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Françaises, français : ...

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Françaises, français : cette année c’était très bien, les choses vont beaucoup mieux que l’an prochain
 
Vœux de COLUCHE au pays.
 
Je ne sais pas si c’est parce que je deviens vieux, mais j’ai vraiment l’impression que tout ce dont s’occupe l’état dans notre merveilleux pays fout le camp à toute allure.
Est-ce à cause de la paupérisation de l’état que craignait tant ce pauvre ROCARD il y a quelques décennies ? Voilà une thèse intéressante, mais qui n’est pas supportée par les chiffres. Depuis les années Rocard, le poids de l’Etat Français est monté de près de 10 points en pourcentage du PIB et la pression fiscale est montée d’autant. Du coup, et comme chacun le sait, le poids de l’Etat dans l’économie française atteint près de 57 % du PIB ce qui fait de nous, le recordman parmi les pays de l’OCDE. Et comme ces dépenses ne réussissent pas à être couvertes par des rentrées, il nous faut emprunter le solde, habituellement appelé "déficit" par les mauvais esprits et la somme de ces déficits a un nom qui s’appelle "la dette" laquelle n’est, comme chacun sait, que de l’impôt différé. Nous laisserons bien entendu à nos enfants et à nos petits -enfants le soin de la payer.
Il me faut remarquer ici qu’enfants et petits-enfants n’auront en rien voté pour ces impôts qui vont leur tomber dessus. Voilà qui est profondément antidémocratique puisque la Démocratie a commencé avec le vote de l’impôt par le Parlement Britannique en 1689, pour pouvoir contrôler l’état. En empruntant l’Etat se libère de cette obligation de faire voter les impôts par ceux qui les paieront, ce qui est indigne.
La première des choses qu’il faudrait faire serait donc d’interdire à l’Etat français d’avoir des budgets en déséquilibre, en rendant l’émission de dette par l’Etat inconstitutionnelle, comme c’est le cas déjà dans certains pays.
La première conclusion de cet article est donc simple : la paupérisation de l’Etat tant redoutée par ce bon socialiste qu’était ROCARD a été évitée puisque notre Moloch a vu ses rations augmentées année après année et donc tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Nous allons partir donc du constat indiscutable que les ressources de l’état ont prodigieusement augmenté depuis monsieur ROCARD et tel Sherlock Holmes, nous allons essayer de déterminer qui a bénéficié de ce gigantesque accroissement parmi tous les groupes qui ont le droit de s’abreuvoir au puits sans fond du budget, comme l’aurait dit le maire de Champignac…
Vérifions secteur par secteur en commençant par les domaines régaliens qui justifient que l’état se soit vu confier le "monopole de la violence légitime" pour proteger les citoyens contre les dangers extérieurs ou intérieurs : Armée, Diplomatie, Police, Justice.
Armée. Les contacts que je peux avoir à l’intérieur de cette noble institution me disent que jamais la misère militaire n’a été plus grande. Avions, dont un sur six peut voler, total des troupes en état de combattre à un plus bas historique qui ne remplirait pas le Stade de France, hémorragie des talents, découragement, primauté donnée aux officiers "politiques", missions incompréhensibles… Qui plus est, l’un des premiers actes du Président nouvellement élu fut de virer le chef des armées et de baisser le budget des armées, ce qui a laissé des traces profondes…
Diplomatie. Au moment où le réveil des peuples devient de plus en plus visible, la diplomatie française n’a qu’un objectif, continuer la destruction de la Nation au profit d’une chimère, l’Etat Européen dont plus personne ne veut comme en témoigne les évènements en Hongrie, Pologne, Italie sans parler de la Grande-Bretagne, en tain de larguer à nouveau les amarres vers le grand large. Et on voit mal comment les coups de menton de notre cher Président sur l’Iran ou sur l’OTAN ajoute quoique ce soit au prestige de la France à l’étranger. Parler de foutre en l’air l’OTAN quand on fait tout pour détruire l’armée française relève d’une confusion mentale qui ne peut exister que chez les partisans de "l’en même temps"
Police : De l’avis général, la criminalité est en hausse partout, les attaques contre les biens et les personnes se multiplient, deux églises seraient attaquées chaque jour, des pans entiers du territoire sont devenues des zones de non-droit où les forces de l’ordre ne peuvent plus pénétrer. Par contre, l’usage d’une extrême violence par la Police contre des citoyens français manifestant contre la baisse de leurs niveaux de vie a été autorisé, voir encouragé, par le pouvoir en place et cette violence a entrainé de nombreux blessée graves et des condamnations multiples en justice…
Ce qui nous amène à la Justice, secteur sinistré s’il en fut, où semblent n’exister que deux groupes : ceux qui obéissent aux ordres du pouvoir et ceux qui défendent une idéologie qui soutient que les coupables sont innocents et les innocents coupables. Et du coup, si vous voulez faire rire dans un café, vous dites haut et fort "je fais confiance à la justice de mon pays" et vous voyez tout le monde s’écrouler de rire.
Le moins que l’on puisse dire est donc que la croissance ininterrompue de notre Etat n’a pas profité aux domaines régaliens. En effet, jamais le citoyen français n’a été aussi mal protégé ni aussi mal défendu et rarement notre prestige à l’étranger a-t-il été aussi bas.
Et donc j’en conclus que notre pognon n’est pas allé dans ces domaines.
 
