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Devant l'histoire (110)

Ainsi à l'occasion du 70ème anniversaire de la "rafle du Vel'd'Hiv", François Hollande s'est cru obligé de rappeler "la responsabilité historique de la France dans la rafle de juifs "du vélodrome d'hiver" ", "Ce crime a été commis en France par la France". Rappelons que quand on parle de "juifs de France" il s'agit en fait d'étrangers venant d'Allemagne et d'Europe centrale et que la communauté des juifs français a été la plus épargnée des persécutions nazies de toute l'Europe occupée. Je voudrais rappeler ce que j'écrivais il y a 5 ans au Monde pour le 65ème anniversaire : "Comme tous les ans vous vous sentez obligés d’ouvrir vos colonnes à Serge Klarsfeld à l’occasion de l’anniversaire de la rafle du Vel’d’Hiv . Cette année, j’apprends qu’il y eut à cette époque deux France antagonistes "celle de la collaboration et celle de la Résistance". Ceux qui ont connu cette triste…
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L'Histoire, sous toutes ses formes, est à l'honneur, ces derniers jours. On vient de découvrir à Budapest un vieillard de 97 ans, Laszlo Csatary, soupçonné d’être complice de la mort de 15 700 juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Alerté, il a pris la fuite. La Maison de l’Histoire de France, contestée par beaucoup d’historiens, vient de voir son développement suspendu par la ministre de la Culture et sera sans doute heureusement supprimée. Le président de la République, en effet, a toujours manifesté son opposition à ce projet. Il a raison car on ne fige pas plus l’Histoire dans une Maison qui lui serait officiellement réservée que dans des lois cherchant artificiellement à brider son évolution et ses recherches. Je regrette que François Hollande, malgré ces évidences, ait continué à militer cependant, comme son prédécesseur, en faveur d’une loi pénalisant la négation du génocide arménien. Il me semble qu’il y…
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Communication donnée à l'Académie des Sciences d’Outre-Mer, pour son 90ème anniversaire, 26 juin 2012. Ce 90ème anniversaire de la création de votre prestigieuse Académie me procure l’honneur et le plaisir d’évoquer aujourd’hui brièvement devant vous cette extraordinaire et fascinante personnalité qu’est le Maréchal Lyautey. (…) J’indiquerai brièvement ensuite en quoi Hubert Lyautey a été d’une parfaite fidélité à l’idéal et aux objectifs de votre Académie, et, m’appuyant sur les quatre verbes de votre Devise, j’ouvrirai quelques pistes de nature à souligner l’étonnante actualité des messages que sa vision prophétique, formulée il y a plus d’un siècle, continue à nous transmettre pour aujourd’hui et pour demain. Le Maréchal Hubert Lyautey et l’Académie des Sciences d’Outre-Mer Vous n’aurez pas manqué de noter que 2012 est non seulement l’année du 90ème anniversaire de votre Académie, mais marque aussi le 100ème anniversaire du Traité de Fez dont la signature a été un évènement fondateur…
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Il y a des livres dont il faut parler. Parce qu'ils emplissent des vides ou s'opposent au trop-plein. J'ai d'autant moins de scrupules à recommander "Vive l'Algérie française !" de mon ami Robert Ménard et de Thierry Rolando (éditions Mordicus, 4,95 euros) que le lecteur n'aura, au plus, que vingt minutes à consacrer à ce petit ouvrage et que surtout, médiatiquement, je fais le pari qu'on ne parlera pas de lui. Il est évident qu'une telle provocation, si ostensiblement réactionnaire, ne trouvera grâce nulle part et qu'on préférera nous infliger ces faux dialogues de complaisance réciproque, ces échanges promotionnels qui sont devenus une manière, notamment pour les hebdomadaires, de laisser croire qu'ils ont de la substance quand ils se mettent en réalité au service de la publicité personnelle, artistique ou intellectuelle. Souvent les mêmes interlocuteurs : Amanda Sthers, Denis Podalydès, Christine Orban, et je pourrais en mentionner d'autres. Pourtant, quel…
