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Un débat sur la PMA sous pression politique
 
Ancien ministre, député LREM et ex-prétendant macroniste à la mairie de Paris, Mounir Mahjoubi l’a dit clairement. Son "objectif" est "d’annoncer dans la loi qu’il faudra débattre de la GPA". Ce n’est pas la position du gouvernement qui, par la voie d’Agnès Buzyn notamment, rappelle qu’Emmanuel Macron a pris deux engagements dans sa campagne : celui d’étendre la PMA et celui de ne pas ouvrir le débat sur la GPA ; et que les deux seront tenus.
 
La pression est cependant bien réelle, au sein de la majorité et à gauche, pour inciter l’exécutif à faire de la généralisation de l’accès à la PMA un point de départ et non un aboutissement. Le souhait de Mahjoubi et d’autres députés LREM d’aller vers la GPA n’a suscité aucune réaction ou rappel à l’ordre de la part du parti présidentiel alors qu’ils vont plus loin que la volonté du chef de l’État, tandis que l’opposition d’Agnès Thill à la PMA lui a valu une exclusion de son groupe et de son parti. Lors de la Marche des fiertés, des responsables de gauche ont défilé sous le mot d’ordre "marre des lois a minima", sous-entendant que le texte de la ministre de la Santé serait trop timoré alors qu’outre l’extension de la PMA il modifie les règles de la filiation et permet aussi la congélation d’ovocytes.
 
Dans son discours de politique générale, Édouard Philippe a redit son souhait "d’atteindre une forme de consensus sur ces dossiers", reprenant la condition initiale fixée par Emmanuel Macron pour légiférer en la matière. En deux ans, pourtant, les Français, qui ont fortement participé aux états généraux de la bioéthique, n’ont guère évolué. "Il y a deux blocs d’un poids identique, chacun aux alentours de 40 %, qui ne vont pas changer d’avis, fait remarquer à l’AFP Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l’Ifop. Et 20 % de la population qui va osciller dans ses réponses en fonction de l’argumentaire proposé"
 
Mais les conditions politiques du débat ont évolué. Officiellement, les principaux groupes parlementaires reconnaissent la liberté de vote à leurs députés. Mais la tonalité est différente de part et d’autre de l’Hémicycle. À LREM, plus que la liberté de vote, on brandit cette "avancée" avec la volonté d’en faire un marqueur progressiste fort.
Chez Les Républicains, cette liberté est au contraire mise en avant comme une preuve d’un refus d’en faire un motif de clivage entre la majorité et l’opposition, et plus encore un motif de clivage interne. Autrement dit, les pro-PMA entendent assumer leur combat quand les anti-PMA se préparent à faire profil bas.
 
On le voit aussi au sein du gouvernement. Ceux qui étaient hostiles à cette nouvelle étape ou exprimaient des "réserves" assurent désormais, à l’instar de Bruno Le Maire, vouloir "comprendre les arguments des autres" ou s’abritent derrièrele respect d’une promesse de campagne. Ceux qui y sont favorables, à l’inverse, l’affirment haut fort, comme Muriel Pénicaud, qui, au "Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI", a présenté la PMA comme "une première grande étape". Ce qui signifie qu’il y en aura d’autres… Comme pour Mahjoubi, annoncer des combats à venir, c’est faire comprendre que celui qui est en cours est déjà réglé. Donc en banaliser la dimension transgressive.

Paru dans Le Figaro, 24 juillet 2019
TABARD Guillaume

Guillaume TABARD






Journaliste politique

Maîtrise d’histoire (Paris I Sorbonne).



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