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Devant l'histoire (104)

(...) (site endommagé en 2013) de défendre le comportement du pape Pie XII au temps de la Seconde Guerre mondiale ? En fait, tous ceux qui connaissent sérieusement le sujet ont un jugement favorable, ou au moins nuancé, sur son action. Et on s'aperçoit assez vite que, a contrario, ceux qui répandent les poncifs habituels sur son compte ne connaissent pas l'histoire de cette période. (1) La vraie question est plutôt de savoir pourquoi ce pape, dont la conduite avait fait l'objet d'éloges unanimes au cours des quinze années qui ont suivi la guerre, de la part du monde juif et non juif, a pu être ensuite vilipendé comme il l'a été. Quelques rappels de la manière dont son action -et celle de l'Église - fut alors saluée : Albert Einstein déclare au début de la guerre que "l'Église catholique a été la seule à élever la voix contre l'assaut…
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(...) (site endommagé en 2013) auteur jusqu'à présent d'un ouvrage sur la société de consommation, fera parler de lui. Ici, il s'attache à démanteler un préjugé. S'agit-il de prétendre que la violence religieuse n'a pas existé ? Non, bien entendu. Il s'agit de contredire avec force arguments un mythe tenace, c'est-à-dire un récit indéfiniment répété et plein de sens mais servant ici une idéologie et méprisant les faits : l'affirmation selon laquelle l'époque des "guerres de religion" a été bienheureusement close par l'ascension de l'État moderne, capable d'éteindre ces guerres, de diffuser l'esprit de tolérance et de clore un âge sombre de notre histoire. L'ouvrage est passionnant. Il tient à la fois de l'analyse historique, sociologique et politique. L'auteur décrit minutieusement un certain nombre de thèses qui établissent le mythe et l'installent dans la continuité, à ce point qu'il devient une certitude culturelle indubitable. Puis il s'attache à montrer combien…
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l'éthique de la responsabilité et l'éthique de la conviction. L'homme de conviction est  soucieux de témoigner de ce qu'il croit juste, même si cela le prive de moyens d'action, voire a des effets pratiques négatifs. L'homme de responsabilité s'efforce de calculer dans chaque circonstance les effets positifs et négatifs de ce qu'il dit et fait et mesure ses propos en fonction de cela. Devant  ce dilemme, il est évident que, depuis toujours, les chefs de l'Eglise catholique se situent du côté de l'éthique de la responsabilité. Parce que, contrairement à ce que pourraient laisser penser certains, les bons chrétiens ne sont pas des adolescents attardés, et parce que l'Eglise catholique a des responsabilités effectives : entre 1939 et 1945, celle de millions de catholiques mais aussi de centaines de milliers de juifs réfugiés dans les institutions ! (1) Il y a une immaturité inouïe à imaginer que le pape aurait pu prendre la parole à…
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(...) (site endommagé en 2913) ... Ce droit a été annoncé en 1783 par le pasteur Ezra Silves qui proclama que les États-Unis "seront une grande nation quand le Seigneur aura élevé son Israël annoncé et invité notre peuple à prendre en charge ceux qui sont incapables de se gouverner", "au besoin, dira un peu plus tard le pasteur Burgess, à composer une certaine forme d'organisation par tous les moyens appropriés." La France avait engagé, presqu'au même moment, une politique analogue comme le montre la déclaration de guerre à l'Empire germanique au printemps 1792. Ce sera après 1797 la création des Républiques soeurs (Italie, Pays-Bas, Naples) qui deviendront des fiefs de l'Empire napoléonien "au nom du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes", complément important à la déclaration des droits de 1789. Au nom de ces grands principes, on assiste tout au long du XIXe siècle à l'éclosion d'États nouveaux. La…
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(...) (site endommagé) avec son grand ouvrage de 1949, La Méditerranée et le monde méditerranéen à l'époque de Philippe II, a composé un tableau grandiose de cette immensité marine, à la Gustave Courbet, en dégageant ses "réalités structurales". Son ambition était plus haute et ne s'est pas limitée à peindre une mare internum constituée de "plaines liquides", avec ses successions d'espaces marins bienveillants ou hostiles, encastrée entre des montagnes qui furent les premiers lieux habités. Sa théorie ternaire de la pluralité du temps social - l'histoire des événements au branle instantané, les séquences plus lentes des changements politiques et le long devenir des civilisations qui est presque immobile - le conduisait nécessairement, en privilégiant le temps géographique le plus ancien dans son aire historique la plus vaste, à éclairer le destin des sociétés les plus avancées et à s'interroger sur cette notion de "civilisation" qu'il voyait, dans sa continuité, comme…
