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Devant l'histoire (116)

Islamisme : le retour de l’Histoire   Deux livres ont nourri un débat de fond vers la fin du siècle dernier : le Choc des civilisations, de Samuel Huntington, et la Fin de l’Histoire et le Dernier Homme, de Francis Fukuyama. Huntington jugeait inéluctable un conflit entre l’Occident et l’islamisme, tandis que Fukuyama prophétisait une humanité pacifiée par l’avènement non moins inéluctable de la démocratie et d’une économie aboutissant à l’abondance. Je crois qu’ils se trompaient l’un et l’autre.   Ce que Huntington qualifie d’Occident n’est plus la civilisation mûrie dans notre vieille Europe, mais un bazar consumériste mondialisé où prévalent un individualisme radical et un scepticisme mâtiné d’idolâtrie de la technique. C’est notre univers, celui des pays riches et des nantis dans les pays pauvres. Dante, Cervantès, Shakespeare, Goethe ou Proust s’y sentiraient en exil. L’islamisme radical lui oppose, certes, une alternative politique, mais ses sectateurs convoitent eux aussi…
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Un crime presque parfait contre l'histoire C'était le 15 décembre 2014, lors de l'inauguration du musée de l'histoire de l'immigration installé au "Palais de la Porte dorée" à Paris (12ème). Sous le prétexte d'inaugurer ce musée, ouvert depuis plus de sept années,  le 10 octobre 2007, c'est en réalité toute une époque de l'Histoire de France qui a été insidieusement rayée de l'Histoire : un vrai tour de magie grâce aux non-dits du discours officiel. Mais, heureusement les faits sont têtus.   Saturés que nous sommes d'assister impuissants et en permanence aux  gesticulations écrites, visuelles et verbales - à la limite du lavage de cerveau - dont nous abreuvent bien des médias, beaucoup sont passés à côté de cette information peu ou mal relayée, malgré un message qui n'était pas anodin. Et, il faut noter que les commentateurs esclaves de l'immédiateté et de l'exclusivité n'y ont rien vu ou n'ont rien voulu y voir. Il faut concéder que le message…
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De qui Georges Marchais est-il le nom ?   Dans la récente douche froide qu’il a administrée à la Curie romaine, le pape François a énuméré les quinze maladies dont souffrent ses plus proches collaborateurs. La sixième n’est pas la moindre : il s’agit d’une "maladie d’Alzheimer spirituelle", qui entraîne, chez ceux qui en sont atteints, une perte de la mémoire de leur rencontre avec le Seigneur. On est tenté de reprendre cette judicieuse métaphore à l’intention de nos contemporains affligés d’une inquiétante "maladie d’Alzheimer historique", dont le symptôme le plus évident est une perte de la mémoire de faits pourtant établis depuis belle lurette. Voyez ainsi ce qui s’est passé à Villejuif. Parce que la nouvelle municipalité a décidé de donner au "parvis Georges Marchais" le nom d’un grand savant - le professeur Georges Mathé, précurseur de la cancérologie moderne, pionnier de la greffe de moelle, de l’immunothérapie et de la…
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Jean Cau, le dernier "grand frère"   Un gêneur, un empêcheur de penser en rond, un pourfendeur de sottises et de bassesses, un imprécateur dans la veine des deux Léon (Bloy, Daudet) et de Bernanos : les épithètes se bousculent lorsqu'on évoque Jean Cau (1925-1993). Lui-même, dans sa propre notice nécrologique rédigée pour le Dictionnaire de la littérature française, publié par Jérôme Garcin aux éditions François Bourin en 1988, se définissait comme "une sorte de caillou dans les lentilles de la littérature du XXe siècle". Il appelait souvent au téléphone son ami Louis Pauwels : "Je m'installais pour entendre le récital de Cassandre", écrivait Pauwels dans un article rendant compte de L'Orgueil des mots, le livre posthume de Cau (Editions Filipacchi, 1995).   Il revenait de loin, le "fils du peuple" catalan, licencié en philosophie, que l'on surnommait "le Loup" dans sa jeunesse, et dont Sartre eut le bon goût…
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Lyautey, une référence à perte de vue A première vue, le fait de classer Hubert Lyautey (1854-1934), maréchal de France et académicien parmi les humanistes peut satisfaire ceux qui ne se réfèrent qu’à des normes habituelles. Or, cet homme de génie, souvent insaisisable, refusait, et à juste titre, de se laisser enfermer dans des clichés. Nombreuses sont les raisons qui font de lui, non seulement un symbole, mais une référence pour les hommes de notre temps, tant par son exemple que par ses visions à perte de vue, bien au-delà de l’horizon masqué par un "enfumage" permanent et soigneusement dosé. A voir avec quel fanatisme les "forces du mal" s’acharnent à tout détruire, il ne peut plus y avoir de doute sur l’intérêt de se référer à un véritable homme d’Etat et de puiser dans ses propos et ses actes des idées et de l’énergie. Et l’urgence s’affirme de jour en jour car, plus le temps passe plus nous…
