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Quand MELENCHON assimile réunification à "annexion"
 
Comme François MAURIAC autrefois, Jean-Luc MELENCHON aimait-il à ce point l’Allemagne qu’il préférait quand il y en avait deux ? Au moment où l’on célèbre le trentième anniversaire de la réunification, le leader de La France insoumise tempête contre "l’annexion" de l’ex-RDA par l’ex-RFA.
 
Le mot n’est pas de lui. C’est le mensuel Le Monde diplomatique qui titre "Allemagne de l’Est, l’histoire d’une annexion" en parlant, à propos de la chute du mur de Berlin, du "symbole équivoque" d’un "mythe fondateur" de l’Union européenne. Jean-Luc MELENCHON a retweeté cette une avec le commentaire suivant : "Enfin le mot juste pour nommer ce qui s’est passé il y a 30 ans. Une violence qui n’en finit plus de se payer."  Le "mot juste", c’est lui qui le dit. Pas d’erreur possible, le député de Marseille ne s’est pas cette fois laissé emporter par son tempérament, il a bien voulu parler d’"annexion" et de "violence" à propos de la réunification allemande.
Si le mot est juste, donc, c’est qu’il n’y avait aucune légitimité à revenir sur la séparation décidée à Yalta - une annexion est toujours une décision unilatérale au détriment d’un plus faible - et que les Allemands de l’Est se sont vu imposer par la force une décision dont ils ne voulaient pas.
 
Dans ses explications, Jean-Luc MELENCHON vise trois domaines : les institutions, la modification du régime de propriété et"la violence sociale inouïe" contre"certains acquis". Que la remise à niveau d’un pays engoncé quatre décennies durant dans une économie administrée ne se soit pas faite sans difficulté est une évidence, comme en témoignent la résurgence du PDS, ex-communiste, et la percée de l’AfD d’extrême droite. Mais il est sidérant que le leader de La France insoumise occulte l’événement proprement dit que fut l’émancipation du joug soviétique.
Faut-il rappeler que le mot "annexion" se dit "anschluss" en allemand ? Les larmes de joie des Allemands de l’Est s’engouffrant dans les toutes premières brèches du Mur ouvert ressemblaient-elles vraiment aux larmes de détresse des Autrichiens en 1938 ? La "violence" subie explique-t-elle que, dès leur premier scrutin libre, les "Ossies" aient plébiscité le parti du chancelier KOHL, leur supposé occupant ?
 
Par le choix de ses mots et par le caractère unilatéralement critique de son réquisitoire sur le bilan de la réunification allemande, Jean-Luc MELENCHON, grand admirateur de la Révolution française, semble passer par pertes et profit le combat pour la liberté et se faire le porte-parole de "radio nostalgie Allemagne de l’Est", selon les mots de Daniel COHN-BENDIT, qui a dénoncé sur France inter la "bêtise incroyable" des mots de Mélenchon. À moins que, selon le patron de LFI, tout ce que fait l’Allemagne soit par principe condamnable. Ne serait-ce pas la définition de la "germanophobie" ?

Paru dans Le Figaro, 5 novembre 2019
TABARD Guillaume

Guillaume TABARD






Journaliste politique

Maîtrise d’histoire (Paris I Sorbonne).



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