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ce que nous sommes, ce que nous voulons faire ensemble. Que retenons nous du passé ? Qu'en racontons-nous, quelles promesses en tirons-nous ? Comment nous appuyons nous sur lui pour ne plus en répéter les erreurs, et pourquoi nous faut-il parfois changer de passé, le rouvrir autrement ? Tous les grands bouleversements historiques ont commencé par changer le "régime" de mémoire. Or notre époque se caractérise, un peu partout dans le monde, à la fois par un abus de mémoire et un abus d'oubli. D'un côté nous avons la prolifération des commémorations, la manipulation idéologique des identités nationales, la patrimonialisation des lieux de mémoire, sinon le rêve de musées où le passé serait stocké et sauvegardé dans son intégralité. De l'autre nous avons la disparition à un rythme accéléré des mémoires marginales et vaincues, l'amnésie générale apportée par les révolutions qui croient abolir le passé, mais aussi par les exodes massifs et…
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C'est le seul mur dont les effets juridiques sont niés douze ans avant que son érection soit réalisée. En effet, la Loi fondamentale pour la République fédérale d'Allemagne (RFA) (1), promulguée le 23 mai 1949, définit la nationalité allemande en se référant au territoire du Reich tel qu'il existait le 31 décembre 1937. Son article 116 précise : "Sauf réglementation législative contraire, est Allemand au sens de la présente Loi fondamentale quiconque possède la nationalité allemande ou a été admis sur le territoire du Reich allemand tel qu'il existait au 31 décembre 1937 (2), en qualité de réfugié ou d'expulsé appartenant au peuple allemand, ou de conjoint ou de descendant de ces derniers". La Loi refuse implicitement d'accepter comme définitive pour les Allemands ainsi définis la nationalité de tout autre Etat existant ou susceptible d'être créé puisqu'ils conservent leur droit à la nationalité allemande. Cette Loi signifie donc que le "rideau…
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(...) (site endommagé en 2013) l'idée que tous les Juifs du monde sont les descendants directs du peuple d'Israël, installé en Palestine depuis des millénaires ; c'est naturellement inexact, mais a contribué à la naissance de l'État d'Israël et à comme dit mon collègue Shlomo Sand de l'Université de Tel-Aviv  "une conception ethnoculturelle du peuple juif" (1). Il suffisait de lire les Actes des Apôtres pour constater l'inanité de l'unicité ethnique du peuple juif. Lors de la Pentecôte, au plus grand étonnement des "hommes pieux venus de toutes les nations", "vint du ciel un bruit tel que celui d'un violent coup de vent. (…) Au bruit qui se fit la foule s'assembla et fut bouleversée, car chacun entendait [les douze apôtres] parler sa propre langue. Dans leur stupeur et leur émerveillement, [les hommes pieux] disaient : "Ceux qui parlent, ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous…
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(...) (site endommagé en 2013)   est dans sa géographie : "elle suggère comme la vue d'un portrait l'impression d'une destinée" (1). A l'instar de la France, la Turquie de par son emplacement entre continents et mers, subit les contrecoups de la perpétuelle lutte entre puissances océaniques et terrestres. C'est à cette double "pression du dehors" que se sont heurtées durant leur histoire, la France "centre d'un Occident entre l'ancien et le nouveau monde" et la Turquie, "maîtresse des détroits entre l'Europe et l'Asie" (2). En 1958, le monde sort de la phase la plus tendue de la confrontation Est-Ouest pour entrer progressivement dans une période de coexistence pacifique. Plus que tout autre, la Turquie, premier pays entré en guerre froide pour ses propres raisons, avec l'Union soviétique dès mars 1945, reste sur le qui-vive (3). Si les tentatives soviétiques de modification du régime des détroits et de retour des vilayets orientaux de Kars,…
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Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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