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Exit Vénus...

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Le maire de Londres chasse Vénus de la publicité : iconoclasme moderne ?

Le Maire de Londres, Sadiq Khan, a pris un arrêté municipal applicable à partir du mois de juillet, supprimant dans tous les moyens de transports urbains municipaux, les publicités susceptibles de créer chez les usagers "un problème de confiance en soi, lié à leurs corps".
Ainsi, pour éviter des blessures narcissiques voici que, tout particulièrement, les Vénus blondes, minces, déliées, ensoleillées sont chassées de l’espace public. Depuis longtemps, exclues des temples et des académies de peinture, elles subsistaient sur les affiches publicitaires en vendant soutiens gorges et produits solaires.

Sadiq Khan en faisant cela, caché sous le voile d’un discours prophylactique, impose l’iconoclasme de rigueur en Orient. Il supprime les images, fait disparaître le corps et le visage de la femme. Rusé, il invoque la compassion, l’hygiène publique pour occulter son forfait. Son discours passe bien, les grands médias ne sont pas choqués ! (Ils entrevoient sans doute l’avantage des achats d’espace reportés sur les magazines !). Il est vrai que les arguments avancés par le maire sont acceptables et familiers à la pensée postmoderne. Il est conforme, entre autres, au discours qui accompagne "l’Art contemporain" (AC) depuis des décennies. Sa doxa proclame : "la beauté est inégalitaire, peccamineuse !" Comme le Maire de Londres, le clergé de l’AC affirme que tout ce qui est esthétique, idéal, est "irréaliste", aliénant, "fasciste" même !

Détruire les images ou les déconstruire ? Là où l’islam exige la disparition radicale de la figuration, l’AC exige sa "mise en abîme", sa déconstruction, sa critique acerbe. Pour les deux, c’est le même jugement moral négatif, le même rejet de la nature.
La post modernité en Occident avait établi une règle : la beauté en général et celle du corps humain en particulier étaient mis au service de la publicité et de la consommation. La déconstruction de la beauté, sa négation même, sont réservés à la fonction artistique.
Mais l’entrée en scène de la puissance islamique en terre européenne change la donne : son refus catégorique des images, celles de la femme en particulier, impose, si l’on veut "vivre ensemble" quelques renoncements… Ainsi à Londres, s’est instauré un compromis réaliste grâce au double langage.

La France défend encore l’ancien modèle. L’administration artistique persévère dans sa pratique du nihilisme iconoclaste institutionnel. Comme chaque année en juin, l’État offre l’espace de Versailles aux grandes marques globalisées de l’AC. En 2015, Anish Kapoor y a procédé à la déconstruction de l’image idéale de la femme. Son œuvre majeure, "le vagin de la reine", a représenté, sous la protection du ministère de la Culture, la noble figure de la reine en urinoir duchampien, un lieu d’aisance.

Il est vrai qu’aux gardiens de la doxa de la rue de Valois, les figures tutélaires de Vénus, de la Vierge dont la beauté célèbre l’amour, mais aussi le sens tragique de la vie et de la liberté, ont disparu de l’enseignement des Ecoles d’art, des cimaises des Centres d’AC, de la commande d’Art sacré pour les églises.
Une question se pose : l’iconoclasme post religieux fera-t-il en France, comme ce fut le cas à Byzance, le lit de l’invasion de l’Islam ?
Quand on compare les interviews qui accompagnent ces évènements, tant à Londres pour Sadiq Khan, qu’à Versailles pour l’invité de 2016, Olafur Eliasson, on constate que ces deux vedettes de l’actualité emploient les mêmes mots pour qualifier leur action : ils disent "donner vie à l’espace social", ils "créent de la réalité", ils "tissent des liens sociaux", ils élaborent vertueusement la "civilisation globale". Leur discours se veut "scientifique", il s’inspire des sciences sociales.
Après Marie, Vénus s’efface de nos yeux. Elles disparaissent toutes deux dans un silence vertigineux.
Paru sur Boulevard Voltaire, 25 juillet 2016
KERROS de  Aude

Née le 24 décembre 1947
Mariée – 2 enfants

Sculpteur, graveur
Essayiste


Nombreux voyages en Asie, Amérique du Sud, au Proche-Orient,
Séjour en Israël où elle séjourne plusieurs années (Père diplomate)
Sciences Po (IEP, Paris)  
Maîtrise de Droit

Fait le choix de la gravure avec la fréquentation des ateliers
     des graveurs Henri Goetz, S.W. Hayter et Johnny Friedlaender.
     Plus de 80 expositions en France et en Europe
     (Berlin, Munich, Mayence, Rome, Gênes, Londres et Varsovie)
Pensionnée par la Fondation Konrad Adenauer,
Lauréate de l’Institut de France (prix Paul-Louis Weiller, 1988)

Œuvres  
figurent dans les collections du
     National Museum of Women in the Arts de Washington.
Participation à l'exposition "De Bonnard à Baselitz"
     au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale de France à Paris.
Création d'une collection d’entretiens d’artistes pour l’Institut des Archives Sonores de Franklin Picard

Publications
Le non art : art officiel et international 1960-2000 (Conflits actuels, n°7, printemps 2001)
L’art en Révolutions(Les Cahiers de la Table Ronde, printemps 2005)
L’art caché (Commentaire, n°11, automne 2005)
Peut-on inculturer une contre culture ?("Kephas", novembre 2005)
La métamorphose postmoderne et les théoriciens de l’Art contemporain (Catholica, n°92, été 2006)
L’art contemporain : l’inéluctable schisme (Artension, n°28)
Marcel Duchamp détourné par la politique (Artension  n°36, 21 juillet 2007)
L’art sacré à la fin du millénaire (Liberté Politique, n° 16, 17, 18, 19 (feuilleton) 
Dialogue et transgression :
     La politique culturelle de la conférence des évêques de France (Liberté politique, n° 22)
Aliénations réciproques (Liberté politique, n°37)  

Divers articles
     sur les graveurs Jean Delpech, Albert Decaris, Sergio Birga, Pierre Yves Trémois, Jean Marie Granier, etc.

Ouvrages

L'art caché : les dissidents de l'art contemporain (2007)
Sacré Art contemporain : Evêques, Inspecteurs et Commissaires
(2012)

L’Art caché (2013)
L'Imposture de l'art contemporain (2015)

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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