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De la rémunération des patrons du CAC40

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En tant que libérale assumée, j’estime que le niveau du salaire d’un patron est du seul ressort des conseils de rémunération, d'administration ainsi que de celui des actionnaires.
Cela dit, nous savons tous que le retour de la croissance dans notre pays, tout particulièrement, repose sur la confiance de chacun en l'économie de marché. Cette confiance nécessite de l'exemplarité et de la pédagogie de la part des politiques et des entrepreneurs eux-mêmes vis-à-vis des Français. Ce serait donc un devoir patriotique de nos "grands" chefs d'entreprise que de s’exprimer, de soutenir leurs fournisseurs, et surtout de faire preuve de décence en ces périodes troublées, sinon sur le niveau de leurs salaires, du moins sur leurs augmentations.

Or, les chiffres qui viennent d'être publiés concernant la hausse des rémunérations de patrons du CAC 40 et le décalage existant avec la baisse des résultats des entreprises de ces mêmes patrons sont choquants pour l'opinion publique (à moins que ce ne soit pour faire quelques provisions en perspective des 75 % de prélèvements à venir…). Ces contrastes heurtent d’autant plus que d’autres "vrais" chefs d’entreprise diminuent leurs salaires ou même ne se paient plus pour sauvegarder leurs boîtes et l’emploi de leurs salariés. Simultanément, le gouvernement est en train d'augmenter le RSA face à la pauvreté croissante, alors même que l’Etat est au bord de la faillite.
Cette poignée de patrons (ils ne sont que 40...) avait jugé bon, à juste titre, de protester en achetant des pages dans la presse contre certaines dispositions de la loi de finances. Singulièrement, pas un seul n’a jugé bon de se commettre dans les médias ou de faire le minimum de pédagogie sur ce qui est nécessaire au développement des entreprises. Très peu d’entre eux s’affichent, se battent, expliquent, donnent envie d’entreprendre, valorisent leurs fournisseurs… Le "pour vivre heureux vivons cachés" leur tient lieu de politique sous prétexte – et c’est vrai – qu’on n’aime pas ceux qui réussissent et qui s’enrichissent. Mais ne serait-ce pas de leur propre fait ?

Ce comportement et cette indifférence affichée a des conséquences directes sur la gestion du pays ; la classe politique se sent encouragée à "faire payer les riches", c’est-à-dire les entrepreneurs ! C'est à cause du comportement de quelques-uns que la politique fiscale devient confiscatoire pour beaucoup. La confusion se généralise et ce sont finalement 2 800 000 patrons qui sont montrés du doigt.
Cette augmentation des salaires est mal venue ; c’est une provocation, qu’on le veuille ou non. Même si cet enrichissement est contractuel, voire explicable ou légitime, n’est-il pas de la dignité et de la responsabilité individuelle de quelques-uns de savoir se mettre au régime (confortable) en période de crise ?
Il faut rester toutefois admiratifs et solidaires de ceux-là, qui contribuent à créer de la richesse et des emplois et qui gèrent nos beaux fleurons nationaux dans le monde entier. Mais en tant que chefs d’entreprise, ne savent-ils pas que faire aimer leurs boîtes au-delà de leurs clients directs fait partie de leur métier ?
Ne tireraient-ils pas une immense fierté de participer à la reconquête de l’esprit d’entreprise en France plutôt que d’encaisser quelques dizaines de milliers d’euros supplémentaires (qui de toute façon seront taxés au prix fort !) ? Sont-ils conscients de la détérioration du moral des acteurs économiques de notre pays, à laquelle ils contribuent largement ? Aujourd’hui, à ce niveau de talent, de responsabilité et de compétence, il y a un devoir de faire partager l’enthousiasme d’être patron, et non pas de susciter avec indifférence l'opprobre sociale et un certain esprit de revanche dans l’univers politique.
Gagner beaucoup d’argent implique des responsabilités qui dépassent les frontières de l’entreprise. Appelons-le comme on veut : éthique, sens de l’honneur, patriotisme économique...

Paru sur Atlantico, 13 décembre 2012
MENTHON de Sophie


Chef d’entreprise
Présidente d'ETHIC  (depuis 1995)  (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance)
Membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE)
 

   
Crée la "Fête des Entreprises", sur le thème : "J’aime ma boîte !"
     qui se renouvelle chaque année au mois d’octobre (depuis 2003).

A son initiative,
 1ère édition du congrès ETHIC FIRST au Palais des Nations Unies de Genève (2009)
     (512 participants issus de 23 pays,
     autour du thème : La Responsabilité Sociale des Entreprises en période de crise économique.
3ème édition du congrès ETHIC FIRST à Novancia (21 juin 2012)

S’est toujours investie dans la vie associative pour promouvoir l’entreprise privée.
A 21 ans, crée sa première entreprise de marketing téléphonique Multilignes Conseil (1969)
     Présidence jusqu’en 2004.
Lance le premier Syndicat du Marketing Téléphonique (SMT) (1979)
Rédige un code déontologique
     qui régit aujourd'hui la profession en France et dans plusieurs pays d’Europe.

Admise dans la réserve citoyenne avec le grade de Colonel
     Rattachée au corps des Officiers de la Gendarmerie Nationale (2007).

Nommée par le Président de la République au Conseil Economique, Social et Environnemental
     au titre de personnalité qualifiée (depuis 2010)
Membre de l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE) (depuis 2010)
Mission sur la Responsabilité Sociétale et Environnementale des entreprises (RSE)
     à la demande de Xavier Bertrand, Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé
     qui a donné lieu à unguide pratique illustré à destination des PME (20 000 exemplaires)
A souhaité présenter
     20 mesures d’urgence à prendre par le nouveau Président de la République (2012).
 
Intervient dans l’émission
     "Les Grandes Gueules" sur RMC
     "Les Experts du 9h-10h" sur BFM.
 
Ouvrages
Dans la collection Le monde d'aujourd'hui expliqué aux enfants 
(Editions Gallimard Jeunesse, qu’elle fonde avec sa fille Alexia Delrieu et avec qui elle écrit en tandem)
Illustrations : Clotilde Perrin puis Alice Charbin puis Henri Fellner :
La Police(2006)
L'Argent(2006)
     Prix de la Presse des jeunes au Festival de Montreuil 2007.
La Politique(2006)
La Publicité(2006)
L'Europe(2007)
La Justice(2008)
L'Entreprise(2008)
Le Supermarché(2009)
La beauté(2010)
Dangers (2010)
L'Armée (2011)

Distinctions
Officier de l'Ordre de la Légion d'Honneur
Commandeur de l’Ordre National du Mérite

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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