécrologique rédigée pour le Dictionnaire de la littérature française, publié par Jérôme Garcin aux éditions François Bourin en 1988, se définissait comme "une sorte de caillou dans les lentilles de la littérature du XXe siècle". Il appelait souvent au téléphone son ami Louis Pauwels : "Je m'installais pour entendre le récital de Cassandre", écrivait Pauwels dans un article rendant compte de L'Orgueil des mots, le livre posthume de Cau (Editions Filipacchi, 1995).   Il revenait de loin, le "fils du peuple" catalan, licencié en philosophie, que l'on surnommait "le Loup" dans sa jeunesse, et dont Sartre eut le bon goût…
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Lyautey, une référence à perte de vue A première vue, le fait de classer Hubert Lyautey (1854-1934), maréchal de France et académicien parmi les humanistes peut satisfaire ceux qui ne se réfèrent qu’à des normes habituelles. Or, cet homme de génie, souvent insaisisable, refusait, et à juste titre, de se laisser enfermer dans des clichés. Nombreuses sont les raisons qui font de lui, non seulement un symbole, mais une référence pour les hommes de notre temps, tant par son exemple que par ses visions à perte de vue, bien au-delà de l’horizon masqué par un "enfumage" permanent et soigneusement dosé. A voir avec quel fanatisme les "forces du mal" s’acharnent à tout détruire, il ne peut plus y avoir de doute sur l’intérêt de se référer à un véritable homme d’Etat et de puiser dans ses propos et ses actes des idées et de l’énergie. Et l’urgence s’affirme de jour en jour car, plus le temps passe plus nous…
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La famille dans la crèche  La tradition laisse entendre que saint François d’Assise serait le créateur des crèches, telles que nous les connaissons. Lors de la nuit de Noël de l’an 1223, dans les Abruzzes, celui que son père désigna sous le nom de François, car il revenait de France au moment de sa naissance, fit dresser un autel au-dessus d’une mangeoire entourée d’un âne et d’un bœuf dans une grotte afin d’évoquer Bethléem. "Et l’enthousiasme des habitants fut à la mesure de la ferveur du saint", raconte Nadine Cretin, auteur du Livre de Noël, avant de préciser que le développement de la crèche repose en fait sur deux évènements. (1) Les mystères qui se déroulaient sur les parvis des églises, devenus trop bruyants et trop divertissants, furent interdits au XVIe siècle. La lutte contre la Réforme encouragea par ailleurs les représentations immobiles de la nativité et contribua à l’apparition…
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Réflexions sur la guerre de 1914/1918, dans le  Midi toulousain et sur le Général de Castelnau Réflexions sur le 1er conflit mondial    Lorsqu’on parle du 1° conflit mondial, la vulgate actuelle jongle avec une série de poncifs : "plus jamais ça, boucherie inutile, généraux stupides, sacrifices vains, pantalons rouges, offensives stériles, fusillés et décimations,… etc." Systématiquement, les fautes des responsables politiques sont éludées. On rappelle les conférences du Commandant de Grandmaison à l’Ecole de Guerre en 1914, mais on oublie de citer le Président Fallières, chef constitutionnel des armées, qui déclara le 9 janvier 1912 : "Nous sommes résolus à marcher droit à l’ennemi sans arrière-pensée, l’offensive convient au tempérament de nos soldats et doit nous assurer la victoire, à condition de consacrer à la lutte toutes nos forces actives sans exception."   Les alliances nouées avec la Grande-Bretagne et la Russie avaient en effet imposé le passage à une stratégie…
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Penser la surprise stratégique   La notion de "surprise stratégique" (un évènement imprévu aux conséquences majeures au niveau international) - et plus généralement celle de "surprise" - s’impose au stratège comme un phénomène incontournable, pourtant trop souvent méprisé. C’est que la réalité de l’histoire s’oppose à la rationalité naturelle de l’homme. La première n’est forgée que de ruptures : finalement déterminée par un petit nombre d’événements extrêmes, elle ne progresse pas de manière linéaire, mais de manière chaotique, de ruptures imprévues en ruptures imprévues. Le second raisonne naturellement dans un esprit de continuité structuré par l’idée (fausse) de progrès permanent. Le problème est là : notre cécité face au hasard, notre difficulté à appréhender les surprises qui marquent inéluctablement et de plus en plus souvent la progression du temps proviennent de notre incapacité à penser la discontinuité du monde. Nous privilégions les constructions mentales claires et rationnelles et nous écartons les éventualités…