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La famille dans la crèche  La tradition laisse entendre que saint François d’Assise serait le créateur des crèches, telles que nous les connaissons. Lors de la nuit de Noël de l’an 1223, dans les Abruzzes, celui que son père désigna sous le nom de François, car il revenait de France au moment de sa naissance, fit dresser un autel au-dessus d’une mangeoire entourée d’un âne et d’un bœuf dans une grotte afin d’évoquer Bethléem. "Et l’enthousiasme des habitants fut à la mesure de la ferveur du saint", raconte Nadine Cretin, auteur du Livre de Noël, avant de préciser que le développement de la crèche repose en fait sur deux évènements. (1) Les mystères qui se déroulaient sur les parvis des églises, devenus trop bruyants et trop divertissants, furent interdits au XVIe siècle. La lutte contre la Réforme encouragea par ailleurs les représentations immobiles de la nativité et contribua à l’apparition…
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Réflexions sur la guerre de 1914/1918, dans le  Midi toulousain et sur le Général de Castelnau Réflexions sur le 1er conflit mondial    Lorsqu’on parle du 1° conflit mondial, la vulgate actuelle jongle avec une série de poncifs : "plus jamais ça, boucherie inutile, généraux stupides, sacrifices vains, pantalons rouges, offensives stériles, fusillés et décimations,… etc." Systématiquement, les fautes des responsables politiques sont éludées. On rappelle les conférences du Commandant de Grandmaison à l’Ecole de Guerre en 1914, mais on oublie de citer le Président Fallières, chef constitutionnel des armées, qui déclara le 9 janvier 1912 : "Nous sommes résolus à marcher droit à l’ennemi sans arrière-pensée, l’offensive convient au tempérament de nos soldats et doit nous assurer la victoire, à condition de consacrer à la lutte toutes nos forces actives sans exception."   Les alliances nouées avec la Grande-Bretagne et la Russie avaient en effet imposé le passage à une stratégie…
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Penser la surprise stratégique   La notion de "surprise stratégique" (un évènement imprévu aux conséquences majeures au niveau international) - et plus généralement celle de "surprise" - s’impose au stratège comme un phénomène incontournable, pourtant trop souvent méprisé. C’est que la réalité de l’histoire s’oppose à la rationalité naturelle de l’homme. La première n’est forgée que de ruptures : finalement déterminée par un petit nombre d’événements extrêmes, elle ne progresse pas de manière linéaire, mais de manière chaotique, de ruptures imprévues en ruptures imprévues. Le second raisonne naturellement dans un esprit de continuité structuré par l’idée (fausse) de progrès permanent. Le problème est là : notre cécité face au hasard, notre difficulté à appréhender les surprises qui marquent inéluctablement et de plus en plus souvent la progression du temps proviennent de notre incapacité à penser la discontinuité du monde. Nous privilégions les constructions mentales claires et rationnelles et nous écartons les éventualités…
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Louis Calaferte, "démesurément profond"   "Au commencement était le Sexe. Sauveur. Chargé d'immortalité. Il y a la bête. Héroïque. Puissante. Et au-delà de la Bête il n'y a rien. Rien sinon Dieu Lui-même. Magnifique et pesant. Avec son œil de glace. Rond. Statique. Démesurément profond. Fixe jusqu'à l'hypnose. Tragique regard d'oiseau. Allumé et cruel. Impénétrable de détachement. Rivé sur l'infini où tout arrive."   En 1963, Louis Calaferte publie son troisième livre, Septentrion, dont l’incipit a toutes les allures d’un credo. Dans les trente années qui suivront, son œuvre – plus de 80 titres : récits, romans, essais, pièces de théâtres, recueils de poèmes, carnets – tournera autour de ces grands thèmes : le sexe, Dieu, l’infini. L’univers d’un grand créateur surgit d’un chaos auquel il ne cessera de se mesurer, d’une nappe souterraine et trouble où il ne cessera de puiser.   Né en 1928, dans une famille très modeste de…
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