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Devant l'histoire (109)

fut vécue en son temps comme une double et douloureuse amputation.Pour la France, elle signifia la perte d’une terre dont ses gouvernants avaient dit "l’Algérie, c’est la France" et qui, pour le prouver, lui avaient donné un statut métropolitain, la divisant en départements et arrondissements, avec des préfectures, des sous-préfectures, des gendarmeries, des postes, des écoles etc. On s’était ainsi convaincu que, à la différence des autres territoires d’outre mer, elle n’avait pas vocation à s’émanciper.Pour l’Algérie, ce fut l’exode d’un million de Français (sur dix millions d’habitants) qui constituaient la colonne vertébrale de l’économie du pays. Exode provoqué par la minorité d’activistes accédant au pouvoir, désireuse d’occuper vite les villas libérées, mais qui prit par surprise la majorité de la population, laquelle n’avait jamais imaginé que l’indépendance signifierait le départ des Français. Il s’en faut de beaucoup en effet qu’au sein du FLN, quelqu’un ait eu la hauteur de vue d’un Nehru,…
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Qu’est-ce à dire ? Honorer les valeurs républicaines, c’est évidemment honorer les républiques qui ont précédé la Cinquième. Se rend-on compte que cela signifie mettre à l’honneur les Première, Deuxième, Troisième et Quatrième Républiques ? Il n’est pas sûr que les défenseurs des valeurs républicaines aient songé à cela. La Première République, 1792-1799, c’est la Convention et le Directoire, c’est-à-dire, d’abord, un régime totalitaire et génocidaire, puis, avec le Directoire, un régime aux coups d’État successifs, où règnent désordre, corruption et impuissance. Bonaparte y mettra fin avec le Consulat.  La Deuxième République est une République sans républicains. Une République sans républicains, puisque les élections de 1848 donneront la majorité aux monarchistes et que le peuple français, au suffrage universel, élira président de la République Louis Napoléon Bonaparte. Certes ladite République dont la Constitution est rédigée "en présence de Dieu et au nom du peuple français", proclame pour principes "la liberté,…
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C’est la question que l’on peut se poser à la lecture du titre de l’ouvrage que je viens de publier, 1917, l’année des occasions perdues. Cette année 1917 est une année capitale, non en raison des batailles qui s’y déroulent, mais par l’impact des événements non militaires qui s’y développent. 1917, en effet, ce sont les deux Révolutions russes, l’entrée en guerre des États-Unis, l’apparition d’un foyer national juif en Palestine, l’essor de l’anti-occidentalisme de la pensée allemande et la naissance de ce qu’on a appelé la "Révolution conservatrice" ; 1917, enfin, c’est l’année des tentatives de paix qui avorteront par suite de l’inexpérience et la maladresse de leurs auteurs, l’empereur Charles Ier d’Autriche et le pape Benoît XV. Ce double échec va entraîner la prolongation de la guerre et son quota de morts supplémentaires. Il est vrai que l’anticléricalisme de la France et de l’Italie, l’antipapisme de l’Américain Wilson, le…
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le quatrième centenaire de l'assassinat d'Henri IV. Henri de Navarre avait été baptisé catholique, à sa naissance, puis élevé dans la foi calviniste. A la mort de son père, en 1562, il adhèrait à la foi réformée et prenait, pour longtemps, la tête du parti protestant, ce qui lui valut l'excommunication en 1585. Malgré ses revirements, l'énigme de son propre parcours spirituel et son abjuration dans l'église abbatiale de Saint-Denis, le 25 juillet 1593, les protestants, souvent, ont considéré Henri IV comme l'un des leurs. Dans la mémoire collective et confuse des Huguenots de France, la figure du Roi prend une place éminente, comme pour indiquer à la fierté protestante quelle contribution elle peut revendiquer dans l'Histoire nationale. Pourtant, à son époque, beaucoup de ses coreligionnaires le jugeaient sévèrement et eurent avec lui des démêlés difficiles. Insatisfaits de la politique royale, certains, même, s'étaient préparé secrètement à désigner un Protecteur…
