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Deux poids, deux mesures

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L’œil de Caïn ou big brother qui surveille les consciences européennes, s’exprimant à travers les éditoriaux de la presse bienpensante, les commentaires quasi unanimes de la télévision et de la radio, les communiqués de Bruxelles, de Paris et du monde associatif, le discours politique et les jurisprudences, vient de donner à propos des roms un nouvel exemple d’incohérence malhonnête.
Sous l’ancien gouvernement, il était interdit de prononcer le mot rom, sous peine d’être accusé de discrimination. Un prêtre se disant ami des roms a été jusqu’à déclarer qu’il priait pour que "le chef de l’Etat ait un infarctus" : fait sans précédent je crois dans l’histoire de la République depuis sa proclamation en 1870. Une commissaire européenne, un évêque ont fait allusion à la Shoah à propos de la politique de démantèlement des camps illégaux de roms. Un haut fonctionnaire de la République a été tout près d’être traîné devant la justice pour une circulaire comportant le terme rom. Un ministre, à l’époque, avait (sérieusement) inventé la formule PRISI "populations roumaines itinérantes en situation irrégulière" afin d’éviter le mot tabou … Les citoyens, notamment Franciliens, pouvaient chaque jour côtoyer la réalité des bidonvilles insalubres sous les bretelles d’autoroute et les terrains vagues, les phénomènes de mendicité infantile, etc, etc. Cependant, le mot était interdit en public.
Aujourd’hui, le pouvoir a changé. Des hommes et des femmes aux intentions pures et généreuses sont aux commandes de l’Etat. Dès lors, le mot rom est à nouveau autorisé. Ils annoncent en gros, quoi qu’on en dise, une politique comparable : le démantèlement des campements illégaux sur la base d’une décision de justice et le retour dans leur pays de ceux qui sont en situation illégale : normal, ce sont les lois de la République… L’enrobage diffère un peu il est vrai : on ouvre (comme il est prévu par les traités européens) le marché de l’emploi aux Roumains et aux Bulgares. Tout le monde est content et fait semblant de croire que cette mesure est destinée aux roms…  En réalité l’ouverture porte sur les Roumains et les Bulgares formés et qualifiés pour un métier, ce qui ne correspond pas forcément à la situation des populations en détresse vivant dans des squats et bidonvilles  … Cependant, aujourd’hui, plus rien n’est pareil. Le "méchant Sarko" s’en est allé, remplacé par des gens pleins de bonté, et la conscience européenne, apaisée, voit désormais les choses d’un tout autre œil…
Les solutions existent et se trouvent avant tout, chacun le sait, dans les pays d’origine, en Roumanie et en Bulgarie. Elles dépendent de la bonne volonté des deux gouvernements à utiliser correctement la manne européenne de dizaines de millions d’euros, qui leur est versée pour l’accès à l’emploi et une vie décente de leurs citoyens roms. La responsabilité de chaque Etat envers ses citoyens est un principe du droit international qui vaut à l’intérieur de l’Europe. Mais voilà, taper du poing sur la table, ce n’est pas vraiment dans l’air du temps.

http://maximetandonnet.wordpress.com/
TANDONNET Maxime

Né le 7 octobre 1958
Marié – 3 enfants



Haut fonctionnaire


Institut d’études politiques de Bordeaux (1976-1979)
Université de Californie Santa Barbara (1980-1981)
Ecole nationale d’administration (1990-1992)

 

Conseiller pour les affaires intérieures et l’immigration
     au cabinet du Président de la République (2007-2011)
Conseiller technique 
     au cabinet du ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur, chargé de l'immigration (2005-2007) 
Inspecteur général de l’administration au ministère de l’Intérieur (2000-2005)
Chargé de mission pour les questions européennes et internationales
     à la délégation aux affaires internationales du ministère de l’Intérieur (1996-2000)
Postes préfectoraux (1992-1995)
     * Directeur de cabinet du préfet d’Indre et Loire (1992-1993)
     * Directeur de cabinet du préfet des Yvelines (1993-1994)
     * Sous-préfet de Saint-Jean-de-Maurienne (1994-1995)
Secrétaire des affaires étrangères (1983-1989)
     * Premier secrétaire à l’ambassade de France au Soudan (1983-1985)
     * Rédacteur à l’administration centrale du ministère des affaires étrangères (1986-1989)

Chargé d’un enseignement sur les questions européennes à l’ENA (2001 à 2004)
Membre du jury du concours de recrutement d’attaché principal 
     de la ville de Paris de 2001 à 2004 (présidence du jury en 2004).

Ouvrages
L’Europe face à l’immigration (2001)
Immigration, la nouvelle vague (2003)
L’Année politique – Union européenne – Editions Tendances et Evènements en 2001, 2002, 2003, 2004
Immigration, sortir du chaos (2006) 
     Prix Lucien Dupont de l’Académie des sciences morales et politiques 2007
Géopolitique des migrations – la crise des frontières – Ellipses (2007)
1940, un autre 11 novembre – Tallandier (2009)
La France Libre (ouvrage collectif) – collection bouquins Robert Laffont 2010

Au coeur du Volcan (2014)

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