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Devant l'histoire (110)

26 mars 1962, le grand tournant     19 mars 1962, Evian. Les accords signés par le gouvernement français et le GPRA (gouvernement provisoire de la république algérienne) mettent officiellement fin à la guerre d’Algérie. 22 mars 1962, Alger. Des hommes de l’OAS (organisation armée secrète) abattent six soldats français du contingent qui circulaient à bord d’un camion. L’embuscade a été tendue place Desaix, dans le quartier populaire de Bab el Oued. Ce lâche assassinat de jeunes appelés soulève l’indignation et provoque immédiatement une réaction des autorités françaises. Mais pas directement contre l’OAS : contre la population algéroise elle-même, soupçonnée de soutenir les assassins. En bonne doctrine de guerre civile contrerévolutionnaire, cela s’appelle vider l’eau pour asphyxier les poissons.   Bab el Oued est en état de siège. L’aviation mitraille le quartier. L’armée et les forces de l’ordre se livrent à un quadrillage impitoyable, pâté de maison par pâté de maison,…
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Hélie de Saint Marc, l'honneur d'un commandant   Le maire de Béziers a inauguré samedi une rue Hélie Denoix de Saint Marc. L'électorat pied-noir, nombreux dans cette ville, a certainement été sensible à ce geste qui met à l'honneur une figure des dernières heures de la présence française en Algérie. La gauche, elle, s'est indignée. Manuel Valls a commenté la cérémonie : "C'est rance, c'est triste" et Stéphane Le Foll dénoncé "la nostalgie de l'Algérie française". "Rance", "nostalgie", des mots qui conviennent bien mal à la personnalité du commandant de Saint Marc.   Né en 1922, il était entré très jeune dans la Résistance (réseau Jade Amicol). Est-il rance ce geste de révolte, cet engagement courageux qui lui valut d'être arrêté par la police allemande et déporté à Buchenwald où il passera dix-huit mois dans un des pires satellites du camp, Langenstein ? "Les justes mouraient comme des chiens, écrira-t-il…
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9 mars 1945 : la fin de l’Indochine française   Une commémoration importante vient de passer presque inaperçue dans le ciel médiatique : celle des évènements du 9 mars 1945 en Indochine. Une messe aux Invalides et la pose d’une plaque commémorative… une cérémonie à la pagode du Souvenir indochinois au bois de Vincennes suivie d’un déjeuner qui a rassemblé une poignée de survivants de cette tragédie, entourés de quelques proches… c’est à peu près tout. Au 9 mars 2015, qui se souvient encore de ce qui s’est passé exactement soixante-dix ans plus tôt en Indochine ? Ce fut pourtant un évènement clé où se joua le destin de notre colonie d’Extrême-Orient, la "perle de l’empire".   Le paradoxe de l’Indochine française est d’avoir été perpétuellement décalée par rapport au reste du monde à partir de juin 1940. Alors que le Pacifique n’est pas encore entré dans la guerre mondiale (ce sera seulement le…
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Islamisme : le retour de l’Histoire   Deux livres ont nourri un débat de fond vers la fin du siècle dernier : le Choc des civilisations, de Samuel Huntington, et la Fin de l’Histoire et le Dernier Homme, de Francis Fukuyama. Huntington jugeait inéluctable un conflit entre l’Occident et l’islamisme, tandis que Fukuyama prophétisait une humanité pacifiée par l’avènement non moins inéluctable de la démocratie et d’une économie aboutissant à l’abondance. Je crois qu’ils se trompaient l’un et l’autre.   Ce que Huntington qualifie d’Occident n’est plus la civilisation mûrie dans notre vieille Europe, mais un bazar consumériste mondialisé où prévalent un individualisme radical et un scepticisme mâtiné d’idolâtrie de la technique. C’est notre univers, celui des pays riches et des nantis dans les pays pauvres. Dante, Cervantès, Shakespeare, Goethe ou Proust s’y sentiraient en exil. L’islamisme radical lui oppose, certes, une alternative politique, mais ses sectateurs convoitent eux aussi…
