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Oui à la droite des valeurs

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Oui à la droite des valeurs, non au pseudo-progressisme
 
À un mois des régionales, le bilan calamiteux du gouvernement ne laissait guère de doute : les socialistes devaient être les grands perdants de ces élections. Hier soir, ils ont finalement réalisé l'exploit d'éviter la déconfiture. Le 13 novembre et ses suites ont très certainement contribué à changer la donne. Mais le Parti socialiste aura surtout bénéficié de la stratégie hasardeuse et de l'aveuglement des Républicains.
Cette stratégie a d'abord érigé l'exigence du rassemblement en principe absolu. Ce qui devait arriver arriva : les calculs comptables furent privilégiés au détriment du cap que nos électeurs attendaient légitimement et que nous réclamons depuis notre création. Il y a un an, déjà, nous mettions en garde notre propre famille politique dans les colonnes du Figaro : "à vouloir ménager tout le monde, on court le risque de ne satisfaire personne." C'est le scénario qui s'est produit : à force d'avoir misé sur l'unité, le parti a dilué son message et perdu ses électeurs.
Car cette unité, nous l'avons souvent vécue comme une trahison. On nous a contraints au mariage forcé avec des forces politiques aux idées parfois très éloignées de celles que nous défendons. Nous avons vu le MoDem obtenir sur nos listes un nombre exorbitant de places, alors même que son poids électoral était dérisoire. Nous avons dû subir, lors de nos meetings, les interventions de ceux-là mêmes qui appelaient à voter pour François Hollande en 2012.
Si le centre-droit a toute sa place dans notre projet politique, et si certains candidats centristes ont fait une belle campagne, notamment en Normandie, d'autres têtes de proue de l'UDI auront fait fuir une grande partie de nos électeurs dans les bras du FN. A Paris, à Marseille et ailleurs, nous nous sommes étranglés en entendant un Jean-Christophe Lagarde affirmer que l'histoire de France commençait à ses yeux en 1789. Ce même Jean-Christophe Lagarde qui se glorifiait, il y a peu, d'avoir caché à ses administrés que la salle municipale qu'ils finançaient à grands frais était en fait… une mosquée. Qu'avions-nous de commun avec ces gens-là ?
 
Sous l'influence néfaste de figures politiques dont on peine à comprendre ce qu'elles font encore chez nous, Les Républicains ont fait le choix de se déporter vers un modèle pseudo-progressiste et hors-sol, alors même que les Français n'ont jamais autant aspiré à une politique réaliste et patriotique. Il est invraisemblable que certains membres de notre famille politique n'aient toujours pas saisi le message que les électeurs leur ont une nouvelle fois adressé hier soir : alors que tout semble s'effondrer autour d'eux, les Français sont en mal de repères. Ils se sentent menacés de disparition, et leur identité, loin d'être heureuse, est au contraire inquiète. Ils sont inquiets face à une crise économique qu'ils imputent à une mondialisation débridée ; inquiets face à une concurrence déloyale qui les condamne à la faillite et au chômage ; inquiets face à une Europe dont ils n'ont plus la maîtrise et qui empiète toujours plus sur nos compétences nationales ; inquiets face à une politique sociétale clientéliste et idéologique, qui s'est acharnée à saper les modèles grâce auxquels notre pays s'est pourtant épanoui durant des siècles ; inquiets face à une école qui déconstruit plus qu'elle n'instruit, et qui renforce les inégalités en prétendant lutter contre elles ; inquiets face à une nation désintégrée qui a perdu certains de ses territoires et laisse l'islamisme radical y prospérer, avec la complicité de certains élus locaux.
 
La droite aurait dû s'emparer avec force de ces constats en y apportant les réponses tant attendues par les Français. Beaucoup de nouvelles figures l'ont fait, et les résultats étaient hier au rendez-vous : Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse ont en commun d'avoir proclamé haut et fort leurs convictions, d'avoir refusé copinages, compromissions et autres magouilles électorales. Ils incarnent aujourd'hui une droite au discours franc, une droite sérieuse et fière de ses valeurs. Une droite qui n'aura pas eu besoin du "front républicain" et des votes de la gauche pour l'emporter au second tour. De la même manière, les endroits où les résultats du Front national ont régressé correspondent aux bastions de ces candidats. Pourquoi ? Parce qu'ils sont représentatifs de l'aspiration des Français à une politique fondée sur des valeurs authentiques et claires : l'amour du pays, la défense de sa souveraineté, l'attachement à son histoire, à sa culture et à sa grandeur, le souci d'y promouvoir le travail, la justice et le mérite, de remettre l'homme au cœur de ses ambitions économiques et de faire des familles le socle de toute vie sociale.
Ces candidats ont d'ailleurs un autre point commun : ils présentent tous des visages neufs. Le message que les Français auront adressé à l'occasion de ce scrutin est en effet sans concession : ils aspirent à une alternative et, partant, à une nouvelle garde politique. Ils sont las de subir toujours "les mêmes". Las de voir revenir sur le devant de la scène ceux qui ont fait leur temps, sans succès. Las d'entendre les promesses présentes de ceux qui n'ont pas su tenir leurs engagements passés. Las de voir ceux qui ont échoué barrer la route aux vocations nouvelles. 2017 ne suscitera l'enthousiasme qu'à condition de voir monter des figures qui n'auront pas déjà déçu.
"Tout ce qui était n'est plus ; tout ce qui sera n'est pas encore. Ne cherchez pas ailleurs le secret de nos maux."Ce mal du siècle qu'Alfred de Musset décrivait en son temps s'applique tout aussi bien au nôtre. Les Français ont rejeté ce qui était ; ils aspirent aujourd'hui à ce qui n'existe pas encore : une formation qui rejetterait les excès sans avoir peur de décrire adéquatement le réel, qui aurait le courage de faire les constats qui fâchent tout en y apportant des réponses fermes et justes. Une droite forte de son exemplarité, fière de ses valeurs, amoureuse de sa patrie et de son peuple. A nous de la reconstruire !
Paru dans Le Figaro, 14 décembre 2015
JESSEY de Madeleine

Née le 21 juillet 1989






Ecole normale supérieure (Ulm)
Agrégée de Lettres classiques
Doctorante en Littérature comparée
Chargée de TD à la Sorbonne


Co-fondatrice et porte-parole de Sens Commun (depuis 2013)

http://madeleinedejessey.fr

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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