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Les fourberies de "Jupiter"

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Les fourberies de "Jupiter"
 
Tout a été dit ou presque, sur ce que les médias appellent l’affaire de Villiers. Si grave soit-elle, ce n’est qu’un épisode du renouveau annoncé qui consiste à détruire méthodiquement tout ce qui marche ou fait de l’ombre à Jupiter qui veut régner à tout prix, y compris sur un champ de ruines intellectuel, moral, identitaire, social, sociétal, ... etc.  ........ Tout a été dit ou presque, puisque la langue de bois permet souvent de rester politiquement correct et même, dit-on - constructif. Les autres sont persona non grata.
 
Les Français ont, parait-il, la mémoire courte et ils ne sont pas les seuls ; à plus forte raison, ils ne peuvent pas se souvenir de ce qui ne leur a pas été enseigné comme, par exemple, toutes les pages d’histoire qui valorisent nos racines et traduisent la grandeur de la France. Par contre, ils conserveront en mémoire ce qui, au-delà des écrits et des paroles a provoqué des blessures dont les cicatrices continueront de témoigner. Au cours du premier acte, des Français de plusieurs générations ont été dénoncés comme "criminels" pour avoir participé à "un crime d’Etat". Outre les vivants, nombreux sont les descendants de ces "criminels" à souffrir de cette blessure.
 
Dans un deuxième temps, au-delà du Général de Villiers Chef d’état-major des armées (CEMA) qui a été humilié et évincé de façon déloyale, c’est toute l’institution militaire, ceux qui la servent ou l’ont servi qui ont été atteints et profondément blessés avec des répercussions sur leur famille et leur entourage. Il parait tout à fait évident que le sort du Général de Villiers était scellé d’avance. Pour que ses qualités humaines et professionnelles, son expérience, sa droiture et son honnêteté intellectuelle ne fassent pas d’ombre à Jupiter, il fallait qu’il soit éliminé. Il est vrai qu’il ne pouvait pas cohabiter avec des personnages en marche, dont la première conviction est l’opportunisme. Il est le premier de la liste, d'autres suivront.
A ce propos, la première mesure à prendre pour "moraliser la politique" serait de démettre de son mandat tout élu qui, en cours de mandat, trahit ses électeurs en changeant d’opinion, de programme, de parti pour l’obliger à solliciter à nouveau leurs suffrages avec ses nouvelles convictions, même éphémères.
 
Pour être "compatible" fallait-il que le CEMA renonce à demander et à justifier les moyens dont nos armées ont si grand besoin ? Fallait-il qu'il mente en exprimant sa satisfaction de ne pas recevoir les crédits militaires promis ? Fallait-il qu'il se comporte comme tous les politiciens qui ont retourné leur veste une fois, deux fois, trois fois...... pour tenter de se faire élire et fait des promesses qu'ils sont sûrs de ne pas pouvoir tenir ?
 
Pour l’éliminer, le pouvoir a eu recours à une vieille technique (vive la modernisation !) utilisée pour se débarrasser habilement d’un indésirable. Elle consiste par un savant dosage d’humiliations et de camouflets à le pousser à bout dans son amour- propre et sa dignité jusqu’à ce qu’il se démette ... et il y a toujours des complices : par exemple pour rendre publics les propos d’un huis clos ! C’est le Général - disent les adeptes de "En marche" qui a trahi la confiance mise en lui par le Président de la République : celui-ci, en effet, venait de prolonger d’un an son mandat. Cette manière de procéder est une fourberie manifeste pour créer vis à vis de l'opinion une ambiance de trahison et accroître la culpabilité imputée au Général. Prolonger son mandat avec l'arrière-pensée de l'éliminer, c’était lui donner le baiser de Judas.
Inutile de repasser le film de ce qui a suivi, en notant toutefois que la démission rapide du Général de Villiers a coupé l’herbe sous les pieds de ceux qui voulaient abuser de la situation pour l’humilier davantage. En prenant l’initiative d’une démission circonstanciée, il privait Jupiter de la jouissance de l’avoir limogé. Et, quand Jupiter se rend sur la base aérienne à Istres pour implorer de façon théâtrale la confiance des armées, il ignore que les soldats sont des hommes et ne sont pas dépourvus d’affectivité, surtout vis à vis d’un CHEF qu’ils ont apprécié. Mais n’est pas chef qui veut ! "La plus grande preuve d'estime, que l'on puisse donner aux gens que l'on a l'honneur de diriger, - écrivait Lyautey - ce n'est pas de les flagorner, mais de leur parler gravement, en leur montrant les choses comme elles sont." Tout le contraire de l’autoritarisme !
Le comble et la palme de la goujaterie revient le lendemain au porte- parole du gouvernement, c’est à dire "La voix de son maître" formaté pour le bluff et l’arrogance. Il twite : "C’est le comportement du général qui a été inacceptable. On n'a jamais vu un CEMA s'exprimer via un blog ou faire du off avec des journalistes ou interpeller les candidats pendant la présidentielle (...). Il s'est comporté en poète revendicatif." et qui renchérit en brocardant la "bronca" de soutien faite au Général par les femmes et les hommes de tous grades servant à Balard, le Pentagone français. Pire, il enfonce le clou dans un article publié le lendemain dans le Figaro.
 