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Un crime presque parfait contre l'histoire C'était le 15 décembre 2014, lors de l'inauguration du musée de l'histoire de l'immigration installé au "Palais de la Porte dorée" à Paris (12ème). Sous le prétexte d'inaugurer ce musée, ouvert depuis plus de sept années,  le 10 octobre 2007, c'est en réalité toute une époque de l'Histoire de France qui a été insidieusement rayée de l'Histoire : un vrai tour de magie grâce aux non-dits du discours officiel. Mais, heureusement les faits sont têtus.   Saturés que nous sommes d'assister impuissants et en permanence aux  gesticulations écrites, visuelles et verbales - à la limite du lavage de cerveau - dont nous abreuvent bien des médias, beaucoup sont passés à côté de cette information peu ou mal relayée, malgré un message qui n'était pas anodin. Et, il faut noter que les commentateurs esclaves de l'immédiateté et de l'exclusivité n'y ont rien vu ou n'ont rien voulu y voir. Il faut concéder que le message…
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De qui Georges Marchais est-il le nom ?   Dans la récente douche froide qu’il a administrée à la Curie romaine, le pape François a énuméré les quinze maladies dont souffrent ses plus proches collaborateurs. La sixième n’est pas la moindre : il s’agit d’une "maladie d’Alzheimer spirituelle", qui entraîne, chez ceux qui en sont atteints, une perte de la mémoire de leur rencontre avec le Seigneur. On est tenté de reprendre cette judicieuse métaphore à l’intention de nos contemporains affligés d’une inquiétante "maladie d’Alzheimer historique", dont le symptôme le plus évident est une perte de la mémoire de faits pourtant établis depuis belle lurette. Voyez ainsi ce qui s’est passé à Villejuif. Parce que la nouvelle municipalité a décidé de donner au "parvis Georges Marchais" le nom d’un grand savant - le professeur Georges Mathé, précurseur de la cancérologie moderne, pionnier de la greffe de moelle, de l’immunothérapie et de la…
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Jean Cau, le dernier "grand frère"   Un gêneur, un empêcheur de penser en rond, un pourfendeur de sottises et de bassesses, un imprécateur dans la veine des deux Léon (Bloy, Daudet) et de Bernanos : les épithètes se bousculent lorsqu'on évoque Jean Cau (1925-1993). Lui-même, dans sa propre notice nécrologique rédigée pour le Dictionnaire de la littérature française, publié par Jérôme Garcin aux éditions François Bourin en 1988, se définissait comme "une sorte de caillou dans les lentilles de la littérature du XXe siècle". Il appelait souvent au téléphone son ami Louis Pauwels : "Je m'installais pour entendre le récital de Cassandre", écrivait Pauwels dans un article rendant compte de L'Orgueil des mots, le livre posthume de Cau (Editions Filipacchi, 1995).   Il revenait de loin, le "fils du peuple" catalan, licencié en philosophie, que l'on surnommait "le Loup" dans sa jeunesse, et dont Sartre eut le bon goût…
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Lyautey, une référence à perte de vue A première vue, le fait de classer Hubert Lyautey (1854-1934), maréchal de France et académicien parmi les humanistes peut satisfaire ceux qui ne se réfèrent qu’à des normes habituelles. Or, cet homme de génie, souvent insaisisable, refusait, et à juste titre, de se laisser enfermer dans des clichés. Nombreuses sont les raisons qui font de lui, non seulement un symbole, mais une référence pour les hommes de notre temps, tant par son exemple que par ses visions à perte de vue, bien au-delà de l’horizon masqué par un "enfumage" permanent et soigneusement dosé. A voir avec quel fanatisme les "forces du mal" s’acharnent à tout détruire, il ne peut plus y avoir de doute sur l’intérêt de se référer à un véritable homme d’Etat et de puiser dans ses propos et ses actes des idées et de l’énergie. Et l’urgence s’affirme de jour en jour car, plus le temps passe plus nous…
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La famille dans la crèche  La tradition laisse entendre que saint François d’Assise serait le créateur des crèches, telles que nous les connaissons. Lors de la nuit de Noël de l’an 1223, dans les Abruzzes, celui que son père désigna sous le nom de François, car il revenait de France au moment de sa naissance, fit dresser un autel au-dessus d’une mangeoire entourée d’un âne et d’un bœuf dans une grotte afin d’évoquer Bethléem. "Et l’enthousiasme des habitants fut à la mesure de la ferveur du saint", raconte Nadine Cretin, auteur du Livre de Noël, avant de préciser que le développement de la crèche repose en fait sur deux évènements. (1) Les mystères qui se déroulaient sur les parvis des églises, devenus trop bruyants et trop divertissants, furent interdits au XVIe siècle. La lutte contre la Réforme encouragea par ailleurs les représentations immobiles de la nativité et contribua à l’apparition…
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