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Quand Hollande joue au mistigri

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C'est le jeu du mistigri. L'important est de ne pas le conserver dans son jeu. Au cours de cette campagne, le mistigri est l'élite, le "système", les puissants. Depuis 2007, la gauche avait réussi à épingler Sarkozy en "président des riches". Mais depuis son entrée en campagne, le candidat-président s'est érigé en porte-voix du peuple bâillonné par les bien-pensants. Hollande devait donc oser une manœuvre pour renverser l'accusation et redonner à son rival l'odieuse étiquette. Voilà l'origine tactique de cette idée lancée cette semaine par le candidat socialiste à la surprise générale, y compris de ses proches : une imposition à 75% pour les revenus supérieurs à un million d'euros par an.

Sur le fond, l'opération est moins simple. De tels taux quasi confiscatoires ont certes déjà existé dans l'Amérique rooseveltienne, jusqu'aux années 70 et dans la Scandinavie sociale-démocrate. Une telle sévérité est par ailleurs fondée sur l'explosion des inégalités sociales au profit de 0,1% de la population, qu'ont entraîné, aux Etats-Unis, puis en Europe, la mondialisation, la dérégulation financière et la révolution fiscale lancée par Reagan dans les années 80. Mais cette rigueur fiscale aura comme toujours le même corollaire : l'exil des plus aisés. Beaucoup, sportifs, chanteurs, grands patrons, sont partis depuis longtemps. D'autres ont récemment anticipé et préparé leur installation en Belgique ou en Suisse. On peut les traiter de "mauvais Français", "d'émigrés" ; ils répondront qu'ils refusent la politique confiscatoire d'un Etat français impécunieux.

Mais peu importe la polémique. Depuis la création du grand marché européen, les capitaux se baladent librement en Europe. Les "riches" tant honnis par Hollande peuvent légalement chercher des cieux fiscaux plus cléments. Depuis vingt ans, la commission de Bruxelles a fondé la croissance européenne sur la concurrence fiscale entre Etats. C'est même un socialiste, Jacques Delors, qui a porté ces principes libéraux sur les fonts baptismaux. Le père spirituel de François Hollande !
Paru dans Le Figaro Magazine, 3 mars 2012

ZEMMOUR Eric

Né le 31 août 1958
Marié – 3 enfants


Journaliste politique, écrivain


Institut d'études politiques (Paris)

Membre du jury au concours d'entrée à l'ENA (2006)
Valeurs actuelles – Chroniques (depuis 1999)
Marianne – Chroniques  (depuis 1996)
Le Figaro – service chroniqueurs (depuis 1996)
Info-Matin – éditorialiste (1995)
Quotidien de Paris - service politique (1986-1994)

Ouvrages
Balladur, immobile à grands pas (1995) - Le Livre noir de la droite (1998) - Le Coup d'Etat des juges (1998) - Le Dandy rouge (1999) - Les Rats de garde (co-écrit avec P. Poivre d'Arvor) (2000) - L'Homme qui ne s'aimait pas (2002) - L'Autre (2004) - Le Premier sexe (2006) - Petit Frère (2008) - Mélancolie française (2010) - Le Bûcher des vaniteux (2012) - Le Suicide français (2014) -


Sur la scène audio-visuelle:
Sur RTL
– Z comme Zemmour (depuis 2010)
Sur la chaîne câblée
Histoire – Le grand débat
Sur RFO (Tempo) – L'Hebdo
Sur France 2 – On n'est pas couché (2006)
Sur i>Télé – çà se dispute (depuis 2003)

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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