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Devant l'histoire (104)

Un sondage IFOP-JDD révèle que 85% des Français ne font pas confiance à la politique économique du gouvernement. Or, aucun redressement, aucune sortie de crise n’est envisageable sans la confiance. C’est un constat historique, les grands rétablissements de l’histoire ont toujours reposé sur la confiance : Raymond Poincaré en 1922 et 1926, Antoine Pinay en 1952 et 1958 (avec Jacques Rueff), Raymond Barre en 1976. Les entreprises investissent et recrutent quand elles sont portées par une confiance générale dans l’avenir, un climat d’ensemble qui n’est pas seulement économique d’ailleurs, mais lié à la solidité des institutions, la stabilité et l’unité du corps social, la sécurité internationale, un environnement rassurant. Cette confiance, il incombe aux dirigeants politiques non seulement de l’inspirer, mais aussi de l’incarner. Or, les hommes qui représentent aujourd’hui le pouvoir souffrent d’un discrédit qui n’a sans doute pas de précédent historique. Ils se voient confrontés à une contradiction…
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La double mort du tsar Alexandre Ier : une énigme russe bientôt élucidée ? Il s’est produit plusieurs irrégularités curieuses, à la mort du tsar Alexandre Ier, qui eut lieu à Taganrog, port de la mer d’Azov, le 19 novembre 1825, à la suite d’un bref coup de froid. Ceux qui virent sa dépouille ne le reconnurent pas. Ils furent peu nombreux puisque, lors des funérailles à Saint-Petersbourg, on présenta à la vénération populaire un cercueil fermé, contrairement à la tradition orthodoxe. Depuis, la tombe du tsar a été ouverte à plusieurs reprises, aussi bien sous le régime tsariste que soviétique : chaque fois, le cercueil a été trouvé vide. La fausse mort présumée du petit-fils de Catherine II, vainqueur de Napoléon en 1812, fait partie de ces grandes énigmes historiques qui passionnent la postérité et donnent carrière à l’imposture autant qu’à la légende. Mais dans le cas d’Alexandre Ier,…
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Vers la fin des années 1970, lorsque l'on demandait à Fernand Braudel quels étaient ses projets, il confiait volontiers qu'il avait entrepris une Histoire de France en trois parties. Un an avant sa mort, il expliquait dans un entretien avec Le Magazine littéraire : L'Histoire de France que j'écris est, à son départ, une histoire selon la longue durée, l'étude de changements très lents qui ont demandé des siècles pour s'accomplir. [...] L'important, pour moi, c'est l'identité de la France." Ce devait être le titre du tome premier, c'est devenu le titre de l'ensemble des trois volumes publiés par Arthaud et Flammarion en 1986, quelques mois après sa mort. Dès l'introduction de ce millier de pages à la fois érudites et limpides, il définissait en ces termes le concept qui avait inspiré sa recherche : "Qu'entendre par identité de la France ? Sinon une sorte de superlatif, sinon une problématique…
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... ou l’amour de la vérité   Pourquoi un professeur d'histoire économique à la Sorbonne décide-t-il, à 55 ans, de s’engager dans la Résistance ? La réponse à cette question simple ne ressortit nullement d'une argumentation complexe : En 1941, on entre en résistance parce qu'on est Français, que l'on aime la France et que l'on désire la défendre contre ceux qui veulent la faire disparaître. Juif d'origine alsacienne (1), fils d'un professeur d'histoire romaine à la Sorbonne, Marc Bloch parlait de la France comme personne : "J'y suis né, j'ai bu aux sources de sa culture, j'ai fait mien son passé, je ne respire bien que sous son ciel et je me suis efforcé de la défendre de mon mieux", écrivait-il (L'Etrange défaite). Il la défendit au grand jour, les armes à la main, en se portant volontaire, à deux reprises. Une première fois en août 1914 : mobilisé…
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Le sujet est resté longtemps tabou. Si le cinéma a popularisé les noms des grands chefs révolutionnaires mexicains comme Zapata (interprété par Marlon Brando dans Viva Zapata, d'Elia Kazan en 1952) et Pancho Villa (avec Yul Brynner dans le rôle-titre du Pancho Villa de Buzz Kulik), c’est la première fois qu’il raconte ce chapitre ignoré de l’histoire du Mexique : l’insurrection des Cristeros, de 1926 à 1929. Les historiens eux-mêmes sont peu nombreux à l’avoir exploré, ce qui rend d’autant plus précieux les travaux de Jean Meyer qui ont servi de base au scénario de Cristeros, de Dean Wright. Les trois années sanglantes de ce qu’on va appeler la Cristiada sont la conséquence d’une politique de plus en plus ouvertement hostile à l’Église, depuis que la guerre civile de 1910 a amené les révolutionnaires au pouvoir. Dans un pays profondément catholique, l’Église reste la principale institution sociale. La Constitution de…
