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La grande muette ?

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La grande muette ?
 
Le différent entre le Président de la République et le chef d’état-major des armées incite à poser plusieurs questions :
1 - Est–il croyable que le candidat puis Président  Macron puisse soutenir qu’il a découvert le gouffre de nos finances après son élection ? Il y a dix ans le Premier Ministre Fillon constatait déjà qu’il était à la tête d’un Etat en faillite.
2 - On parle souvent de "Grande muette" à propos de nos armées. Mais quel texte de loi interdirait aux militaires de dire la vérité aux représentants de la nation ?
3 - Les responsabilités du pouvoir politique et des militaires sont différentes. Nul ne conteste le devoir du gouvernement de rétablir l’équilibre de nos finances. Mais le devoir des militaires est bien de se préparer à l’affrontement avec des ennemis de la France. En ont-ils les moyens actuellement ? Tout laisse penser que nos forces ne disposent plus des moyens nécessaires pour être utilisées de la Métropole au Sahel africain ou au Proche-Orient.
4 - Pour limiter nos dépenses, quelles opérations faut-il arrêter ? La réponse ne peut être donnée que par le gouvernement.
5 - De toute façon, plusieurs propositions du candidat Macron étaient irréalistes dans le contexte actuel. Comme je l’ai déjà écrit précédemment, rétablir un service militaire d’un mois pour toute une classe d’âge, hommes et femmes, était farfelu.
6 - Les divergences entre le ministère des finances et celui des armées sont une constante de l’histoire de la République. Rappelons qu’avant 1914, le ministère des finances s’opposa à la mise sur pied d’une artillerie mobile de gros calibre, estimant que le "75" suffirait. Il fallut les hécatombes d’août 1914 pour le ramener à la raison. A quand le désastre qui prouvera que le principe de précaution devrait s’appliquer au budget des armées ?
7 - Cela dit, le Général de Villiers a bien fait de donner sa démission : il faut, à un moment, contraindre nos dirigeants à une réflexion sur leur rôle et celui des armées.

Envoyé par l'auteur, 19 jullet 2017
SALVAN   Jean

Né le 3 mars 1932
Marié (1953) – 5 enfants



Officier, général de corps d'armée


Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr
Ecole d’Etat-Major 
Ecole supérieure de guerre (ESG)

Commandant la IVème Région militaire
Général de corps d’armée (1988)
Représentant français auprès du Commandement Centre-Europe de l’OTAN (1986-1988) 
Commandant de la 1ère Division blindée (1983-1985)
Commandant du 3ème Régiment de parachutistes d’infanterie de marine
Professeur à l’Ecole supérieure de guerre

Membre correspondant du Muséum d’Histoire Naturelle en 1964
Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées de droit public
Professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux (1989-1994) ("Société et Défense") 
Président de l’Union des blessés de la face (les Gueules cassées) (1995-2002)

Ouvrages 
Liban 1978, les Casques bleus de la France (1979) - L’avifaune du Gard et du Vaucluse (1983) -

La paix et la guerre (1992) - Soldat de la guerre, soldat de la paix (2005)

Distinctions
Grand Officier de la Légion d’Honneur
Croix de la Valeur Militaire
Commandeur de l’Ordre du Cèdre du Liban
Croix d’Honneur en or de la Bundeswehr

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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