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Rarement les Français se seront trouvés aussi incertains que devant l’élection présidentielle de 2012.Si la plupart s’apprêtent à voter "contre" plutôt que "pour", c’est que probablement presque tous ressentent combien cette élection est paradoxale.Si l’on se réfère aux sondages, la victoire du candidat du parti socialiste, François Hollande, n’a guère de doute.L’élection d’un socialiste donnée pour acquise, sans qu’apparaisse réellement de solution alternative : c’est précisément ce qui rend les nos compatriotes si peu enthousiastes.Et c’est bien là que réside le paradoxe de l’élection : les Français envisagent d’élire un socialiste alors que, sur à peu près tous les sujets importants, le parti socialiste se situe aux antipodes de leurs attentes.Et comment en irait-il autrement ? Si l’on regarde une à une les causes de leur mécontentement, pour presque toutes, la politique menée par le parti socialiste quand il a été au pouvoir porte une large part de responsabilité, la faute de la…
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La chute de l’empire soviétique, vous vous souvenez ? La semaine dernière, j’en étais au tournant de l’excellent documentaire diffusé par Arte, Adieu camarades ! En 1985, après avoir enterré trois zombies en trois ans, l’URSS se dote soudain d’un président jeune, en pleine santé, et populaire avec ça ! Il faut dire aussi que Mikhaïl Gorbatchev a dans sa musette plein de gadgets séduisants tels que "glasnost" et "perestroïka". Lorsque "Gorbi" accède au pouvoir, il a en tête un projet original : concilier socialisme soviétique et démocratie. Son idée, en gros : "Ça ne peut plus durer, ce système absurde qui ne tient que par la force ! Et si on enlevait la force ?" Reste bien sûr l’absurdité ; mais ça, notre jeune premier (secrétaire) mettra un certain temps à s’en rendre compte. Contestation démocratique, dissensions ethniques : le dégel provoque un chaos généralisé et le camarade Mikhaïl…
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la négation du génocide dont furent victimes les Arméniens, en 1915. En vérité, elle ne punira personne : quel Français se risquerait à contester des faits historiques qui remontent au début du siècle dernier, ont eu lieu loin de l’Hexagone et s’inscrivaient dans un conflit dont il ne connaît pas les tenants ? Nos députés ont voté cette loi pour ne pas se mettre à dos les électeurs français d’origine arménienne. Lesquels indéniablement se sentent concernés car c’est pour échapper aux mas­sacres perpétrés par les Turcs que leurs aïeux sont venus poser leurs pénates en France. La communauté arménienne mérite notre sympathie, elle s’est intégrée sans esclandres et elle a droit au respect de sa mémoire. Pour autant, la pertinence de cette nouvelle loi “mémorielle” me paraît aussi contestable que celles dites Gayssot ou Taubira. Il incombe aux historiens de statuer sur l’histoire, en toute subjectivité, armés de leur savoir…
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Philippe Ariès (1914-1984)"Un réactionnaire est, pour moi, quelqu’un qui refuse la tentation du hiatus et de la table rase. Mais il ne refuse pas le changement, nous vivons dans le changement. Non seulement il faut l’accepter, mais c’est un des intérêts de la vie de le comprendre et d’y participer. Seulement, ce changement se fait dans une continuité ; s’il n’y a pas de continuité, il n’y a que très peu de changement et les choses sont gelées. C’est ce qui se passe aujourd’hui..."Cette profession de foi de Philippe Ariès conclut le passionnant livre d’entretiens avec Michel Winock paru sous le titre Un Historien du dimanche (Le Seuil, 1980). À son jeune confrère (de gauche) qui essayait de le faire passer pour un "inclassable", sous prétexte qu’il trouvait des "complicités" dans tous les camps, il fit observer : "Je suis resté fidèle à mes origines."- Vous êtes toujours un homme…
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par la willaya d’ Île de France du FLN  le 17 octobre 1961 et sa répression par les forces de police placées sous l’autorité de Maurice Papon, le général de Gaulle étant Président de la république, rappelle l’une des périodes les plus douloureuses de l’ histoire contemporaine de la France et il appartient désormais aux historiens et aux politistes d’en faire l’analyse aussi objective que possible. Mais l’événement survenu ce jour et surtout cette nuit-là  ne doit pas faire oublier le contexte général dans lequel il s’est produit : dans les soubresauts et parfois les accès de démence qui ont accompagné les derniers mois de l’Algérie française. Cette Algérie en déréliction, des foules entières où s’étaient retrouvées ensemble chrétiens, musulmans, juifs et agnostiques ont cru au mois de juin 1958 que le général de Gaulle allait enfin la délivrer de l’affreuse guerre où elle se débattait dans le sang et dans…
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