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Devant l'histoire (109)

Penser la surprise stratégique   La notion de "surprise stratégique" (un évènement imprévu aux conséquences majeures au niveau international) - et plus généralement celle de "surprise" - s’impose au stratège comme un phénomène incontournable, pourtant trop souvent méprisé. C’est que la réalité de l’histoire s’oppose à la rationalité naturelle de l’homme. La première n’est forgée que de ruptures : finalement déterminée par un petit nombre d’événements extrêmes, elle ne progresse pas de manière linéaire, mais de manière chaotique, de ruptures imprévues en ruptures imprévues. Le second raisonne naturellement dans un esprit de continuité structuré par l’idée (fausse) de progrès permanent. Le problème est là : notre cécité face au hasard, notre difficulté à appréhender les surprises qui marquent inéluctablement et de plus en plus souvent la progression du temps proviennent de notre incapacité à penser la discontinuité du monde. Nous privilégions les constructions mentales claires et rationnelles et nous écartons les éventualités…
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Louis Calaferte, "démesurément profond"   "Au commencement était le Sexe. Sauveur. Chargé d'immortalité. Il y a la bête. Héroïque. Puissante. Et au-delà de la Bête il n'y a rien. Rien sinon Dieu Lui-même. Magnifique et pesant. Avec son œil de glace. Rond. Statique. Démesurément profond. Fixe jusqu'à l'hypnose. Tragique regard d'oiseau. Allumé et cruel. Impénétrable de détachement. Rivé sur l'infini où tout arrive."   En 1963, Louis Calaferte publie son troisième livre, Septentrion, dont l’incipit a toutes les allures d’un credo. Dans les trente années qui suivront, son œuvre – plus de 80 titres : récits, romans, essais, pièces de théâtres, recueils de poèmes, carnets – tournera autour de ces grands thèmes : le sexe, Dieu, l’infini. L’univers d’un grand créateur surgit d’un chaos auquel il ne cessera de se mesurer, d’une nappe souterraine et trouble où il ne cessera de puiser.   Né en 1928, dans une famille très modeste de…
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1) Qu’est-ce qui, dans la politique de Richelieu, a contribué à façonner la France jusqu’à la deuxième moitié du XXe siècle ? Richelieu agit dans un contexte historique précis : l’affaiblissement de la monarchie après la mort d’Henri IV et la minorité de Louis XIII. Dans le Testament politique, il écrit que "chacun mesurait son mérite par son audace" et que "la dignité de la majesté royale était tellement ravalée qu’il était presque impossible de la reconnaître." Pour lui, l’autorité du roi est le principe d’unité qui s’inscrit dans une vision religieuse du monde. Mais elle s’incarne dans l’Etat, dont il est le premier à comprendre la nature nouvelle et profonde. Après la période napoléonienne, à mesure que la société française se déchristianise, cette forme de transcendance que représente l’Etat en lui-même – une constitution administrative sécularisée, puis laïcisée - demeure le pivot du système français, en l’absence de toute constitution politique…
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Faillites : 1814 - 1914 - 2014 Avec une opiniâtreté sans faille, les Européens, et en particulier les Français, s’autodétruisent avec une régularité d’horloge. D’où leur vient ce goût immodéré pour l’auto anéantissement, la faillite collective ? Pour le plaisir, l’auto satisfaction de pouvoir, encore et toujours, se reconstruire ? Quelle vanité ! Quelle folie !   1814 : On en fêta le bi-centenaire, surtout dans le nord de la France, avec des festivités, des reconstitutions, des cérémonies qui ressemblent à des mascarades, un peu gênantes, sauf pour les bonapartistes acharnés. Pourtant il n’y a pas de quoi être fier : Après les désastres de Russie, les combats de recul sur les territoires polono-germaniques, voilà la guerre en France : le territoire est envahi : ce sera la première de 4 fois : 1814, 1870, 1914 et 1940… Cette dernière fois, c’est "complètement". Toujours face au même ennemi : l’indomptable Prussien. Après la première algarade de Champagne et de Brie…
