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Voici pourquoi il y a urgence à regarder la France en face

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Non, la tuerie perpétrée à Montauban et à Toulouse par Mohamed Merah, 23 ans, n'est pas seulement un acte isolé commis par un fou. Les candidats à la présidentielle qui cherchent à tourner la page de cette tragédie la présentent comme un fait divers ­navrant mais non significatif. Or c'est un comportement infantile que celui qui consiste à se masquer les yeux devant ce qu'on ne veut pas voir.
C'est ce que font François Bayrou, François Hollande ou Jean-Luc Mélenchon quand ils feignent d'ignorer la détestation de la France et de l'Occident qui habitait le terroriste nourri aux violentes sourates contre les "infidèles" et autres "blasphémateurs". N'en déplaise aux propagandistes du "Tout va bien", il y a urgence à regarder la France en face.
La majorité des Français musulmans ne peut que se sentir horrifiée et déshonorée par cette barbarie commise au nom d'Allah. Pour autant, le feu de l'islamisme couve dans les cités. Pour certains, Merah est devenu un héros. Des pages Facebook dédiées à sa mémoire ont dû être fermées. Des professeurs n'ont pu faire respecter à leurs élèves la minute de silence en mémoire des victimes. Des enseignants reconnaissent, dans leurs classes, l'ancrage des sentiments anti-Juifs. Des maires de banlieue admettent, comme Xavier Lemoine (Montfermeil, Seine-Saint-Denis) : "Des jeunes qui collent au profil de ce garçon, j'en connais beaucoup dans ma commune." Le racisme antifrançais y est une habitude.
Le lénifiant babillage médiatique assure que "99,99 %" des musulmans sont intégrés. En fait, un repliement gagne une partie de la communauté. Ce phénomène prend de l'ampleur depuis qu'il a été décrit dès 2004 à travers Les Territoires perdus de la République. Le multiculturalisme, promu par l'idéologie différentialiste, est devenu le cheval de Troie de l'islam politique, qui rencontre la passivité des populations locales. Il est significatif de noter leur absence aux quelques manifestations d'effroi qui ont eu lieu. "Bien sûr qu'il y a une islamisation rampante. Mais quand on dit cela, on nous traite de fachos ou on ne nous écoute pas !", témoigne Stéphane Beaudet, maire de Courcouronnes (Essonne), dans Le Monde. Cette question ne peut plus être éludée.
La haine antifrançaise de Mohamed Merah est le produit d'un terreau, arrosé depuis trente ans par les complaisances d'associations acquises aux exigences des minorités et intimant à la République forcément coupable : "Touche pas à mon pote !" Le comble du cynisme a été atteint, dimanche à Paris, avec une marche "contre le racisme, l'antisémitisme et le terrorisme" organisée par ces pyromanes de l'antiracisme. Ceux-là ont su, vendredi dernier, faire condamner par la justice le site internet Riposte laïque pour "provocation à la haine envers les musulmans" après la publication de deux éditoriaux contre "l'offensive islamiste". Mais ils restent muets face à "l'obscurantisme qui gangrène notre pays", dénoncé l'autre jour par la secrétaire d'État Jeannette Bougrab.
Les réalités sautent à la figure de ceux qui veulent s'en protéger. Les paresseux et les couards, qui avancent l'explication sociale pour comprendre la dérive du djihadiste, capitulent devant une propagation totalitaire encore minoritaire. Celle-ci insulte les musulmans acquis à la démocratie et à sa laïcité. Tariq Ramadan dévoile son parti pris quand le sirupeux intellectuel, qui prône la réislamisation de ses "frères", écrit à propos de l'assassin qui dans la cour de récréation a tiré par les cheveux la petite Myriam, 8 ans, pour lui tirer une balle dans la tête : "Mohamed Merah apparaît comme un grand adolescent, un enfant, désœuvré, perdu, dont le cœur est, de l'avis de tous, affectueux (…). Un pauvre garçon, coupable et à condamner sans l'ombre d'un doute, même s'il fut lui-même la victime d'un ordre social qui l'avait déjà condamné, lui et des millions d'autres (…)." Ce même mépris pour les victimes a conduit Pierre Laurent (PCF), mardi, à "comprendre la détresse" du père de l'assassin tué par le Raid, un Algérien qui porte plainte contre la France…

