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L'administration française...

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L'administration française ou la machine à ne surtout rien faire
 
La France est en panne de réforme. L'administration a jeté un glacis paralysant sur tous les projets. Tous les rouages administratifs de notre pays mettent leur énergie à ce que rien ne bouge. Et Macron comme Edouard Philippe sont bien impuissants.
 
Les moulinets avec les micros, les incantations, les engueulades en conseil des ministres, la véhémence des promesses... tout cela n'y change rien. Les chefs d'entreprises regardent goguenards, les images du séminaire gouvernemental avec 80 intéressés au coude à coude, chacun drapé dans ses propositions, ses contre-propositions et son impuissance.
Pauvre premier ministre, il aimerait bien... pauvre Président de la République face à la machine à broyer qu'il alimente involontairement en créant séminaires, commissions, groupes de travail qui viendront tels de nouveaux grains de sable gripper le cours des choses, chacun voulant témoigner de son importance. Rien ne semble pouvoir entraver l'inéluctable rouleau compresseur du système administratif politico règlementaire et législatif. 
Les "arrêtés" portent bien leurs noms, ils arrêtent ! alors qu'ils devraient permettre. 
 
Tous ceux qui sont au contact des pouvoirs publics le savent et en témoignent. Au-delà de la mise en scène d'un volontarisme en bras de chemise et l'emploi d'un vocabulaire prometteur offensif et guerrier, la machine à ne rien faire a repris ses droits dans l'appareil d'État.
Le début du quinquennat avait marqué les esprits par sa détermination et une certaine avancée sur la capacité à réformer le code du travail. La SNCF attaquée au pas de charge nous a impressionnés, tout était dorénavant possible... Deux ans plus tard, la réalité reprend le dessus, le renoncement à faire baisser les dépenses de l'État donc à réduire les impôts, a déclenché la crise des gilets jaunes. Un point d'étape qui nous confronte à la réalité de la lenteur étatique et à la toute puissance fiscale qui tient lieu de réforme. La lenteur réformatrice et l'état de non avancement du "changement" est le résultat d'une impuissance à dénouer les rouages et les mille feuilles et à reprendre en mains les services de l'Etat (notons au passage le nombre croissant d'inspecteurs du travail). Une procrastination institutionnelle, une véritable méthode administrative pour ne pas faire est érigée en norme, le tout se traduisant par le spectacle d'un échec permanent à avoir prise sur le réel. Plus les actes sont absents, plus les discours sont déterminés, musclés et incantatoires. La méthode du maintien de l'inertie fait ses preuves, nous la vérifions inlassablement.
 
Les forces de l'immobilisme contre-attaquent
Prenons n'importe quelle réforme destinée à simplifier ou changer quelque chose dans la vie des entreprises, elle est nécessaire et décidée, arbitrée par le politique (pour cela il faut en moyenne 2 ans). Les annonces sont faites et il n'y a plus qu'à ... C'est là que commence le vrai parcours d'obstacles. Les administrations semblent avoir pour objectif premier de tenter de ralentir ou bloquer la réforme en question avec une implication qu'il faut saluer ! On lance d'abord "l'instruction de la décision" : un processus calculé, compliqué, juridique et technique. Les intéressés se battent, s'acharnent, négocient (merci aux lobbyistes, sans eux ce serait bien pire). Et puis un beau jour, il apparaît au détour d'un couloir que l'on s'approche de l'épilogue, encore 3 mois et promis on y sera...Voilà, on y est.
Nenni ! Nous sommes trop près du succès et cela génère une mobilisation générale, les forces de l'immobilisme contre-attaquent, quelqu'un de haut placé invoque alors la nécessité de "réunir une dernière commission" pour faire le point. Et c'est reparti : on relance une "mission" et on "re-procède à des consultations" auxquelles on s'arrange pour ne pas convier les acteurs de terrain concernés, trop pertinents et forts de propositions concrètes. Encore quelques mois de gagnés...
 
