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Réformes : pourquoi le gouvernement a déjà plié
 
Les Français sont décidément ingouvernables : ils réclament des réformes mais avant même qu'elles soient discutées, ils descendent dans la rue. En face, le gouvernement donne déjà des signes de faiblesse. Il a pourtant été nommé pour réformer le pays en profondeur. 
 
La lassitude et la déprime gagnent d'en bas jusqu'en haut tant les contradictions nous paralysent. Le changement, nous n'avons eu que cela à la bouche et nous sommes incapables d'en supporter ne serait-ce que l'ébauche.
Nous voulons la vérité et nous bâillonnons tous ceux qui s'expriment différemment du consensus officiel auquel d'ailleurs personne n'adhère vraiment. Nous sommes censurés, les journalistes eux-mêmes au pays de Voltaire et de la pseudo liberté d'expression lancent des alertes et des motions pour virer le chroniqueur qui ne leur plait pas et qui ne pense pas bien. Il n'y a pas que 
Zemmour, nombreux sont ceux qui ont été remerciés, sans remerciements, parce qu'ils n'étaient pas "dans la ligne éditoriale.
Nous vivons assommés par les délires et les interpellations moralisatrices entre autres des réseaux sociaux, repris par la presse. Les députés eux-mêmes twittent, et il ne faut pas rater ce tweet de la députée Danièle Obono, à propos du Premier ministre, ce qui mériterait au minimum un rappel à l'ordre de l'Assemblée Nationale ! Est-ce la nouvelle conception de la liberté d'expression ? "Le mec a tellement l'seum & les chocottes de la grève du 5/12 qu'il dégaine direct #fakenews & #lawfare. L'exercice légal du droit de retrait s'est fait pour la sécurité des usager-es dont vous n'avez cure. La grève se fera contre votre infâme politique".
Nous finissons par avoir honte de nous-mêmes, les Français. Ce qui manque à notre société c'est le goût de l'effort, une certaine dignité disparue, l'autorité, le temps de la réflexion pour ne pas être gouvernés en permanence par l'instantanéité, l'immédiat, et le marketing de l'émotion. On ne sait plus ce qu'est une concession, on est incapable d'accepter qu'une mesure mette 1 ou parfois 2 ans pour donner un résultat. Nous sommes plus que les autres naturellement résistants au changement. Pire, nous perdons notre bon sens au profit d'idéologies fugaces et passagères.
La répétition de la grève à la 
SNCF ces derniers jours, de celle à venir du 5 décembre, destinée à tester la résistance du gouvernement et à gêner le maximum d'usagers est réussie. Au passage on notera que des questions de sécurité non traitées en sont le prétexte, pourquoi pas...
 
Une posture d’adhésion "molle" à tout changement
On finit par ne plus en vouloir au gouvernement à part les forcenés qui veulent virer le président à tout prix parce qu'il n'est pas de leur camp. Réformer, oui mais qui a envie de revoir des casseurs ? Les happenings du samedi ? Ces blocages de partout ? Qui a envie de voir la France paralysée par ceux qui sont justement privilégiés en matière de retraites ? Quelles entreprises supporteront le manque à gagner de ces grèves attendues ? Combien de temps les "usagers" vont-ils galérer ? Comment faire évoluer cet 
"'Etat Profond"
 sous terrain, sous forme de mille-feuilles administratif qui perdure avec ses couches de crème et de feuilletée toujours plus épaisses pour amortir tout ce qui change ? Comment négocier avec certains syndicats qui reprennent un peu de vigueur avec chevillé au corps le désir inextinguible de s'opposer à tout et de ne pas en découdre ?
Les collectivités locales, qui au nom de la précédente réforme ont doublé les structures existantes ce qui crée des impôts pour compenser ceux qu'on a tenté d'alléger au niveau national, sont le parfait symbole de cette France qui sous prétexte de réformer en rajoute encore et encore.
"Dieu se rit des prières qu'on lui fait pour détourner les malheurs publics quand on ne s'oppose pas à ce qui se fait pour les attirer. Que dis-je ? Quand on l'approuve et qu'on y souscrit. " (citation complète de Boileau). Autrement dit par l'étude de l'IFOP sur les processus de changement, publiée dans le journal La Tribune du 26 juin 2010 qui mentionnait déjà que 53 % des personnes concernées par un changement optent pour une posture d'adhésion molle, 24 % résistent par principe, 12 % sont en situation de rejet et seulement 11 % développent une adhésion forte.
Toute cette ignorance, cette mollesse en demande d'assistanat, ces protestations, ces scandales d'une semaine, l'indignation médiatique qui gère l'information du drame du jour avant de passer au suivant, font que la situation parait désespérante dans un pays qui était heureux et qui se laisse glisser vers l'insécurité. Il parait que c'est dans le prochain programme du président de la République pour sa réélection (sic !).
C'est acté, on se le dit et qu'on se le dise, on le susurre dans les allées de pouvoir et on soupire : il ne se passera plus rien. La réforme avec un grand R est enterrée, celle des retraites concernera peut-être les nouveaux nés à venir... Mais rassurez-vous on aura quand même les grèves !

