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Devant l'histoire (105)

Les colonies, une histoire française   Dans ce que l’on appelle la grande presse, les publications historiques sur la colonisation sont presque toujours dans la ligne dogmatique de la repentance et de l’auto-flagellation. On serait donc tenté d’apprécier d’autant plus le n° 12 de la revue Thema (Les colonies, une histoire française) publié ce mois-ci par l’Express qui ose quelques incartades plutôt réjouissantes : réédition d’une interview de Daniel Lefeuvre qui met à mal la mythologie anticolonialiste, articles élogieux sur Brazza, Gallieni et Lyautey, mention des bienfaits des services de santé coloniaux, bigre… on n’était pas habitué à un tel culot anticonformiste.   Dans les chapitres consacrés à la naissance de l’empire et à l’apogée colonial, on trouve un peu de tout, et parfois du très bon. Dans les chapitres suivants, le mélange fréquent de reproductions d’articles journalistiques anciens et d’analyses historiques récentes créé la confusion. C’est particulièrement frappant dans les…
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On a occulté ce que les catholiques ont subi - Retour sur "l'esprit de 1905"   La IIIème République a adopté des mesures liberticides envers les catholiques Pour mieux intégrer l’islam dans la société française, il suffirait que l’État procède comme il l’a fait avec les catholiques et les juifs, en imposant aux musulmans des contraintes préservant la neutralité de l’espace public tout en garantissant la liberté du culte, conformément à l’objectif du législateur en 1905 : le maire LR de Tourcoing, Gérald Darmanin, reprend ce refrain dans son "Plaidoyer pour un islam français". Il est fascinant d’observer à quel point "l’esprit de 1905" est invoqué par des gens qui ignorent ce qui s’est réellement passé à l’époque. Gérald Darmanin cite un rapport du Conseil d’État de 2004 qui définit la laïcité comme le fruit de trois principes : la neutralité de l’État, la liberté religieuse et le respect du pluralisme.…
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Hommage aux morts d’Indochine   Le 8 juin est la journée d’hommage aux morts pour la France en Indochine. Récemment, deux soldats français décédés dans les camps de concentration japonais se sont vus reconnaître le titre de "Morts en déportation" grâce à l’intervention d’un avocat à la retraite, maître François Cartigny. C’est un évènement considérable pour toute la communauté des Français d’Indochine, soit environ 40 000 personnes (civils et militaires), qui furent soumises au joug japonais entre le 9 mars et le 15 août 1945. Apparemment, les autorités françaises jouent la montre pour éviter d’admettre l’évidence et de rendre justice, non pas à deux personnes seulement, mais aux 3 000 victimes de détentions de toutes sortes (environ 2 500 militaires et 500 civils), soit à peu près 8% de la population européenne d’Indochine. Chiffre énorme qui devrait faire réagir tout observateur impartial, avant que les derniers survivants de cette époque…
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Les accords Sykes et Picot, un coupable idéal ?    Pour un certain nombre de commentateurs, les accords Sykes-Picot, signés le 16 mai 1916, seraient responsables du chaos actuel au Proche et au Moyen-Orient. C’est aller bien vite en besogne. On peut d’ailleurs s’étonner que le Vice-Président américain Joseph Biden junior puisse affirmer que les problèmes du Moyen-Orient découlent "de frontières artificielles, qui ont créé des Etats artificiels, regroupant des groupes distincts du point de vue ethnique, religieux, culturel." Y a-t-il des frontières plus artificielles que celles séparant le Mexique et le Canada des Etats-Unis, ou les frontières de 80 % des Etats américains ?   C’est oublier l’histoire de cette région depuis les premiers moments de l’Islam. A peine le Prophète enterré, ses fidèles se déchirent pour prendre sa succession. Qui est le plus légitime, son gendre Ali ou l’un de ses lieutenants ? Le conflit se solde par l’assassinat d’Ali et…