Quand toutes ces étapes ont été franchies avec rendez-vous manqués, reportés, dossiers renvoyés etc. on soupire de soulagement, cette fois c'est bon ? Non, ce serait sans compter la fertilité créative des administrations paralysantes qui ont plus d'un tour dans leur sac ... " Oh ! Combien de ministres, combien de capitaines qui sont partis joyeux ..." ont-ils vu passer ces fonctionnaires zélés ? Sans que les ministres transitoires des gouvernements ne soient parvenus à imprimer leur marque. Les administratifs eux demeurent en bons professionnels des arcanes de la machine à arrêter le temps.
Lorsque la réforme est sur le point d'aboutir, on découvre qu'en fait on n'a pas consulté tel autre ministère impacté (sic). Sitôt dit sitôt fait, le nouveau ministre consulté saisit alors son administration qui organise des consultations, réunit des commissions, etc. On fait alors remonter des obstacles nouveaux qu'il va falloir ré-instruire. Les acteurs économiques qui attendent la réforme sont éreintés, ils n'y croient plus. L'administration ricane en silence : qui a pu penser qu'elle obtempèrerait devant une réforme qu'elle ne souhaite pas ? On peut toujours dire que c'est la faute de Macron... mais est-il conscient du niveau de "l'empêchement" et de la confiscation du pouvoir par la fonction publique ? On rêve de lui faire vivre ce parcours des condamnés, ces obstructions inutiles, ces allers et retours, la jouissance du pouvoir de dire non des gardiens des prisons économiques ! Pire : y peut-il quelque chose ? Se poser la question donne la dimension du problème.

Envoyé par l'auteur, paru dans Challenges, 9 mai 2019
MENTHON de Sophie


Chef d’entreprise
Présidente d'ETHIC  (depuis 1995)  (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance)
Membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE)
 

   
Crée la "Fête des Entreprises", sur le thème : "J’aime ma boîte !"
     qui se renouvelle chaque année au mois d’octobre (depuis 2003).

A son initiative,
 1ère édition du congrès ETHIC FIRST au Palais des Nations Unies de Genève (2009)
     (512 participants issus de 23 pays,
     autour du thème : La Responsabilité Sociale des Entreprises en période de crise économique.
3ème édition du congrès ETHIC FIRST à Novancia (21 juin 2012)

S’est toujours investie dans la vie associative pour promouvoir l’entreprise privée.
A 21 ans, crée sa première entreprise de marketing téléphonique Multilignes Conseil (1969)
     Présidence jusqu’en 2004.
Lance le premier Syndicat du Marketing Téléphonique (SMT) (1979)
Rédige un code déontologique
     qui régit aujourd'hui la profession en France et dans plusieurs pays d’Europe.

Admise dans la réserve citoyenne avec le grade de Colonel
     Rattachée au corps des Officiers de la Gendarmerie Nationale (2007).

Nommée par le Président de la République au Conseil Economique, Social et Environnemental
     au titre de personnalité qualifiée (depuis 2010)
Membre de l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE) (depuis 2010)
Mission sur la Responsabilité Sociétale et Environnementale des entreprises (RSE)
     à la demande de Xavier Bertrand, Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé
     qui a donné lieu à unguide pratique illustré à destination des PME (20 000 exemplaires)
A souhaité présenter
     20 mesures d’urgence à prendre par le nouveau Président de la République (2012).
 
Intervient dans l’émission
     "Les Grandes Gueules" sur RMC
     "Les Experts du 9h-10h" sur BFM.
 
Ouvrages
Dans la collection Le monde d'aujourd'hui expliqué aux enfants 
(Editions Gallimard Jeunesse, qu’elle fonde avec sa fille Alexia Delrieu et avec qui elle écrit en tandem)
Illustrations : Clotilde Perrin puis Alice Charbin puis Henri Fellner :
La Police(2006)
L'Argent(2006)
     Prix de la Presse des jeunes au Festival de Montreuil 2007.
La Politique(2006)
La Publicité(2006)
L'Europe(2007)
La Justice(2008)
L'Entreprise(2008)
Le Supermarché(2009)
La beauté(2010)
Dangers (2010)
L'Armée (2011)

Distinctions
Officier de l'Ordre de la Légion d'Honneur
Commandeur de l’Ordre National du Mérite

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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