Envoyé par l'auteur, paru dans Challenges, 24 octobre 2019
MENTHON de Sophie


Chef d’entreprise
Présidente d'ETHIC  (depuis 1995)  (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance)
Membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE)
 

   
Crée la "Fête des Entreprises", sur le thème : "J’aime ma boîte !"
     qui se renouvelle chaque année au mois d’octobre (depuis 2003).

A son initiative,
 1ère édition du congrès ETHIC FIRST au Palais des Nations Unies de Genève (2009)
     (512 participants issus de 23 pays,
     autour du thème : La Responsabilité Sociale des Entreprises en période de crise économique.
3ème édition du congrès ETHIC FIRST à Novancia (21 juin 2012)

S’est toujours investie dans la vie associative pour promouvoir l’entreprise privée.
A 21 ans, crée sa première entreprise de marketing téléphonique Multilignes Conseil (1969)
     Présidence jusqu’en 2004.
Lance le premier Syndicat du Marketing Téléphonique (SMT) (1979)
Rédige un code déontologique
     qui régit aujourd'hui la profession en France et dans plusieurs pays d’Europe.

Admise dans la réserve citoyenne avec le grade de Colonel
     Rattachée au corps des Officiers de la Gendarmerie Nationale (2007).

Nommée par le Président de la République au Conseil Economique, Social et Environnemental
     au titre de personnalité qualifiée (depuis 2010)
Membre de l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE) (depuis 2010)
Mission sur la Responsabilité Sociétale et Environnementale des entreprises (RSE)
     à la demande de Xavier Bertrand, Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé
     qui a donné lieu à unguide pratique illustré à destination des PME (20 000 exemplaires)
A souhaité présenter
     20 mesures d’urgence à prendre par le nouveau Président de la République (2012).
 
Intervient dans l’émission
     "Les Grandes Gueules" sur RMC
     "Les Experts du 9h-10h" sur BFM.
 
Ouvrages
Dans la collection Le monde d'aujourd'hui expliqué aux enfants 
(Editions Gallimard Jeunesse, qu’elle fonde avec sa fille Alexia Delrieu et avec qui elle écrit en tandem)
Illustrations : Clotilde Perrin puis Alice Charbin puis Henri Fellner :
La Police(2006)
L'Argent(2006)
     Prix de la Presse des jeunes au Festival de Montreuil 2007.
La Politique(2006)
La Publicité(2006)
L'Europe(2007)
La Justice(2008)
L'Entreprise(2008)
Le Supermarché(2009)
La beauté(2010)
Dangers (2010)
L'Armée (2011)

Distinctions
Officier de l'Ordre de la Légion d'Honneur
Commandeur de l’Ordre National du Mérite

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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