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... pour la "Grande Muette"

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Les faits parlent pour la "Grande Muette"
 
Silence dans les rangs... Alignement ... Je ne veux voir qu’une seule tête : la mienne. ... Ce jeudi 13 juillet, sans le nommer, le Président de la République a vertement ”recadré” le Général d’armée de Villiers, chef d’Etat-major des armées (CEMA) qui avait observé en commission que les promesses de la campagne électorale sur l’augmentation des crédits militaires n’étaient pas tenues. Quoi de plus naturel ? Souvent ce sont les médias qui sont à fustiger quand ils construisent des scandales pour exister ! Ici, le scandale vient du fait que le CEMA a été tancé devant la France entière et à tort. En conscience et en responsabilité, il n’a fait que justifier les moyens nécessaires pour remplir les missions qui lui sont assignée. Au final, il y va de la vie des éxécutants.
 
Là encore les réflexes du Président datent d’un autre âge. Lyautey, un homme de notre temps, disait : "Quand les talons claquent, les esprits se referment". Une référence à ce Maréchal de France, qui ne confondait pas autorité et autoritarisme, s’impose :
"Un chef, celui qui commence par servir et par obéir pour apprendre à commander, et le fait de servir et d'obéir au mieux est déjà un acte de chef, puisque c'est donner l'exemple. Mais aussi, celui qui en servant et en obéissant n'abdique ni l'indépendance de son jugement ni le libre jeu de son initiative, qui observe et se prépare”, celui qui, plus tard, en donnant toujours l'exemple de la déférente discipline, saura ne pas se borner à obéir passivement et osera, quand sa conscience et la situation lui en font un devoir, soumettre librement son avis, avis qu'accueillent toujours, provoquent même les chefs dignes de ce nom"
Il va de soi qu’un tel chef connaît les codes écrits ou non qui font “la grandeur et les servitudes” de la vie militaire. Jamais un chef ne met en cause un de ses subordonnés devant les subordonnés de celui-ci. J’ajoute me souvenir du Général Bigeard qui, avec ses mots, disait qu’un militaire était propriétaire de son grade acquis par son travail et son courage (il y a malheureusement des exceptions) et que le mandat d’un élu n’était que provisoire et ne pouvait être renouvelé qu’en flattant, sinon en trompant, ses électeurs pour être réélu.
Après tout, les esprits avisés avaient tout de suite compris que la suppression du ministère de la Défense n’était pas un fait anodin. La Défense est partie à l’Elysée. Le ministère des armées n’est plus que le gestionnaire de hommes et du matériel des armées.
 
Avant de parler de service national universel, il serait temps de donner à lire au Président "Le rôle social de l’officier dans le service universel", écrit par le capitaine Lyautey en 1891. Il y énonce les règles de base d’un management à visage humain bien différent de celui qui se met en place selon les codes des potentats.
Et c'est bien là que le bât blesse. D'un côté, il y a le rôle social : "L'essentiel est de savoir ce que l'on veut et va l'on va. Or cela, écrivait-il, je le sais : faire prédominer sur tous mes actes le devoir social".  De l'autre, il y a le management déshumanisé, lié au rendement et à la productivité.
Cette actualité devient un jalon dans l'éclairage à donner sur la montée en puissance d'un autoritarisme qui se nourrit de la pratique des manipulations et qui exploite insidieusement la panoplie des faiblesses humaines. Le désaccord, (le mot est faible) sur le budget des armées n'est que l'arbre qui cache la forêt. Après tout ce qu'on a vu au cours de la dernière campagne présidentielle il est plausible de penser que le pouvoir avait, d'entrée de jeu, décidé d'évincer le Général de Villiers et que la fuite du huis clos avait été organisée. 
Un préfet en retraite m'a glissé que ce n'était que l'expression du complexe des jeunes "énarques" qui n'ont fait la guerre que devant une caisse à sable en s'adonnant au "Kriegspiel".  En tout cas, ce mercredi 19 juillet, le Général Pierre de Villiers (CEMA) a démissionné sans attendre le rendez-vous tardif fixé par le Président au vendredi, prenant ainsi de court ceux qui mettaient en place des contre-feu médiatiques pour le dédouaner. Il a repris la main et privé le Président de la République du plaisir de l'humilier une nouvelle fois en le "chassant" et par ricochet d'humilier tous les "soldats" des trois armées qu'il représente et défend.
Sa démission était bien le but recherché par le pouvoir. La recette est connue. Quand on veut se débarrasser de quelqu'un, sans mettre "les mains dans le cambouis", on crée les conditions opportunes pour l'amener à démissionner et, au mieux, à le faire condamner par l'opinion publique ; ceci avec l'appui complice de la majorité des médias. Sauf que ... l'avenir le dira.
 