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ou la "véhémence d’être".   Comme avant lui tant d’autres "éclaireurs", Pierre Boutang (1916-1998) s’est éclipsé dans une discrétion qui n’honore guère notre époque. Quatre colonnes dans Le Figaro, trois dans Le Monde  ne suffisent guère pour le mausolée qu’eût mérité un intellectuel aussi fécond, dont un autre grand intellectuel, le philosophe austro-britannique George Steiner, saluait voici quelques années la virtuosité et le "véhémence d’être". Ils s’étaient rencontrés en 1980. Steiner avait lu l’Ontologie du secret, la thèse d’Etat de Boutang, publiée en 1973 (1) ; il y avait immédiatement vu "l’un des maîtres-textes métaphysiques de notre siècle" - Boutang, selon lui, était à ranger quelque part entre Joseph de Maistre et Martin Heidegger. Steiner et Boutang avaient en commun la passion de la philosophie du langage et une profonde intégrité. Ils se plurent, se virent régulièrement et finirent par cosigner un des plus brillants essais des vingt dernières années…
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Si on veut parler de l’esclavage, on ne peut s’en tenir à des idées simplistes ou émotionnelles. Il vaut mieux écouter les historiens ou Alain Mabanckou plutôt que Madame Taubira. Essayons de faire le point. L’esclavage semble avoir été inventé en Afrique, mais tous, Noirs et Blancs, y ont joué et jouent un rôle important : l’esclavage continue au Soudan. Slaves dérive d’esclave, et l’actuelle Europe de l’Est fut pendant des siècles un terrain de chasse pour les chasseurs d’esclaves, depuis les Grecs et les Romains. Du VIII° au XIX° siècle, des négriers africains, le plus souvent musulmans, chassaient l’esclave et les vendaient à la côte à des transitaires africains, qui les revendaient aux négriers européens. On ne peut rien comprendre à la haine entre côtiers et Africains de l’intérieur si l’on oublie ce commerce infâme. Les historiens évaluent à 40 millions le nombre d’Africains pris en esclavage : - 17 millions…
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Le film de Christophe Cognet "Parce que j’étais peintre" est le documentaire que l’on attendait sur la peinture dans les camps d’extermination : que n’a-t-on pas dit contre la Peinture et sa supposée inutilité, sa ringardise, son inefficacité face à la barbarie. Dans ce film, les historiens sont présents, certes, mais discrètement, pour mieux laisser la parole aux artistes déportés encore vivants et confronter les œuvres à ce qu’il reste des lieux concentrationnaires aujourd’hui, sans pathos (pas de "sauce" musicale qui engluerait le propos par exemple). Le film enquête sur ces croquis et dessins réalisés clandestinement, et pose d’emblée la question de la Beauté : avait-elle sa place dans les camps ? Même s’il n’y a pas de réponse unique, certains peintres, eux-mêmes plongés dans l’enfer des camps, ont répondu et répondent encore oui. Le peintre slovène Zoran Music (déporté à Dachau), dont une citation sert d’exergue au film, exprime une "nécessité…
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... "la rédemption par l’écriture"   A sa mort, un critique littéraire sûrement bien intentionné, mais complètement idiot, a écrit qu’il avait "donné à l’argot ses lettres de noblesse". C’est, toutes proportions gardées, comme si l’on assurait que Proust avait renouvelé le roman mondain. Réduire l’œuvre d’Alphonse Boudard à l’argot et au folklore qui l’entoure habituellement - les malfrats, les prostituées, le milieu et sa légendaire "morale" - est un de ces lieux communs dont sont friands les esprits superficiels, plus occupés à coller des étiquettes qu’à aller voir ce qu’elles recouvrent. L’argot lui a seulement permis de trouver sa voie lorsque, après une enfance chaotique et une jeunesse agitée, il s‘est mis à écrire. "L’argot, confiait-il, a été mon émerveillement de toujours, mon initiation à la poésie." Mais Boudard, c’était avant tout un grand écrivain français. Il avait mis la "langue verte" au service de la suprême patronne à…
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