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Louis Calaferte, "démesurément profond"   "Au commencement était le Sexe. Sauveur. Chargé d'immortalité. Il y a la bête. Héroïque. Puissante. Et au-delà de la Bête il n'y a rien. Rien sinon Dieu Lui-même. Magnifique et pesant. Avec son œil de glace. Rond. Statique. Démesurément profond. Fixe jusqu'à l'hypnose. Tragique regard d'oiseau. Allumé et cruel. Impénétrable de détachement. Rivé sur l'infini où tout arrive."   En 1963, Louis Calaferte publie son troisième livre, Septentrion, dont l’incipit a toutes les allures d’un credo. Dans les trente années qui suivront, son œuvre – plus de 80 titres : récits, romans, essais, pièces de théâtres, recueils de poèmes, carnets – tournera autour de ces grands thèmes : le sexe, Dieu, l’infini. L’univers d’un grand créateur surgit d’un chaos auquel il ne cessera de se mesurer, d’une nappe souterraine et trouble où il ne cessera de puiser.   Né en 1928, dans une famille très modeste de…
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1) Qu’est-ce qui, dans la politique de Richelieu, a contribué à façonner la France jusqu’à la deuxième moitié du XXe siècle ? Richelieu agit dans un contexte historique précis : l’affaiblissement de la monarchie après la mort d’Henri IV et la minorité de Louis XIII. Dans le Testament politique, il écrit que "chacun mesurait son mérite par son audace" et que "la dignité de la majesté royale était tellement ravalée qu’il était presque impossible de la reconnaître." Pour lui, l’autorité du roi est le principe d’unité qui s’inscrit dans une vision religieuse du monde. Mais elle s’incarne dans l’Etat, dont il est le premier à comprendre la nature nouvelle et profonde. Après la période napoléonienne, à mesure que la société française se déchristianise, cette forme de transcendance que représente l’Etat en lui-même – une constitution administrative sécularisée, puis laïcisée - demeure le pivot du système français, en l’absence de toute constitution politique…
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Faillites : 1814 - 1914 - 2014 Avec une opiniâtreté sans faille, les Européens, et en particulier les Français, s’autodétruisent avec une régularité d’horloge. D’où leur vient ce goût immodéré pour l’auto anéantissement, la faillite collective ? Pour le plaisir, l’auto satisfaction de pouvoir, encore et toujours, se reconstruire ? Quelle vanité ! Quelle folie !   1814 : On en fêta le bi-centenaire, surtout dans le nord de la France, avec des festivités, des reconstitutions, des cérémonies qui ressemblent à des mascarades, un peu gênantes, sauf pour les bonapartistes acharnés. Pourtant il n’y a pas de quoi être fier : Après les désastres de Russie, les combats de recul sur les territoires polono-germaniques, voilà la guerre en France : le territoire est envahi : ce sera la première de 4 fois : 1814, 1870, 1914 et 1940… Cette dernière fois, c’est "complètement". Toujours face au même ennemi : l’indomptable Prussien. Après la première algarade de Champagne et de Brie…
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Raymond-Léopold Bruckberger, bête noire des bien-pensants   "Un dominicain iconoclaste": la grande presse, comme d’habitude, a choisi la facilité pour rendre compte de la disparition du révérend père Bruckberger, dans les premiers jours de 1998. Il appartenait à l’ordre de saint Dominique, où il était entré en 1929, mais il eût été opportun de rappeler que ce fils d’un Autrichien et d’une Française, né en 1907 à Murat, dans le Cantal (où son père, ingénieur, s’était installé), avait d’abord choisi d’entrer, à 22 ans, dans "l’ordre de la chevalerie et des batailles", non dans une association de beaux esprits, et que nul ne fut moins iconoclaste (étymologiquement : "briseur d’images saintes") que lui. On voit bien ce que Le Figaro et Le Monde voulaient suggérer : dans la langue commune, iconoclaste a fini par signifier marginal, non-conformiste, à contre-courant. Et il est vrai que l’auteur d’Au diable le père Bruck (Plon,…
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Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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