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Raymond-Léopold Bruckberger, bête noire des bien-pensants   "Un dominicain iconoclaste": la grande presse, comme d’habitude, a choisi la facilité pour rendre compte de la disparition du révérend père Bruckberger, dans les premiers jours de 1998. Il appartenait à l’ordre de saint Dominique, où il était entré en 1929, mais il eût été opportun de rappeler que ce fils d’un Autrichien et d’une Française, né en 1907 à Murat, dans le Cantal (où son père, ingénieur, s’était installé), avait d’abord choisi d’entrer, à 22 ans, dans "l’ordre de la chevalerie et des batailles", non dans une association de beaux esprits, et que nul ne fut moins iconoclaste (étymologiquement : "briseur d’images saintes") que lui. On voit bien ce que Le Figaro et Le Monde voulaient suggérer : dans la langue commune, iconoclaste a fini par signifier marginal, non-conformiste, à contre-courant. Et il est vrai que l’auteur d’Au diable le père Bruck (Plon,…
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Un sondage IFOP-JDD révèle que 85% des Français ne font pas confiance à la politique économique du gouvernement. Or, aucun redressement, aucune sortie de crise n’est envisageable sans la confiance. C’est un constat historique, les grands rétablissements de l’histoire ont toujours reposé sur la confiance : Raymond Poincaré en 1922 et 1926, Antoine Pinay en 1952 et 1958 (avec Jacques Rueff), Raymond Barre en 1976. Les entreprises investissent et recrutent quand elles sont portées par une confiance générale dans l’avenir, un climat d’ensemble qui n’est pas seulement économique d’ailleurs, mais lié à la solidité des institutions, la stabilité et l’unité du corps social, la sécurité internationale, un environnement rassurant. Cette confiance, il incombe aux dirigeants politiques non seulement de l’inspirer, mais aussi de l’incarner. Or, les hommes qui représentent aujourd’hui le pouvoir souffrent d’un discrédit qui n’a sans doute pas de précédent historique. Ils se voient confrontés à une contradiction…
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La double mort du tsar Alexandre Ier : une énigme russe bientôt élucidée ? Il s’est produit plusieurs irrégularités curieuses, à la mort du tsar Alexandre Ier, qui eut lieu à Taganrog, port de la mer d’Azov, le 19 novembre 1825, à la suite d’un bref coup de froid. Ceux qui virent sa dépouille ne le reconnurent pas. Ils furent peu nombreux puisque, lors des funérailles à Saint-Petersbourg, on présenta à la vénération populaire un cercueil fermé, contrairement à la tradition orthodoxe. Depuis, la tombe du tsar a été ouverte à plusieurs reprises, aussi bien sous le régime tsariste que soviétique : chaque fois, le cercueil a été trouvé vide. La fausse mort présumée du petit-fils de Catherine II, vainqueur de Napoléon en 1812, fait partie de ces grandes énigmes historiques qui passionnent la postérité et donnent carrière à l’imposture autant qu’à la légende. Mais dans le cas d’Alexandre Ier,…
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Vers la fin des années 1970, lorsque l'on demandait à Fernand Braudel quels étaient ses projets, il confiait volontiers qu'il avait entrepris une Histoire de France en trois parties. Un an avant sa mort, il expliquait dans un entretien avec Le Magazine littéraire : L'Histoire de France que j'écris est, à son départ, une histoire selon la longue durée, l'étude de changements très lents qui ont demandé des siècles pour s'accomplir. [...] L'important, pour moi, c'est l'identité de la France." Ce devait être le titre du tome premier, c'est devenu le titre de l'ensemble des trois volumes publiés par Arthaud et Flammarion en 1986, quelques mois après sa mort. Dès l'introduction de ce millier de pages à la fois érudites et limpides, il définissait en ces termes le concept qui avait inspiré sa recherche : "Qu'entendre par identité de la France ? Sinon une sorte de superlatif, sinon une problématique…
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... ou l’amour de la vérité   Pourquoi un professeur d'histoire économique à la Sorbonne décide-t-il, à 55 ans, de s’engager dans la Résistance ? La réponse à cette question simple ne ressortit nullement d'une argumentation complexe : En 1941, on entre en résistance parce qu'on est Français, que l'on aime la France et que l'on désire la défendre contre ceux qui veulent la faire disparaître. Juif d'origine alsacienne (1), fils d'un professeur d'histoire romaine à la Sorbonne, Marc Bloch parlait de la France comme personne : "J'y suis né, j'ai bu aux sources de sa culture, j'ai fait mien son passé, je ne respire bien que sous son ciel et je me suis efforcé de la défendre de mon mieux", écrivait-il (L'Etrange défaite). Il la défendit au grand jour, les armes à la main, en se portant volontaire, à deux reprises. Une première fois en août 1914 : mobilisé…
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