Venons-en aux autres domaines dont l’état s’est cru autorisé à prendre le contrôle.
Commençons par la santé. Tous les jours je passe devant deux hôpitaux, qui sont en grève tous les deux, et j’imagine donc que cela doit être le cas un peu partout en France. Quand on va parler aux grévistes, ils expliquent que les urgences sont un vrai désastre et qu’il n’y a plus un rond dans les caisses. Et quand l’on se balade en province, c’est pour entendre dire qu’hôpitaux et maternités ferment un peu partout. L’extraordinaire conscience professionnelle des personnels empêche que cela se termine en drame, mais je crois pouvoir conclure que les hôpitaux n’ont pas été les grands bénéficiaires de tout cet argent que l’on nous a pris.
Venons-en à l’éducation. Dans ma jeunesse l’école Républicaine faisait la fierté justifiée de notre pays. En quarante ans, et selon un livre célèbre, elle est devenue une "fabrique de crétins" dans laquelle les tous meilleurs professeurs ont vu leur prestige et leur niveau de vie baisser sans discontinuer, et j’ai vu ce phénomène de prolétarisation du personnel enseignant se produire dans ma famille. En parallèle, et pour combler ce trou noir, j’ai vu apparaitre des dizaines d’écoles de "management" ou de "gestion", toutes fort chères et que les pauvres parents devaient payer à leur progéniture après avoir payé leurs impôts. Et donc ce n’est pas dans l’éducation qu’a été notre argent.
Passons à la Culture, qui parait -il nous coute fort cher, juste pour remarquer que pour la première fois depuis mille ans, il n’y a plus un seul grand intellectuel français, ni un grand peintre, ni un grand musicien, ni un grand dramaturge connu dans le monde entier et que cette disparition a commencé avec la prise de contrôle par la Gauche du Ministère de la Culture. Il est donc probable que la culture officielle ait reçu un peu de cet argent, mais pour le bien de notre pays, il eut mieux valu que le Ministère de la Culture n’ait jamais été créé. En ce qui concerne la Culture, remarquons aussi que ceux qui ont pris le contrôle des media n’ont qu’une ambition, être les seuls à parler dans le poste et surtout empêcher tous ceux qui ne seraient pas d’accord d’en approcher et que ce but est parfaitement atteint, avec l’aide de leurs copains dans le système judiciaire.
 
Venons-en à l’aménagement du territoire, grande responsabilité de l’état s’il en fut.
Là, le désastre est total.
Au centre de chaque zone urbaine, nous avons les bobos qui ont chassé les non-bobos grâce à une hausse des prix de l’immobilier insensée, en auréole autour des bobos, les travailleurs immigrés, qui travaillent pour les bobos et qui eux reçoivent de multiples subventions (tiens, j’ai trouvé peut-être une partie de là où allait notre argent) et tout là-bas, dans le fond, là où personne ne va jamais les gilets jaunes, les "anciens français" qui eux ne reçoivent pas grand-chose et paient beaucoup.
Dans la partie aménagement du territoire faisons passer l’agriculture qui est un véritable désastre puisque la France serait en train de devenir, pour la première fois de son histoire, importatrice nette de produits agricoles et finissons en disant que la paysannerie crève de faim et le tableau sera comblé. Quant aux transports en commun, ils sont parfaitement organisés pour que le bobo Parisien puisse aller voir sans perdre de temps ses copains bobo à Bordeaux, Bruxelles, Lyon ou Genève, mais les trains de banlieue qui permettraient à la France de la périphérie de venir travailler chez les bobos sont laissés à l’abandon, car après tout, les bobos détestent la concurrence qui pourrait faire baisser leurs salaires
 
Résumons-nous
Les domaines régaliens sont un désastre.
La santé, l’éducation, l’aménagement du territoire, la Culture, n’ont jamais aussi mal marché
Rien ne marche mieux qu’il y a dix ou vingt ans
Ce qui laisse entier mon problème de départ : certes, je constate que le poids de l’état s’est beaucoup accru dans les trente dernières années, certes, je vois que mes impôts augmentent années après années, mais je n’ai toujours pas la moindre idée de là ou sont allées toutes ces sommes astronomiques.
Et ayant commencé avec COLUCHE, je me vois obligé de passer à Jean YANN, qui posait fréquemment la seule question qui compte en politique "Mais passe notre pognon" question qui comme je ne cesse de l’écrire est la source même de la Démocratie et qui n’a rien, mais rien de populiste.
Et à cela hélas, il n’y a qu’une réponse : si l’argent ne va pas là il devrait aller, c’est qu’il va ailleurs et qu’il n’est pas perdu pour tout le monde.
 