Mais où sont passés les "indignés" chers à Stéphane Hessel, ces âmes sensibles à l'injustice des enfants de Gaza ? Jamais, lors de l'occupation nazie, la France n'avait été le théâtre d'une telle exécution de trois enfants juifs. Or, très rares sont ceux qui osent s'interroger sur la responsabilité du Coran. Pris à la lettre, il dit des musulmans qu'ils sont la meilleure communauté du monde, des hommes qu'ils sont supérieurs aux femmes, et les autorise à les battre. Il commande, dans le djihad, de tuer les juifs et les chrétiens. C'est à cette source qu'il faut remonter avec Merah, qui avait découvert le Livre en prison. Quand Abdennour Bidar, intellectuel musulman, reconnaît "la maladie de l'islam", il ose en faire ce diagnostic : "Ritualisme, formalisme, dogmatisme, sexisme, antisémitisme, intolérance, inculture ou “sous-culture” religieuse." Mais il est seul, pour le moment, à réclamer une "complète refondation" de la doctrine.


Le jeune Français voulait faire la guerre à la France. Contre ces fanatiques, la République doit montrer sa ­force. Le gouvernement doit ouvrir les yeux, par exemple, sur l'Union des organisations islamiques de France, proche des Frères musulmans, qui avait invité à son prochain congrès le prédicateur qatarien devenu indésirable Youssef al-Qaradawi. Il avait déclaré à Rome en 2002 : "Avec vos lois démocratiques, nous vous coloniserons, avec nos lois coraniques nos vous dominerons." Faut-il également subventionner des organisations ou associations "antiracistes" perméables aux discours de ­Ramadan ? Et est-il acceptable que l'imam de Bordeaux, commentant les tueries, demande "que l'histoire de la France soit réécrite à la lumière de la présence musulmane aujourd'hui" ? Quand Nicolas Sarkozy déclare à Nantes : "Nous acceptons les différences mais nous ne voulons pas changer les valeurs qui sont les nôtres, qui étaient celles de nos parents, de nos grands-parents et que nous voulons transmettre à nos enfants", il s'oblige à mettre un terme à l'humiliation que subit notre vieille nation de la part de ceux qui estiment qu'elle a fait son temps. Oui, ça suffit !

Paru dans Le Figaro, 30 mars 2012
RIOUFOL Ivan

Né le 12 septembre 1952
Marié – 2 enfants
 

Journaliste


Université de Nantes
Diplôme d"études approfondies (DEA) de droit maritime et aérien
 
Au Figaro:
            Grand chroniqueur et Membre du comité éditorial (depuis 2000)
            Rédacteur en chef - informations générales (1995-2000)
Rédacteur en chef adjoint (1992-1994)
Chef de service (1990-1992)
Responsable de la rubrique Confidentiel (1988-1990)
Grand reporter (1985-1987)
Correspondant du Quotidien de Paris (1976-1984)
                        Du Journal du Dimanche
                        De Forum international
Journaliste à Presse-Océan
 
Ouvrages
La Tyrannie de l'impudeur (2000) - La République des faux gentils (2004) - Chroniques d'une résistance (2005) - La fracture identitaire (2007) - Où va la France ? (2008) - Chronique d’une année de crise (2009) - La démocratie d’apparence (ouvrage collectif) (2009) - Allez-y sans nous (ouvrage collectif) (2009) - De l'urgence d'être réactionnaire (2012) - A la recherche du peuple perdu (2011) -  Touche pas à ma France (2014) - Poings sur les i (2015) - La Guerre civile qui vient (2016) - La nouvelle révolution française (2016) -

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