Il aurait été de bon ton, de la part de ceux qui alimentent les médias, qu’ils se soient émus du fait que le Général Pierre de Villiers a été privé - suprême affront - de la prise d’armes traditionnelle en rapport avec son niveau de responsabilités pour marquer son adieu aux armes. Une fois de plus, il n’est pas malséant, bien au contraire, de faire un parallèle avec ce qui a été réservé au Maréchal Lyautey en 1925. 
Lors de la guerre du Rif, le Cartel des Gauches - souhaitant un clash pour justifier l’élimination d'un Lyautey qu'il jugeait non compatible - lui refuse les renforts qu’il demande. Le Maréchal Pétain, après avoir trahi la confiance mis en lui par Lyautey, est désigné pour le dessaisir de ses pouvoirs militaires et arrive avec des renforts plus qu’excédentaires. Pour ne pas perdre la face, Lyautey ne disposant plus que des pouvoirs civils est acculé à la démission.
A son départ, il est accompagné jusqu’au port de Casablanca par une foule immense qui lui manifeste sa reconnaissance et ses regrets de le voir partir. Privé de navire de guerre, il voyage comme un touriste. Au large de Gibraltar, la marine anglaise lui rend les honneurs. A Marseille, seuls des amis l’attendent. Pas d’honneurs militaires dus à son rang. Près d’un siècle plus tard, les pratiques n’ont pas changé, seuls les discours sont plus lénifiants et plus fourbes.
 
Selon la formule traditionnelle prononcée lors de sa prise de commandement, un Chef militaire s’engage à assurer "le succès des armes de la France". Encore faut-il lui en donner les moyens, surtout quand le matériel à bout de souffle met en jeu la vie des soldats. Le politique devrait s’engager à respecter en temps et en heure ses promesses. Par sa démission, le Général d’armée Pierre de Villiers a fait savoir que c’est lui qui a eu la force de caractère de tenir le cap.

Envoyé par l'auteur, le Colonel (er) P. Geoffroy, Président de l’Association Nationale Maréchal Lyauteyn, 4 août 2017
GEOFFROY Pierre

Né le 3 décembre 1930
Marié - 2 enfants.
 
Conseil d'entreprise en retraite
Officier d'Infanterie, Colonel (er)
 
Faculté des sciences de Nancy.
 
Sous-lieutenant, se porte volontaire pour l’Indochine (1953-54)
Chef de section, puis commandant de compagnie en Algérie (1955-57)
Chef de Brigade à l'Ecole militaire de Strasbourg (1957-59)
Officier des Affaires algériennes (1959-62)
Capitaine commandant de compagnie commando au 26e Régiment d'infanterie (1964-66)
Chef de bataillon à l'EM e la 61e Division militaire territoriale à Nancy (1970-74)
Directeur de l'instruction au 26e R.I. (1974-76)
Chef de bureau à l'EM de la 4e Division blindée en 1976
Colonel, fait valoir ses droits à la retraite (1981)
 
Brevet militaire de langue arabe
Cours des officiers des Affaires algériennes de neuf mois à Alger,
Auditeur de l'Institut des hautes études de la défense nationale (IHEDN).
 
Créateur et dirigeant d'un cabinet conseil d'entreprise à Nancy (1982-2002),
 
Président du Comité consultatif de la Ville de Nancy (1977-1983).
Conseiller municipal de Thorey-Lyautey (3 mandats)
 
Président-fondateur de l'Association Nationale Maréchal Lyautey depuis 1980.
Président de la Fondation Lyautey.
Président-fondateur du Syndicat d'Initiative de Thorey-Lyautey depuis 1987.
Président du Groupe Blandan depuis 1985.
 
Animateur de divers clubs sportifs et culturels entre 1957 et 1970.
Président de l'Association des parents d'élèves de l'Institution Saint-Joseph de Nancy (1970-78).
Vice-président du club des créateurs d'entreprise de Meurthe et Moselle.
Président de Saintois Développement.
 
Ouvrages
Qui s'y frotte s'y pique (1967).
Articles sur le maréchal Lyautey.
 
Distinctions
Chevalier de la Légion d'honneur,
Commandeur de l'Ordre National du Mérite
Croix de la Valeur militaire
Croix du Combattant volontaire
Chevalier des Palmes académiques
Médaille de la Jeunesse et des sports
Officier de l’Ordre marocain du Ouissam Alaouite.
 
Lauréat de l'Académie de Stanislas
Prix littéraire E. Hinzelin (1968)
Médaille d'Or de la Ville de Nancy (2000)

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