De nombreuses études depuis plusieurs années ont montré une corrélation quasiment parfaite entre poids de l’état dans l’économie et corruption dans l’état. Et donc je dois conclure que règne en France une corruption inimaginable et qui prend sans doute trois formes
Corruption sur les systèmes sociaux. En France, il y aurait 110 millions de cartes vitales et 67 millions de citoyens.  Curieux… Dans cette catégorie, on doit sans doute mettre le tourisme médical qui explique peut-être en partie l’écroulement financiers des hôpitaux français. Dans le même sujet, on peut sans doute découvrir que les allocations chômage ou les arrêts maladies bénéficient peut-être d’une certaine indulgence ici ou là…
Corruption passive par des employés administratifs qui littéralement sont payés à ne rien foutre. Si je regarde ma note d’eau actuelle, aux environs de 2000 € par an, 800 #e sont consacrés à l’eau et 1200 € au paiement d’impôts de taxes et de mystérieuses charges appelées charges d’intercommunalité. Il y a vingt ans, ma note d’eau correspondait à ma consommation d’eau. Même chose pour ma consommation d’électricité ou de gaz. Aujourd’hui, je paye des d’impôts qui financent les faux emplois créés partout en France par la soi-disant décentralisation et ces faux emplois sont une forme particulièrement insidieuse de corruption et ils coutent le plus cher aux plus pauvres.
Et bien sûr, n’oublions pas la corruption active qui relie certaines zones de l’Etat à certaines parties de l’économie, reliées entre elles par le merveilleux capitalisme de connivence. Je ne peux m’empêcher de sourire quand je vois que la personne qui était chargée de contrôler les banques dans l’organisme créé à cet effet et qui venait de l’inspection des finances donner sa démission pour retourner l’inspection, avant sans doute d’être nommée à la tête de l’une de ces grandes banques qu’elle était chargée de contrôler avec un zèle dont je ne doute pas une seconde qu’il ait été à la fois admirable et désintéressé. Et je me demande en quoi le travail de madame ROYAL, ambassadrice auprès des Pôles (?) est utile au contribuable français ? Et que font exactement ces hautes autorités et autres conseillers stratégiques auprès du premier ministre ?
 
Bref, il n’y a qu’une seule explication à la misère qui se répand en France : La corruption qui a gangrené tout le système étatique et social et une bonne partie du système économique.
Et là, puisque j’ai déjà cité deux comiques, il me faut en citer un troisième, beaucoup moins drôle que les deux autres, je veux parler bien sûr de François HOLLANDE qui dans une fameuse interview avait dit "De toutes façons, ça ne coute rien puisque c’est l’état qui paye."
Comme le disent les Chinois, les poissons pourrissent toujours par la tête. Quand le chef de l’Etat explique que voler ou gaspiller n’ont aucune conséquence pour peu que la victime soit l’Etat il avoue sans aucune vergogne l’étendue du désastre. Pour beaucoup de français, à l’évidence, l’Etat est devenu un moyen de vivre aux dépens des autres sans travailler, comme le disait BASTIAT, ce qui veut dire que ces gens sont devenus des passagers clandestins dans leur propre pays. En économie, l’on a coutume de parler des problèmes que posent les passagers clandestins, par exemple dans les transports en commun. Quand les passagers clandestins deviennent trop nombreux, la faillite devient en effet inévitable. Le drame de la France est qu’il y a trop de passagers clandestins et que là où ils sont les plus nombreux c’est au sommet de l’état, ce qui empêche toute réforme.
Nous avons donc vraiment besoin et d’un audit des dépenses de l’état et du referendum d’initiative populaire, et le plus vite possible, autrement la destination finale est évidente. Car si l’Etat n’assure plus ses missions, alors la violence légale devient illégitime. Et là, nous aurons un problème, un vrai…

Paru sur institutdeslibertes.org, décembre 2019
GAVE Charles

Né le 14 septembre 1943
4 enfants


Economiste et financier

Président Fondateur de l'Institut des Libertés (www.institutdeslibertes.org)


Diplômé de l'université de Toulouse (DECSS d'économie)
     et de l’université de Binghamton (MBA),

Président Fondateur de Gavekal research (www.gavekal.com) et de Gavekal securities (Hong Kong)
Membre du conseil d'administration de SCOR
Co-fondateur de Cursitor-Eaton Asset Management (Londres) (1986)
Créateur de l'entreprise Cegogest (recherche économique) (1973)
 
Ouvrages
Charles Gave s'est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire :
Des Lions menés par des ânes (Editions Robert Laffont) (2003)
     où il dénonçait l'Euro et ses fonctionnements monétaires.
     Ouvrage préfacé par Milton Friedman
Un libéral nommé Jésus, Bourin, 2005
C'est une révolte ? Non, Sire, c'est une révolution. L'intelligence prend le pouvoir, Bourin, 2006
Libéral, mais non coupable, Bourin Éditeur, 2009
'Etat est mort, vive l'état - Editions François Bourin 2009
     Dernier ouvrage qui prévoyait la chute de la Grèce et de l'Espagne. 

Dernier de GAVE Charles

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.