C'est l'occasion de rappeler qu'Hubert LYAUTEY, victime idéologique de la mémoire sélective, a vécu le même type de situation à deux reprises.
Ministre de la Guerre en 1917, le Général Lyautey a été amené à démissionner parce que les politiques et les politiciens ne supportaient pas ses exigences visionnaires sur la conduite de la guerre. Il faudra attendre Clémenceau pour les mettre en oeuvre après le dramatique échec de “l’offensive Nivelle” à laquelle il était opposé. 
Résident général de France au Maroc, le Maréchal de France Lyautey estimant grave en 1924 la menace d'Abd el Krim à partir du RIF, se voit refusés par le Cartel des gauches les renforts qu'il demande. Devant son insistance, les pouvoirs militaires lui sont retirés, en septembre 1925, au profit du maréchal Pétain "bien vu" du Cartel. Il arrive au Maroc avec des moyens surdimensionnés, pour ne pas avoir compris que lorsqu'on veut montrer sa force pour en éviter l'emploi, on ne fait pas la guerre dans le Rif comme on l'a fait à Verdun.
Ne conservant que ses pouvoirs civils, le Maréchal Lyautey perdait la face : par ce biais on l'avait tout simplement amené à démissionner. Tout comme, pour l'évincer, on a refusé au Général de Villiers les moyens de remplir sa mission. Sa démission le grandit encore plus.

Envoyé par l'auteur, 20 juillet 2017
Colonel (er) P. Geoffroy, Président de l'Association Nationale Maréchal Lyautey
GEOFFROY Pierre

Né le 3 décembre 1930
Marié - 2 enfants.
 
Conseil d'entreprise en retraite
Officier d'Infanterie, Colonel (er)
 
Faculté des sciences de Nancy.
 
Sous-lieutenant, se porte volontaire pour l’Indochine (1953-54)
Chef de section, puis commandant de compagnie en Algérie (1955-57)
Chef de Brigade à l'Ecole militaire de Strasbourg (1957-59)
Officier des Affaires algériennes (1959-62)
Capitaine commandant de compagnie commando au 26e Régiment d'infanterie (1964-66)
Chef de bataillon à l'EM e la 61e Division militaire territoriale à Nancy (1970-74)
Directeur de l'instruction au 26e R.I. (1974-76)
Chef de bureau à l'EM de la 4e Division blindée en 1976
Colonel, fait valoir ses droits à la retraite (1981)
 
Brevet militaire de langue arabe
Cours des officiers des Affaires algériennes de neuf mois à Alger,
Auditeur de l'Institut des hautes études de la défense nationale (IHEDN).
 
Créateur et dirigeant d'un cabinet conseil d'entreprise à Nancy (1982-2002),
 
Président du Comité consultatif de la Ville de Nancy (1977-1983).
Conseiller municipal de Thorey-Lyautey (3 mandats)
 
Président-fondateur de l'Association Nationale Maréchal Lyautey depuis 1980.
Président de la Fondation Lyautey.
Président-fondateur du Syndicat d'Initiative de Thorey-Lyautey depuis 1987.
Président du Groupe Blandan depuis 1985.
 
Animateur de divers clubs sportifs et culturels entre 1957 et 1970.
Président de l'Association des parents d'élèves de l'Institution Saint-Joseph de Nancy (1970-78).
Vice-président du club des créateurs d'entreprise de Meurthe et Moselle.
Président de Saintois Développement.
 
Ouvrages
Qui s'y frotte s'y pique (1967).
Articles sur le maréchal Lyautey.
 
Distinctions
Chevalier de la Légion d'honneur,
Commandeur de l'Ordre National du Mérite
Croix de la Valeur militaire
Croix du Combattant volontaire
Chevalier des Palmes académiques
Médaille de la Jeunesse et des sports
Officier de l’Ordre marocain du Ouissam Alaouite.
 
Lauréat de l'Académie de Stanislas
Prix littéraire E. Hinzelin (1968)
Médaille d'Or de la Ville de Nancy (2000)

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