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L’invention de la Syrie   Regard d’une historienne sur les relations franco-syrienne   Si la géopolitique contemporaine tente de fournir des clefs de lecture aux évènements tragiques que la France vient de subir, on n’accorde bien souvent que peu ’importance à l’histoire des relations franco-syrienne. Pourtant, la désignation de notre pays comme cible privilégiée par l’organisation État islamique s’inscrit sans aucun doute dans le temps long d’une relation étroite et conflictuelle. Il importe de comprendre la genèse de cette histoire franco-syrienne que l’organisation État islamique aime à souligner en nous associant aux croisés. Si ce terme semble à nos yeux fort inapproprié, il témoigne cependant d’une évidente reconstruction historique à laquelle la France a largement participé.   Sous la plume des premiers orientalistes naît une Syrie fantasmée, héritière de l’antique Assyrie C’est au milieu du XVIIIe siècle qu’une France aux finances chancelantes porte ses regards vers un nouvel eldorado où…
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Le Grand Atlas de l’anticolonialisme militant   Je projetais depuis longtemps un article sur l’idéologie anticolonialiste. Il viendra en son temps. Un nouveau livre trouvé par hasard à Lyon chez un bouquiniste des quais de Saône est venu alimenter ma réflexion sur le sujet et provoquer une réaction  immédiate, à chaud, que je vous livre aujourd’hui. Il s’agit du "Grand Atlas des empires coloniaux"  paru aux Éditions Autrement (2015).   La présentation est soignée, le plan combine intelligemment chronologie et thématique. Trouvant ce livre neuf à très bon marché, je me suis fait piéger par l’apparence, ne découvrant la substance de l’ouvrage qu’une fois rentré chez moi. Et là… Mea culpa. Avant de sortir mon billet de 20 Euros, j’aurais dû regarder la 4e de couverture. J’aurais lu que la conquête coloniale ne fut "civilisatrice" qu’entre guillemets, mais surtout destructrice sans guillemets, et que les empires coloniaux (tous, sans distinction)…
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Un nom immaculé   Le pays entier se souvient de Verdun. Il célèbre ces dix mois où l'armée française tint bon dans la boue sous la mitraille allemande lancée à l'assaut de la ville et de ses forts. Le général Joffre fit entrer la bataille dans l'histoire, en déclarant à l'instar d'un Napoléon : "Vous serez de ceux dont on dira : "ils ont barré aux Allemands la route de Verdun" ". Les deux tiers de l'armée française furent engagés dans la bataille. C'est pourquoi Verdun symbolise, plus que les taxis de la Marne, plus que la Somme, la guerre des Français entre 1914 et 1918.   En écoutant le récit de cette année terrible, notre époque admire la conduite des poilus et de leurs officiers, stupéfaite par leur résistance à la souffrance, leur ténacité. Parmi eux, on trouve Maurice Ravel, le lieutenant-colonel Driant (Danrit en littérature), le général Pétain…
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Verdun et les poilus, début de notre XXe siècle   Les grandes questions du XXe siècle pour la France sont contenues dans la bataille emblématique de la Grande Guerre, explique l’historien (1).   Dans la mémoire collective des Français, Verdun a longtemps occupé une place à part. Dès l’origine, Barrès, à qui Romain Rolland reprocha injustement d’avoir été le "rossignol du carnage", en avait saisi la dimension singulière. Le 9 novembre 1916, il rapportait ce propos du Kronprinz aux premiers jours de l’épreuve : "Nous allons prendre Verdun, cœur de la France, et quand nous l’aurons pris, la France se mettra à genoux." Tel semble bien avoir été le calcul du haut commandement allemand après dix-huit mois de guerre : remporter une victoire marquante, porter un coup mortel à l’armée française, à ses forces vives et à son moral. Pilonnés par une concentration d’artillerie sans précédent, soumis à une pression inouïe, les poilus tinrent bon,…
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Sous Ponce Pilate (Essai)   Préface de François Richard et Bernard Plessy Gabriel Robin, historien de formation (ENS Ulm, agrégé d’histoire), énarque et diplomate, conseiller diplomatique à l’Élysée, ambassadeur auprès de l’OTAN à Bruxelles, honoré du titre d’ambassadeur de France : un homme à même de comprendre et d’apprécier les comportements, les situations, les rapports de force, les stratégies, et même les arrière-pensées…, et de les déceler et analyser jusque dans les Évangiles, qu’on n’a l’habitude d’observer sous cet angle. Il a publié quatre ouvrages sur les relations internationales, mais c’est la première fois qu’il s’attache à ce sujet des sujets, historique et religieux : Jésus, en proposant une lecture originale des Évangiles.   D’abord, il relève un vieux défi : situer dans l’espace et dans le temps le plus possible des épisodes évangéliques. Interrogés avec savoir-faire et pénétration, bien des indices géographiques ou historiques sortent de l’ombre, et, rapprochés…
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