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Devant l'histoire (116)

Si on veut parler de l’esclavage, on ne peut s’en tenir à des idées simplistes ou émotionnelles. Il vaut mieux écouter les historiens ou Alain Mabanckou plutôt que Madame Taubira. Essayons de faire le point. L’esclavage semble avoir été inventé en Afrique, mais tous, Noirs et Blancs, y ont joué et jouent un rôle important : l’esclavage continue au Soudan. Slaves dérive d’esclave, et l’actuelle Europe de l’Est fut pendant des siècles un terrain de chasse pour les chasseurs d’esclaves, depuis les Grecs et les Romains. Du VIII° au XIX° siècle, des négriers africains, le plus souvent musulmans, chassaient l’esclave et les vendaient à la côte à des transitaires africains, qui les revendaient aux négriers européens. On ne peut rien comprendre à la haine entre côtiers et Africains de l’intérieur si l’on oublie ce commerce infâme. Les historiens évaluent à 40 millions le nombre d’Africains pris en esclavage : - 17 millions…
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Le film de Christophe Cognet "Parce que j’étais peintre" est le documentaire que l’on attendait sur la peinture dans les camps d’extermination : que n’a-t-on pas dit contre la Peinture et sa supposée inutilité, sa ringardise, son inefficacité face à la barbarie. Dans ce film, les historiens sont présents, certes, mais discrètement, pour mieux laisser la parole aux artistes déportés encore vivants et confronter les œuvres à ce qu’il reste des lieux concentrationnaires aujourd’hui, sans pathos (pas de "sauce" musicale qui engluerait le propos par exemple). Le film enquête sur ces croquis et dessins réalisés clandestinement, et pose d’emblée la question de la Beauté : avait-elle sa place dans les camps ? Même s’il n’y a pas de réponse unique, certains peintres, eux-mêmes plongés dans l’enfer des camps, ont répondu et répondent encore oui. Le peintre slovène Zoran Music (déporté à Dachau), dont une citation sert d’exergue au film, exprime une "nécessité…
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... "la rédemption par l’écriture"   A sa mort, un critique littéraire sûrement bien intentionné, mais complètement idiot, a écrit qu’il avait "donné à l’argot ses lettres de noblesse". C’est, toutes proportions gardées, comme si l’on assurait que Proust avait renouvelé le roman mondain. Réduire l’œuvre d’Alphonse Boudard à l’argot et au folklore qui l’entoure habituellement - les malfrats, les prostituées, le milieu et sa légendaire "morale" - est un de ces lieux communs dont sont friands les esprits superficiels, plus occupés à coller des étiquettes qu’à aller voir ce qu’elles recouvrent. L’argot lui a seulement permis de trouver sa voie lorsque, après une enfance chaotique et une jeunesse agitée, il s‘est mis à écrire. "L’argot, confiait-il, a été mon émerveillement de toujours, mon initiation à la poésie." Mais Boudard, c’était avant tout un grand écrivain français. Il avait mis la "langue verte" au service de la suprême patronne à…
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Georges Bernanos, le "démolisseur d’impostures" Nul besoin d’attendre les anniversaires (1) pour renouer avec Bernanos, trop souvent victime d'un travers de la critique consistant à coller à la légère des étiquettes sur des œuvres qui la dépassent. Non, l'auteur du Journal d'un curé de campagne ne fut pas seulement un romancier catholique. Il fut d'abord un "démolisseur d'impostures", selon sa propre définition, un homme libre jusqu'au paroxysme. Un catholique, oui, mais qui affirmait : "Aux hommes qui ont lu Marx et Lénine, il est comique d'offrir en trépignant de ferveur l'encyclique Rerum novarum." Un maurrassien, qui accusera un jour le chef de l'Action française d'avoir engagé "le vieil honneur royaliste dans une espèce d'aventure hagarde, truquée comme un mauvais film".Un gaulliste, dont de Gaulle disait avec autant d'admiration que d'irritation : "Celui-là, je n'ai jamais réussi à l'accrocher à mon char !" En un mot, pour reprendre le titre de la…
