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La gauche et l'ordre

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Le portrait de Clemenceau trône dans son bureau de la Place Beauvau. Manuel Valls a voulu ainsi afficher la couleur, montrer ses filiations. Et ses ambitions. Pour lui, la gauche, c'est l'ordre. Et la République, la nation. A gauche, seul Chevènement avoue la même admiration pour "le Tigre". Valls aura les mêmes ennemis que lui : les écolos, les droit-de-l'hommistes, les professionnels subventionnés de l'antiracisme, etc. Dans l'histoire mouvementée de la gauche, le conflit entre autoritaires et libertaires est un classique. Qui a longtemps tourné à la confusion de ces derniers. Marx a vaincu Proudhon ; la République française a décapité les anarchistes ; les bolcheviks ont massacré les mencheviks, les communistes espagnols n'ont pas été plus tendres avec leurs alliés anarchistes contre Franco. Clemenceau envoya l'armée pour mater les grèves insurrectionnelles de 1906 ; Jules Moch créa les CRS pour briser celles de 1947.
Depuis Mai 68, la  gauche libertaire a pris sa revanche. Au nom des droits de l'individu et d'un internationalisme absolutiste, elle interdit à l'Etat de faire respecter ses frontières et ses lois. Elle est objectivement alliée au capitalisme, qui cherche à exploiter toujours davantage un marché mondialisé de consommateurs.
Il y a quelques années, Valls, reprenant la doxa libérale du blairisme, était au cœur de cette contradiction. Devenu ministre de l'Intérieur, il n'a plus à parler d'économie. Mais ses ennemis sont plus puissants que jamais : l'Europe ne le laissera pas se débarrasser des Roms ; la ministre de la justice videra les prisons que les policiers auraient la mauvaise idée de remplir ; les médias déverseront leur eau bénite compassionnelle. Il sera brocardé en Sarkozy de gauche. Il sera populaire, acclamé par les élus locaux du PS ; son verbe portera, mais son action sera sans cesse entravée, empêchée, bloquée. Comme Sarkozy, ou Chevènement et Pasqua avant lui, Valls connaîtra le sort de Gulliver enchaîné.

Paru dans Le Figaro Magazine, 31 août 2012

ZEMMOUR Eric

Né le 31 août 1958
Marié – 3 enfants


Journaliste politique, écrivain


Institut d'études politiques (Paris)

Membre du jury au concours d'entrée à l'ENA (2006)
Valeurs actuelles – Chroniques (depuis 1999)
Marianne – Chroniques  (depuis 1996)
Le Figaro – service chroniqueurs (depuis 1996)
Info-Matin – éditorialiste (1995)
Quotidien de Paris - service politique (1986-1994)

Ouvrages
Balladur, immobile à grands pas (1995) - Le Livre noir de la droite (1998) - Le Coup d'Etat des juges (1998) - Le Dandy rouge (1999) - Les Rats de garde (co-écrit avec P. Poivre d'Arvor) (2000) - L'Homme qui ne s'aimait pas (2002) - L'Autre (2004) - Le Premier sexe (2006) - Petit Frère (2008) - Mélancolie française (2010) - Le Bûcher des vaniteux (2012) - Le Suicide français (2014) -


Sur la scène audio-visuelle:
Sur RTL
– Z comme Zemmour (depuis 2010)
Sur la chaîne câblée
Histoire – Le grand débat
Sur RFO (Tempo) – L'Hebdo
Sur France 2 – On n'est pas couché (2006)
Sur i>Télé – çà se dispute (depuis 2003)

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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