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Nourri de la pensée maurrassienne et de la doctrine sociale chrétienne, le futur général s'imprégna aussi des idées de la "Révolution conservatrice" allemande et des non-conformistes français des années trente. Mais ce disciple de Bergson ne fut-il pas aussi celui de Nietzsche ? On peut faire du général de Gaulle un homme de gauche (ce qu'a pensé Jean Lacouture), un homme de droite, ce qu'ont fait les socialistes, communistes et radicaux, un homme du centre, ce à quoi nombre de gaullistes se sont attachés. Disons simplement que le général de Gaulle a peut-être été tout cela en même temps. Homme de gauche dans la mesure où il prône une troisième voie entre le marxisme et le libéralisme, où il préconise la participation, où il engage la France dans la politique des nationalisations. Homme de droite, le Général le montre bien dans sa conception du pouvoir qui a peu à voir…
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(...) (site endommagé en 2013) de défendre le comportement du pape Pie XII au temps de la Seconde Guerre mondiale ? En fait, tous ceux qui connaissent sérieusement le sujet ont un jugement favorable, ou au moins nuancé, sur son action. Et on s'aperçoit assez vite que, a contrario, ceux qui répandent les poncifs habituels sur son compte ne connaissent pas l'histoire de cette période. (1) La vraie question est plutôt de savoir pourquoi ce pape, dont la conduite avait fait l'objet d'éloges unanimes au cours des quinze années qui ont suivi la guerre, de la part du monde juif et non juif, a pu être ensuite vilipendé comme il l'a été. Quelques rappels de la manière dont son action -et celle de l'Église - fut alors saluée : Albert Einstein déclare au début de la guerre que "l'Église catholique a été la seule à élever la voix contre l'assaut…
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(...) (site endommagé en 2013) auteur jusqu'à présent d'un ouvrage sur la société de consommation, fera parler de lui. Ici, il s'attache à démanteler un préjugé. S'agit-il de prétendre que la violence religieuse n'a pas existé ? Non, bien entendu. Il s'agit de contredire avec force arguments un mythe tenace, c'est-à-dire un récit indéfiniment répété et plein de sens mais servant ici une idéologie et méprisant les faits : l'affirmation selon laquelle l'époque des "guerres de religion" a été bienheureusement close par l'ascension de l'État moderne, capable d'éteindre ces guerres, de diffuser l'esprit de tolérance et de clore un âge sombre de notre histoire. L'ouvrage est passionnant. Il tient à la fois de l'analyse historique, sociologique et politique. L'auteur décrit minutieusement un certain nombre de thèses qui établissent le mythe et l'installent dans la continuité, à ce point qu'il devient une certitude culturelle indubitable. Puis il s'attache à montrer combien…
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l'éthique de la responsabilité et l'éthique de la conviction. L'homme de conviction est  soucieux de témoigner de ce qu'il croit juste, même si cela le prive de moyens d'action, voire a des effets pratiques négatifs. L'homme de responsabilité s'efforce de calculer dans chaque circonstance les effets positifs et négatifs de ce qu'il dit et fait et mesure ses propos en fonction de cela. Devant  ce dilemme, il est évident que, depuis toujours, les chefs de l'Eglise catholique se situent du côté de l'éthique de la responsabilité. Parce que, contrairement à ce que pourraient laisser penser certains, les bons chrétiens ne sont pas des adolescents attardés, et parce que l'Eglise catholique a des responsabilités effectives : entre 1939 et 1945, celle de millions de catholiques mais aussi de centaines de milliers de juifs réfugiés dans les institutions ! (1) Il y a une immaturité inouïe à imaginer que le pape aurait pu prendre la parole à…
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(...) (site endommagé en 2913) ... Ce droit a été annoncé en 1783 par le pasteur Ezra Silves qui proclama que les États-Unis "seront une grande nation quand le Seigneur aura élevé son Israël annoncé et invité notre peuple à prendre en charge ceux qui sont incapables de se gouverner", "au besoin, dira un peu plus tard le pasteur Burgess, à composer une certaine forme d'organisation par tous les moyens appropriés." La France avait engagé, presqu'au même moment, une politique analogue comme le montre la déclaration de guerre à l'Empire germanique au printemps 1792. Ce sera après 1797 la création des Républiques soeurs (Italie, Pays-Bas, Naples) qui deviendront des fiefs de l'Empire napoléonien "au nom du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes", complément important à la déclaration des droits de 1789. Au nom de ces grands principes, on assiste tout au long du XIXe siècle à l'éclosion d'États nouveaux. La…
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Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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