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La Grande Guerre au ras des tranchées En voyant les pantalons rouge vif (le fameux garance !) des soldats français, on comprend mieux qu'ils aient été une cible idéale pour les mitrailleuses allemandes ; on se demande comment l'état-major a mis plus d'un an à le comprendre ; on songe au mot des Allemands qui parlaient de l'armée française comme de "lions conduits par des ânes" ; et on se dit que la colorisation des images de la guerre de 1914-1918 n'est pas qu'un gadget pour téléspectateurs repus. Cela se passait cette semaine sur France2. Un grand spectacle pour la "Grande Guerre". De la "mission de service public" comme on en rêve ! A la fois distraction et pédagogie. La guerre au ras du sol, au ras des hommes, au ras des armes qui crépitent. Le parti pris du réalisateur est de montrer la souffrance des soldats, leur misère quotidienne,…
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Barrès et Jaurès Lorsque le candidat de la droite à l’élection présidentielle de 2007 citait Jaurès et Blum, il faisait scandale à gauche. On y criait un peu vite à la provocation, en oubliant que Jaurès et Blum eussent été bien surpris – et probablement indignés - d’apprendre qu’ils n’appartenaient qu’à la seule gauche, alors que l’enfant de Carmaux et le petit Alsacien de Paris estimaient – à juste titre ! – qu’ils étaient français avant d’être socialistes… On n’a pas eu à s’interroger sur l’éventuelle réaction de la droite libérale devant une éventuelle référence de la candidate de la gauche socialiste à Barrès : ce cas de figure ne s’est pas présenté. Elle ignorait probablement que l’un des premiers visiteurs qui se présenta au domicile de Jean Jaurès à l’aube du 1er août 1914 était Maurice Barrès… Le chef du parti socialiste avait été assassiné la veille au soir. Introduit par…
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Endommagé en 2013, MAGISTRO revient en 2014 ...
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Emmanuel Berl, "l’écrivain français par excellence" "La politique française me semble évoluer moins comme une histoire que comme une névrose. [...] La politique devient le domaine où les mots n'ont plus de sens. La plupart des Français s'en détournent, sauf quand ils ont bu et ont envie de se disputer. [...] Les politiciens ne trouvant plus de références, l'imposture devient leur élément, le seul où ils puissent vivre. Tout se passe comme si leur métier n'était pas de chercher ce qu'il faut faire mais de trouver ce qu'il faut dire..." Ces jugements sévères ne sont nullement inspirés par la dégénérescence de l'esprit public qui caractérise la vie politique française depuis quelques décennies. Ils sont tirés d'un petit ouvrage paru il y a plus d’un demi-siècle chez Grasset sous le titre : La France irréelle. L'auteur, Emmanuel Berl, journaliste, polémiste, critique, historien, essayiste, mémorialiste, philosophe, n'avait pas l'habitude de mâcher ses…
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Le 9 janvier prochain, on fêtera le centenaire de la naissance de Richard Nixon. Enfin moi, parce que, quarante ans plus tard, l’Histoire n’a toujours pas réhabilité le trente-septième président des États-Unis. Aujourd’hui encore Nixon reste, selon le titre du documentaire rediffusé l’autre soir sur la chaîne Histoire, "l’homme que vous avez aimé haïr". Aussi absurde que ça puisse paraître, ses trente ans de vie politique, dont la moitié à la Maison-Blanche, semblent se résumer au scandale du Watergate. Ce qui intéresse Patrick Jeudy, à juste titre, ce sont les vingt-huit années d’ascension et de gloire qui ont précédé cette chute. Une success story 100 % américaine qui voit ce fils d’épicier devenir tour à tour brillant avocat, sénateur de Californie, vice-président des États-Unis puis président lui-même. La seule chose qui cloche, c’est le casting : notre héros n’a ni la gueule ni le profil de l’emploi. La classe politico-médiatique…
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